Epidemie d'Ebola au Congo : les soignants travaillent sans repos et avec peu de salaires

Alors que l'epidemie d'Ebola dans l'est de la Republique democratique du Congo continue d'attirer l'attention internationale, STAT News fait etat des conditions de travail du personnel soignant a son epicentre. L'article evoque des salaires faibles, des rotations de garde limitees et des manques persistants dans l'approvisionnement vaccinal.
Les donnees du ministere de la Sante publiees ces dernieres semaines indiquent que les foyers de l'epidemie se concentrent dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. L'infrastructure sanitaire reste fragile, en partie a cause des conflits armes recurrents de ces dernieres annees. L'isolement des patients, le suivi des contacts et les campagnes de vaccination reposent sur de petites equipes.
Des infirmieres de terrain interrogees par STAT ont indique travailler 12 a 14 heures par jour avec des paiements mensuels souvent en retard. L'une d'elles a dit n'avoir ete payee que trois des six dernieres semaines. Le ministere de la Sante indique que les paiements sont traites par tranches via des financements de la Banque mondiale et que le fonds dedie a l'epidemie a ete active.
Sur l'approvisionnement vaccinal, Gavi et l'Organisation mondiale de la sante ont indique recemment que le rVSV-ZEBOV et le vaccin a deux doses de Janssen sont parvenus sur le terrain, mais les allocations restent limitees. Au lieu d'une vaccination de masse, c'est une strategie en anneau qui est appliquee, prioritaire pour le personnel a haut risque et les reseaux de contacts, comme lors de l'epidemie de 2018-2020.
Une inquietude recurrente est le stress thermique lie aux equipements de protection individuelle. STAT rapporte que les vacations de quatre a six heures en EPI complet sous une humidite tropicale font monter les incidents de deshydratation et d'epuisement. Les equipes demandent des protocoles de pauses de rafraichissement ; une note du HCR a evoque un projet pilote de gels de refroidissement pour EPI.
Les transports et les telecommunications restent un autre obstacle. Certains centres de sante ne sont accessibles qu'en moto, ce qui ralentit l'acheminement des echantillons. Le laboratoire INRB a Goma peut realiser les tests PCR en 24 heures, mais la chaine de prelevement et de transport peut etirer le delai global a 72 heures.
Le directeur des urgences de l'OMS, Mike Ryan, a declare le mois dernier que les salaires et le repos des soignants sont aussi cruciaux au controle de l'epidemie que les equipements. Il a precise que l'epidemie actuelle presente un profil genetique legerement different de celle de 2018-2020 au Nord-Kivu, mais un tableau clinique similaire.
Cote financement, le fonds dedie a l'epidemie a annonce un complement de 38 millions de dollars a la mi-mai. D'apres les donnees de bailleurs compilees par STAT, les CDC americains, l'Union europeenne et le FCDO britannique figurent parmi les principaux contributeurs. Certains demandent egalement des voies administratives plus claires pour que les fonds atteignent le terrain.
Les demandes de long terme du personnel portent surtout sur la standardisation des primes d'epidemie, le soutien en sante mentale, le suivi des limites horaires et la garantie d'allocations vaccinales regulieres. Les experts contactes par STAT estiment que ces couts devraient etre pris en charge par les bailleurs internationaux.
L'article rappelle que le controle d'une epidemie ne se reduit pas aux medicaments et aux vaccins : les conditions de vie des soignants influent directement sur la rapidite avec laquelle un virus peut etre arrete. Le principe ancien de la sante publique qui consiste a proteger le soignant prend a Kinshasa une dimension tres concrete aujourd'hui. Ce texte n'est pas un avis medical.
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