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Plus debride que Bridgerton : dans le monde scandaleux des bals masques georgiens

HistoryExtrail y a 2 h
L'exterieur d'un ancien theatre londonien sous un ciel couvert
L'exterieur d'un ancien theatre londonien sous un ciel couvertPhoto: Zekai Zhu / Pexels

L'engouement pour l'epoque georgienne ne par Bridgerton a popularise une image seduisante mais largement assainie de la vie sociale du XVIIIe siecle. Un nouveau dossier compose par HistoryExtra suit les archives reelles pour montrer autre chose : comment les bals masques georgiens dans la Grande-Bretagne du XVIIIe siecle relachaient les codes sociaux, culturels et sexuels.

Parmi les lieux les plus connus figuraient le King's Theatre de Londres, le Pantheon et Vauxhall Gardens. Les bals masques qui s'y tenaient rassemblaient des milliers de participants, les billets se vendaient par annonces dans les journaux et les codes stricts de tenue et de conduite de la societe polie etaient temporairement mis de cote. Ces mascarades ont prospere comme forme culturelle des annees 1720 aux annees 1790.

Un trait caracteristique des bals masques georgiens etait que l'aristocratie et la classe moyenne partageaient la meme salle, les masques effacant temporairement les frontieres de classe. Les travaux de l'historienne Cindy McCreery documentent des recits d'aristocrates en tenue de domestique et de domestiques pares en aristocrate. Cette inversion peut etre lue comme une menace legere mais reelle pour l'ordre social de l'epoque.

Le relachement des codes sexuels figurait parmi les dimensions les plus commentees. L'anonymat des masques permettait aux femmes de parler librement avec des hommes et de faire des choix plus hardis. Le journal contemporain Common Sense, dans ses numeros de 1738, evoquait avec sous-entendus des femmes mariees cherchant d'autres compagnies aux bals. Les archives montrent que cela pouvait, dans certains cas, devenir un scandale public.

Les objections morales aux mascarades sont aisement reperables. A partir des annees 1750, les pretres anglicans donnerent des sermons decrivant les bals masques comme le divertissement du diable. Les travaux de Vic Gatrell rappellent que, meme lorsque la famille royale y participait, des pamphlets de mise en garde circulaient. Les critiques visaient aussi le brouillage des categories de personnes que la mascarade autorisait.

Les costumes formaient l'axe le plus visible du divertissement : pachas turcs, mandarins chinois, dieux mythologiques et pretres figuraient parmi les imitations les plus courantes. Les themes egyptien antique ou maure sont notes par les historiens comme refletant l'imaginaire colonial de la periode. Ce theme reste objet d'etudes comparees dans les collections de costumes des musees europeens.

Les musiciens jouaient leur propre role. Des compositeurs comme Charles Avison ou Thomas Arne ont ecrit des pieces sur mesure pour ces bals. Le passage du menuet a la country dance au fil de la nuit signalait quand la foule etait censee etre plus formelle et quand elle pouvait se relacher. Cette dramaturgie musicale etait un volet important de la performance sociale propre a l'epoque.

Hors de Grande-Bretagne, des bals masques semblables se sont maintenus a Paris, Venise et Vienne avec des racines plus anciennes. Le carnaval de Venise est documente comme l'ancetre le plus ancien de la mascarade moderne. La version georgienne britannique est traitee comme la forme plus commercialisee et plus ouverte au grand public des traditions continentales.

Au debut du XIXe siecle, alors que les valeurs des classes moyennes victoriennes muraient, les bals masques disparurent peu a peu. La fermeture du Pantheon dans les annees 1810 et l'evolution de la clientele de Vauxhall Gardens sont citees comme symboles de ce declin. Les mascarades furent remplacees par des assembly balls plus codifies et par des petites reunions chez l'habitant.

Dans le tableau d'ensemble, le dossier compile par HistoryExtra rappelle que l'epoque georgienne etait une scene sociale plus complexe qu'on ne le pense, marquee par des passages entre classes et un debat moral important. Les accents romantiques de Bridgerton offrent un tableau stylise face aux contradictions des archives reelles. Cet article s'appuie sur les analyses d'historiens ; la responsabilite de la redaction revient a l'auteur.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur HistoryExtra. L'image est une photo d'archive de Zekai Zhu sur Pexels.

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