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Des tests suggerent que des satellites russes peuvent brouiller le GPS a l'echelle continentale

Ars Technicail y a 2 h
Une antenne de tour radio sous un ciel d'aube couvert
Une antenne de tour radio sous un ciel d'aube couvertPhoto: Wallace Chuck / Pexels

Le signal GPS sous-tend presque toutes les dimensions de la vie civile et de nouveaux travaux rapportes par Ars Technica suggerent qu'il dispose d'une surface d'attaque bien plus large qu'on ne le pensait. Des tests conjoints en Europe indiquent que des satellites de brouillage attribues a la Russie en orbite pourraient avoir acquis la capacite de degrader le signal GPS sur une zone equivalente a plusieurs pays.

L'etude a ete menee par des equipes de l'universite de Bonn en Allemagne et du KTH Royal Institute of Technology en Suede. Les chercheurs ont retrace les origines des pertes de signal GPS qui augmentent en Europe orientale et sur l'axe de la mer Noire depuis trois ans. La principale conclusion qui ressort des donnees est que la source n'est pas un brouilleur au sol mais un petit satellite en orbite.

Le satellite serait l'une des nouvelles plates-formes de guerre electronique dites jam-on-orbit. Le chercheur du KTH, Sven Lindberg, a declare a Ars Technica qu'une source unique equipee de panneaux solaires-antennes peut rayonner de l'energie sur des canaux paralleles a travers une zone tres large, ce qui lui donne une portee effective bien superieure aux brouilleurs au sol classiques.

Le signal GPS parvient aux recepteurs sous la forme d'une faible onde radio emise par une trentaine de satellites en orbite terrestre. Le brouillage superpose un bruit fort a ce signal pour empecher la lecture correcte par les recepteurs ; les techniques plus sophistiquees de spoofing injectent une fausse position pour induire le recepteur en erreur. La nouvelle etude porte principalement sur le brouillage.

Sur le plan geographique, l'etude a identifie des chutes de signal lors des journees de test au-dessus de la Pologne, de la Lituanie, de la Lettonie, de l'Estonie, du sud de la Finlande et de certaines parties de la Roumanie. L'Agence europeenne de la securite aerienne (EASA) a marque recemment d'une mention haute frequence les rapports de pertes de GPS provenant de ces zones. Le calendrier de l'etude correspond a ces rapports.

Les autorites d'aviation civile de la Georgie, de la Moldavie et de la zone caspienne ont indique au cours de l'annee ecoulee avoir mis a jour leurs procedures de navigation de secours pour la fiabilite du GPS. Le rapport navigation 2025 de l'OACI a mis l'accent sur la navigation de secours et le diagnostic rapide des erreurs d'instrument dans toute la famille GNSS. Ces recommandations gagnent en urgence.

Les interferences GPS ne touchent pas que l'aviation civile : elles concernent aussi la navigation maritime, l'agriculture de precision, la synchronisation temporelle des telecoms et le calage temporel des transactions financieres. Les operateurs telecoms s'appuient sur le GPS pour la synchronisation entre stations de base ; une vague serieuse de brouillage complique rapidement la gestion du reseau.

Cote contre-mesures, le systeme europeen Galileo offre une protection partielle contre le spoofing via le mode signal authentifie (OSNMA), mais pour la protection contre le brouillage simple il partage des contraintes semblables a celles des signaux civils ouverts comme le GPS. Les recepteurs multi-bandes reduisent l'impact des brouilleurs mono-frequence ; les solutions multi-constellation offrent une resilience plus forte.

La relance d'eLORAN, un systeme de navigation de secours au sol, est aussi a l'ordre du jour. Le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon ont redemarre des programmes d'essai eLORAN ces trois dernieres annees. eLORAN est evalue comme une option de navigation de secours offrant une precision d'environ 100 metres en cas de perte du GPS.

Dans le tableau d'ensemble, le travail rapporte par Ars Technica montre que les brouilleurs GPS ne sont plus une menace tactique locale mais un probleme d'infrastructure a l'echelle continentale. La Commission europeenne devrait inscrire ces resultats a l'ordre du jour de son atelier navigation de l'automne a Bruxelles. Ce texte n'est pas un avis militaire.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Ars Technica. L'image est une photo d'archive de Wallace Chuck sur Pexels.

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