Une multivitamine quotidienne pourrait-elle aider les seniors à rester autonomes plus longtemps ?

L'une des questions les plus pressantes du vieillissement n'est pas de savoir combien d'années nous vivrons, mais avec quel degré d'autonomie nous les vivrons. Monter des escaliers, porter les courses, se lever facilement d'une chaise — ces gestes du quotidien deviennent, pour beaucoup de personnes âgées, la véritable mesure de la qualité de vie. Une nouvelle étude se demande si ces capacités en apparence banales pourraient être soutenues par quelque chose d'aussi simple qu'un comprimé quotidien.
Dans cet essai de trois ans, les participants ont été répartis en deux groupes : l'un prenait une multivitamine quotidienne, l'autre un placebo d'apparence identique mais inactif. Les chercheurs ont suivi les performances des participants à des tests de fonctionnalité quotidienne dans le temps — des mesures portant sur la force musculaire, l'endurance et la mobilité générale.
Les résultats ont révélé une différence en faveur du groupe multivitamine : ces participants ont déclaré une meilleure préservation de leur santé fonctionnelle après trois ans, comparé au groupe placebo. Il s'agit d'un type de résultat relativement nouveau pour une recherche qui se concentre habituellement sur la prévention des maladies plutôt que sur le maintien de la capacité à mener une vie quotidienne.
Cette distinction compte, car la plupart des grandes études précédentes sur les multivitamines s'étaient concentrées sur la question de savoir si les compléments prévenaient des maladies graves comme les maladies cardiaques ou le cancer — et ces études avaient souvent donné des résultats mitigés ou décevants. Cette nouvelle étude pose une question différente : même sans prévenir la maladie, un complément pourrait-il faciliter la vie quotidienne ?
Les chercheurs présentent leurs résultats avec prudence. Ceux-ci n'ont pas encore été soumis à une relecture indépendante par des pairs, ce qui signifie que la communauté scientifique ne les a pas encore pleinement validés. Certaines des mesures de santé fonctionnelle reposent aussi sur les déclarations des participants eux-mêmes, ce qui peut introduire un biais subjectif.
Malgré cela, ces résultats ajoutent une nouvelle strate au débat de longue date sur les compléments alimentaires. Les scientifiques n'ont pas encore pleinement isolé quels nutriments spécifiques — vitamine B12, vitamine D, zinc, ou autres — pourraient être responsables de cet effet ; les multivitamines combinant des dizaines de composés différents, il est difficile de déterminer lequel fait réellement la différence.
Les experts soulignent que ces résultats ne doivent encourager personne à négliger son alimentation au profit d'un comprimé. Une alimentation variée et riche en nutriments reste la recommandation de premier plan ; les multivitamines sont envisagées comme un complément possible, non comme un substitut.
Le groupe le plus susceptible d'en bénéficier est probablement celui des personnes âgées présentant un risque de carences nutritionnelles — appétit réduit, alimentation peu variée ou troubles de l'absorption. Pour ce groupe, le bénéfice fonctionnel d'un complément peu coûteux et à faible risque pourrait être plus marqué que pour la population générale.
Consulter un médecin avant de commencer tout complément reste le conseil partagé par les experts — en particulier pour les personnes sous d'autres traitements ou souffrant de pathologies sous-jacentes comme une fonction rénale réduite, certaines vitamines à forte dose pouvant présenter un risque réel.
Les chercheurs prévoient désormais de confirmer ces résultats par une étude plus vaste et relue par des pairs. Si le résultat se confirme, le coût modeste d'une multivitamine quotidienne pourrait s'imposer comme un outil bon marché et accessible pour aider les personnes âgées à préserver leur autonomie plus longtemps.
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