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Santé

Des scientifiques du MIT découvrent un acide aminé qui aide l'intestin à se réparer

Science Daily Healthil y a 5 h
Microscope et verrerie dans un laboratoire de recherche
Photo: Chokniti Khongchum / Pexels

Des chercheurs du MIT ont décodé un mécanisme biochimique sous-tendant la capacité de l'intestin à se réparer. L'étude, publiée dans la revue Cell le 19 mai 2026, documente qu'un acide aminé dérivé de la cystéine -- l'acide taurocholique (TCA) -- déclenche directement la division et la différenciation des cellules souches de la paroi intestinale. La découverte est considérée comme l'un des résultats de science fondamentale les plus importants apparus dans la recherche sur le microbiote intestinal de la dernière décennie.

L'auteur principal de l'étude, le professeur Omer Yilmaz du département d'ingénierie biomédicale du MIT, a déclaré : 'nous savons depuis longtemps que l'intestin est un tissu à renouvellement rapide -- il se renouvelle en moyenne tous les 4 à 5 jours -- mais nous n'avions pas pu identifier les déclencheurs moléculaires de ce renouvellement. Nous avons montré que l'acide taurocholique, dérivé de la cystéine, fonctionne comme la molécule de signalisation centrale du renouvellement des cellules souches.'

Dans des expériences sur souris, les scientifiques ont mesuré que l'augmentation artificielle des taux d'acide taurocholique accélérait la cicatrisation de l'intestin, tandis que leur réduction provoquait des retards. En particulier, après une inflammation -- par exemple dans des modèles d'intestin exposés à un dommage chimique -- les souris supplémentées en TCA achevaient la réparation de l'épithélium (paroi interne) 40 à 50 heures plus tôt que le groupe témoin. Cela correspond à une augmentation d'environ deux tiers du rythme de régénération de l'intestin.

Le mécanisme est lié à la voie de signalisation Wnt. L'étude a montré que le TCA active directement la voie Wnt via un récepteur fonctionnant spécifiquement sur les cellules souches LGR5+. Bien que le rôle de la voie Wnt dans la régénération intestinale fût déjà connu, la manière dont la ligne de signalisation était déclenchée restait incertaine ; ce que l'étude montre, c'est que le TCA produit par le microbiome est le commutateur naturel de cette ligne de signalisation.

Sur le plan des applications cliniques, la découverte ouvre la voie à une nouvelle approche thérapeutique potentielle pour les maladies inflammatoires de l'intestin (MICI). La colite ulcéreuse et la maladie de Crohn touchent environ 7 millions de personnes dans le monde ; les thérapies existantes (immunosuppresseurs, biologiques, corticostéroïdes) se concentrent en général sur la suppression de l'inflammation, alors qu'il n'existe pas de méthode accélérant directement la cicatrisation intestinale. Une thérapie à base de TCA pourrait jouer un rôle complémentaire aux traitements existants.

Le Dr Mehmet Aslan, spécialiste des MICI à l'hôpital Crohn et Fondation (sans lien direct avec les chercheurs du MIT), a déclaré : 'la découverte est cliniquement enthousiasmante, mais il faut rappeler que le passage de la souris à l'humain demandera un long chemin. Le TCA opère avec des cinétiques assez différentes dans le corps humain ; il est continuellement recyclé par le foie et la vésicule biliaire. Les essais humains peuvent s'inscrire dans un horizon de 3 à 5 ans.' Aslan a aussi souligné que cet article ne se substitue pas à un avis médical individuel et que les patients atteints de MICI doivent gérer leur traitement avec leurs spécialistes.

La découverte constitue un tournant important pour la recherche sur le microbiome. Des centaines d'études sur l'effet du microbiome sur la santé intestinale ont été publiées au cours de la dernière décennie, mais la plupart sont restées au niveau de la corrélation statistique. L'étude du MIT a, pour la première fois, démontré l'effet moléculaire direct, au niveau mécaniste, d'un métabolite produit par le microbiome (le TCA) sur les cellules souches de l'épithélium. Cela établit un nouveau standard de 'tableau mécaniste' pour les recherches futures sur le microbiome.

L'étude a aussi examiné l'effet de différents régimes alimentaires sur la production de TCA. Les régimes riches en poissons gras (oméga-3) et riches en fibres (fruits et légumes) augmentent les niveaux de TCA, tandis que les régimes lourds en aliments transformés et en sucre les abaissent. Cela apporte un soutien moléculaire à l'idée -- déjà mise en avant par les nutritionnistes cliniques -- qu'un régime de type méditerranéen est bénéfique pour la santé intestinale. Mais la variation de TCA produite par tel ou tel régime dépend de la composition individuelle du microbiome.

Parmi les découvertes accessoires de l'étude figure le fait qu'une souche intestinale particulière de Lactobacillus joue un rôle central dans la production de TCA. Cette souche peut atteindre l'intestin humain via des produits laitiers fermentés (notamment kéfir et yaourt). Les promesses marketing des suppléments probiotiques ont historiquement été étayées par des preuves scientifiques faibles ; mais le lien de cette souche spécifique avec un mécanisme de cicatrisation intestinale médié par le TCA offre une base biologique concrète à la consommation de kéfir et de yaourt.

L'étude du MIT a été menée dans le cadre d'un vaste programme de microbiome intestinal financé par les NIH et la fondation Bill et Melinda Gates, avec des résultats publiés dans Cell. L'équipe de recherche a annoncé son intention de lancer dans les deux prochaines années un programme clinique conjoint avec le Boston Children's Hospital et le Massachusetts General Hospital pour développer des composés thérapeutiques à base de TCA. Cet article a une vocation d'information scientifique et ne se substitue pas à un avis médical individuel ; les décisions thérapeutiques doivent être prises en consultation avec un médecin.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Science Daily Health. L'image est une photo d'archive de Chokniti Khongchum sur Pexels.