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Histoire

La 'White Lady' du Brandberg en Namibie : une peinture rupestre vieille de 2 000 ans, héritage artistique du peuple San

Atlas Obscurail y a 5 h
Paysage désertique rocheux rougeâtre autour du Brandberg en Namibie
Photo: Timon Cornelissen / Pexels

Le mont Brandberg, dans le nord-ouest de la Namibie, dans la région d'Erongo, est, comme son nom allemand (Montagne brûlante) le suggère, un massif granitique qui vire à l'orange-rouge au coucher du soleil, et il est un lieu sacré pour les habitants de la région depuis des siècles. Son sommet, le Königstein, à 2 573 mètres, est le point culminant de la Namibie. Mais ce qui a apporté à la montagne sa renommée internationale n'est pas son sommet, mais une peinture rupestre vieille de 2 000 ans dans la gorge du Tsisab, à ses pieds : la 'White Lady'.

La peinture a été présentée au monde scientifique par le guide local Reinhard Maack en 1918. Alors qu'il menait des recherches géologiques sur la montagne, Maack a découvert sous un surplomb rocheux de la gorge du Tsisab une composition de figures humaines et animales d'environ 40 centimètres. La figure centrale est un personnage peint au pigment blanc, portant un motif à neuf pointes au pied et tenant à la main un objet ressemblant à une fleur. Maack, supposant qu'il s'agissait d'une femme de style européen-méditerranéen, a donné à la peinture le nom de 'White Lady'.

Dans la première moitié du XXe siècle, des archéologues européens ont avancé des théories selon lesquelles la peinture serait liée à la culture égyptienne antique ou crétoise (minoenne). L'anthropologue français Abbé Henri Breuil s'est rendu au Brandberg en 1948 et a suggéré que la figure était une Crétoise, que la civilisation méditerranéenne avait peut-être atteint l'Afrique. Mais cette théorie a ensuite été jugée sans fondement.

Des examens archéologiques approfondis menés dans les années 1950 et 1960, et en particulier les méthodes de datation au radiocarbone développées dans les années 1970, ont révélé que la peinture est âgée d'environ 2 000 ans et attribuée au peuple San (Bushmen). Les San sont le peuple autochtone le plus ancien d'Afrique australe ; une communauté qui a maintenu durant des siècles des modes de vie de chasseurs-cueilleurs sur diverses régions du Botswana, de la Namibie et d'Afrique du Sud. La figure 'blanche' du tableau n'est en fait pas une femme, mais est interprétée comme un homme de la tribu ou l'un de ses jeunes initiés (chaman) en peinture corporelle cérémonielle.

L'analyse iconographique de la peinture est complexe. Les 12 figures qui l'entourent dépeignent une scène de chasse ; certaines représentent des antilopes, d'autres se trouvent en posture d'archer. L'ornement à neuf pointes au pied de la figure centrale 'blanche' est compatible avec les motifs de danse chamanique également observés dans la culture San. Les anthropologues estiment que la peinture appartient au moment d'un rite d'initiation, symbolisant le passage du jeune à l'âge adulte. Certaines interprétations relient aussi la peinture à une représentation de la 'danse de transe', thème fréquemment observé dans les rites San.

Le fait que la peinture soit encore connue sous le nom de 'White Lady' est également considéré comme un exemple de la persistance des dénominations issues de l'époque coloniale. Avant l'indépendance de la Namibie (1990), sous les administrations allemande puis sud-africaine, les processus de dénomination de la culture autochtone de la région étaient menés principalement par des scientifiques européens. À cette époque, le nom original que les San donnaient à la peinture -- probablement un concept en khoekhoegowab ou dans une langue san -- n'a pas été consigné.

Aujourd'hui, la gorge du Tsisab est sous la protection de la Commission nationale des monuments de Namibie. Le nombre annuel de visiteurs est limité à environ 15 000 ; ce chiffre a été fixé pour que le pigment de la peinture rupestre ne soit pas affecté par l'humidité et le contact humain. La gorge se trouve à 45 km de la ville d'Uis ; les visiteurs doivent effectuer la dernière marche d'1 h 30 avec un guide issu de la communauté San locale. Plus de 80 % des guides sont d'origine damara ou san ; leurs revenus reviennent directement à la communauté.

La protection du patrimoine culturel autochtone de la Namibie a connu une grande transformation au cours des 30 dernières années. La Commission nationale des musées et monuments, fondée après l'indépendance en 1990, a aussi inscrit à son agenda l'examen des dénominations de l'époque coloniale. Le nom officiel de la peinture 'White Lady' pourrait être modifié si son sens original en langue san est établi ; ce processus doit être mené par la recherche académique et la consultation communautaire. La Commission prévoit un congrès international en 2027 pour discuter des interprétations divergentes.

Outre la peinture rupestre du Brandberg, la zone voisine de Twyfelfontein a été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007 ; elle compte plus de 2 500 gravures rupestres. Le paysage d'art rupestre du sud de l'Afrique créé conjointement par Twyfelfontein et le Brandberg s'inscrit dans la tradition de l''art rupestre subsaharien' africain et constitue l'un des plus riches parmi les 86 sites d'art rupestre du patrimoine mondial que l'UNESCO suit dans le monde.

L'expérience de la visite est simple mais profondément marquante. La marche d'1 h 30 serpentant entre les blocs de granit de la gorge du Tsisab, le silence mystérieux de la vallée et les lignes douces des figures sur les parois rocheuses offrent aux visiteurs une expérience de 'voyage dans le temps'. Selon les données 2025 des autorités touristiques namibiennes, le Brandberg se classe troisième parmi les destinations culturelles les plus visitées du pays, après les dunes de Sossusvlei et le parc national d'Etosha. Lieu rare où le patrimoine culturel autochtone et la nature s'entrelacent, la 'White Lady' représente bien plus qu'une simple peinture rupestre.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Atlas Obscura. L'image est une photo d'archive de Timon Cornelissen sur Pexels.