Breaking
Markets
EUR/USD1.1612 0.10%GBP/USD1.3421 0.14%USD/JPY158.92 0.07%USD/CHF0.7882 0.24%AUD/USD0.7142 0.19%USD/CAD1.3750 0.06%USD/CNY6.8120 0.13%USD/INR96.82 0.01%USD/BRL5.0318 0.04%USD/ZAR16.49 0.64%USD/TRY45.63 0.10%Gold$4,518.30BTC$77,141 0.32%ETH$2,113 0.78%SOL$85.52 0.94%
Sport

Roland-Garros : les joueurs raccourciront leurs interviews aux médias en raison d'un litige sur les dotations

BBC Tennisil y a 5 h
Court de tennis en terre battue vide à Paris au coucher du soleil
Photo: Wussol / Pexels

Les joueurs du tennis d'élite ont lancé une protestation marquée à la veille de la semaine d'ouverture de Roland-Garros, l'un des tournois les plus prestigieux du monde. Sous la conduite de la Professional Tennis Players Association (PTPA), les joueurs et joueuses ont annoncé qu'ils raccourciraient les interviews aux médias durant le tournoi et imposeraient une limite de durée aux conférences d'après-match. L'initiative repose sur l'idée que la part redistribuée aux joueurs sur les revenus totaux des quatre tournois du Grand Chelem est insuffisante.

La PTPA, fondée en 2022 par Novak Djokovic et Vasek Pospisil, est une organisation de joueurs opérant en dehors des structures existantes de la WTA et de l'ATP. Selon les chiffres que l'association a publiés à la mi-mai, les quatre tournois du Grand Chelem (Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open) génèrent environ 2,4 milliards de dollars de revenus annuels combinés ; environ 18 % de cette somme (soit environ 430 millions de dollars) est versée aux joueurs en dotation. La PTPA estime que ce ratio se situe bien en dessous des ratios de partage de revenus d'environ 50 % en vigueur dans d'autres grands sports professionnels.

La forme concrète de la décision prévoit que les joueurs ne répondent qu'à trois questions dans la zone médias d'après-match et limitent les interviews télévisées à 60 secondes. En conférence de presse, si les sujets relatifs aux dotations, à la santé des joueurs ou à la densité du calendrier sont abordés, les joueurs prévoient de donner une réponse type : 'nous communiquons via la PTPA'. L'action se prolongera tout au long du tableau principal de Roland-Garros, qui a débuté le 25 mai.

La Fédération française de tennis (FFT), organisatrice de Roland-Garros, a rappelé à Reuters que le tournoi avait porté en 2025 le total de la dotation distribuée aux joueurs à 53,5 millions d'euros, soit une hausse de 8 %. Le président de la FFT, Gilles Moretton, a déclaré : 'nous sommes en dialogue continu avec les athlètes, mais nous estimons que la répartition des dotations doit tenir compte non seulement de la trésorerie annuelle, mais aussi des investissements de long terme.'

La figure britannique du tennis Andy Murray (encore en activité) a déclaré sur Twitter soutenir l'action : 'il est plus que temps que les joueurs s'expriment sur une véritable injustice économique. Il est un fait que la majorité du tableau, hors top 100, termine la saison à perte.' L'Espagnole Paula Badosa a également indiqué soutenir le travail de la PTPA, tout en précisant que son adhésion personnelle serait clarifiée 'lorsqu'il sera clair comment la décision finale structure les bénéfices pour la base de la pyramide des joueurs.'

La WTA et l'ATP consultent leurs équipes de communication afin d'émettre une réponse officielle aux affirmations de la PTPA. Les deux associations soulignent qu'elles appliquent chaque année des hausses de 5-7 % aux dotations sur leurs propres tournois et qu'elles fonctionnent indépendamment des tournois du Grand Chelem. Il est désormais évident que la cible principale de la PTPA est directement les organisateurs du Grand Chelem ; la WTA et l'ATP semblent donc adopter un rôle discret durant la période de protestation.

Les effets sectoriels de la décision sont également discutés. Des diffuseurs comme Eurosport, Discovery+, ESPN et France Télévisions dépensent environ 200 millions d'euros par an pour les droits du Grand Chelem. Les contrats de sponsoring sont tarifés en fonction de la visibilité des joueurs en interview ; un responsable presse du circuit a confié à Reuters que 'si la protestation dure une semaine, la visibilité des sponsors sous contrat baissera fortement.' Les diffuseurs devraient donc également faire pression sur les organisateurs.

Les débats sur le partage des revenus ne sont pas nouveaux dans le sport professionnel. L'accord collectif NBA de 2023 fixe la part des joueurs à 51 %, en NFL elle se situe autour de 48 %. Les sports individuels comme le tennis, le golf ou les courses hippiques sont historiquement restés loin de ces ratios ; les organisations au niveau royal et investisseurs milliardaires ne partagent pas les recettes importantes avec les athlètes qui ne sont pas affiliés à un club. La stratégie 2025 de la PTPA se concentre sur la rupture de cette asymétrie historique.

Le jeu sur le terrain durant la première semaine de Roland-Garros n'a pas été affecté par l'initiative. Au premier tour, des stars comme Carlos Alcaraz, Iga Swiatek, Coco Gauff et Jannik Sinner ont battu leurs adversaires sur les courts annexes. Mais on a vu de nombreux joueurs s'éloigner des micros en zone mixte après des prises de parole de 30 à 45 secondes, indiquant la fin du segment. Les diffuseurs ont justifié ce phénomène à l'antenne par un bandeau 'interview limitée en raison d'une protestation des joueurs.'

L'effet de l'initiative au cours des semaines suivantes pourrait s'étendre à Wimbledon et à l'US Open. La PTPA a annoncé que des actions similaires seraient organisées lors des semaines d'ouverture de Wimbledon (à partir du 30 juin) et de l'US Open (à partir du 24 août). L'organisateur de Wimbledon, l'All England Lawn Tennis Club, applique un protocole médias strict ; la protestation pourrait y générer une visibilité plus forte. Le monde du tennis s'est verrouillé pour les sept prochains mois sur les négociations entre joueurs et administrations des tournois.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur BBC Tennis. L'image est une photo d'archive de Wussol sur Pexels.