Cerebras lève 5,5 milliards de dollars en Bourse ; son action bondit de 108 % le premier jour

Le fabricant de puces dédiées à l'IA Cerebras a levé 5,5 milliards de dollars lors de son introduction au Nasdaq jeudi. L'action a été fixée à 56 dollars, a ouvert à 87 et a clôturé à 116,40 — une progression de 108 % en une séance. Il s'agit de la première grande cotation technologique de 2026.
Basée à Sunnyvale, en Californie, Cerebras conçoit ce que l'on appelle des processeurs « wafer-scale ». Son produit phare, le WSE-3, est environ 60 fois plus grand qu'une puce standard ; il intègre plus de 4 000 milliards de transistors et 900 000 cœurs optimisés pour l'IA. L'entreprise vend ces puces à des opérateurs de centres de données qui entraînent de grands modèles d'IA.
La hausse du premier jour a été largement interprétée comme le signe de l'appétit des investisseurs pour l'infrastructure d'IA. La capitalisation boursière de Cerebras est passée de 19,5 milliards de dollars à environ 40 milliards à la clôture. À titre de comparaison, le chiffre d'affaires de l'entreprise pour l'exercice clos en février 2026 a été de 720 millions de dollars.
L'un des grands gagnants financiers de l'opération est Benchmark Capital, qui avait participé au tour de Series B en 2018. Les 25 millions investis à l'époque représentent désormais une position d'environ 5 milliards de dollars à la valorisation d'introduction. L'associé Eric Vishria a déjà raconté qu'il avait failli refuser la première réunion.
Le directeur général Andrew Feldman a déclaré à Bloomberg que « l'introduction nous donne la capacité bilancielle nécessaire pour accompagner les décisions d'achat de nos clients ». L'entreprise a rappelé son accord de long terme avec G42, société d'IA basée à Abou Dabi, qui pèse environ 35 % de son chiffre d'affaires.
Les documents de l'introduction comportent aussi les facteurs de risque communiqués à la Securities and Exchange Commission. Cerebras y mentionne la concentration de sa clientèle et la pression concurrentielle des familles H100 et B200 de Nvidia. Même là où les puces Cerebras présentent des avantages spécifiques pour l'entraînement de grands modèles, Nvidia conserve une position dominante sur le marché professionnel élargi.
La clientèle inclut la recherche pharmaceutique chez GSK et AstraZeneca, ainsi que le Département de mathématiques appliquées et de physique théorique de l'Université de Cambridge. Un engagement plus récent, présenté par certains médias comme une commande spécifique pour la start-up Anthropic, n'a pas été officiellement confirmé.
Parallèlement à la cotation, Cerebras a annoncé trois nouveaux contrats de construction de centres de données. Deux sont situés aux Émirats arabes unis, sur des installations de G42, et un dans la province canadienne du Québec. L'investissement total engagé sur trois ans est de 2,8 milliards de dollars.
Le mouvement de l'action a suscité des commentaires d'analystes. Toshiya Hari, chez Goldman Sachs, a écrit dans une note clientèle que « la valorisation d'introduction reflète le plus fort enthousiasme des investisseurs pour les cotations d'infrastructures d'IA depuis trois ans, à lire toutefois à la lumière de la domination persistante de Nvidia ».
Deux autres introductions technologiques importantes sont attendues le mois prochain : la société d'accélération de puces Tenstorrent en juin, et la société d'étiquetage de données pour l'IA Scale AI plus tard ce mois-ci. Ces trois opérations sont interprétées ensemble comme un signe de redémarrage du marché des IPO technologiques après un début d'année calme.