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DeepSeek prévoit de fabriquer ses propres puces d'IA face au durcissement des contrôles américains à l'export

Ars Technicail y a 1 h
Une plaquette de silicium utilisée dans la fabrication de semi-conducteurs
Une plaquette de silicium utilisée dans la fabrication de semi-conducteursPhoto: Nic Wood / Pexels

DeepSeek, l'entreprise chinoise dont les modèles d'IA ont attiré l'attention mondiale par leur efficacité, prévoit de concevoir ses propres puces pour alimenter ses futurs systèmes, selon un rapport décrit par Ars Technica. L'objectif affiché est de réduire sa dépendance aux fournisseurs extérieurs, en particulier Nvidia et Huawei, à un moment où les contrôles américains à l'export ont rendu incertain l'accès aux processeurs les plus avancés pour les entreprises chinoises.

Le contexte est un effort de plusieurs années de Washington pour limiter l'accès de la Chine aux semi-conducteurs de pointe. Les contrôles américains à l'export restreignent la vente aux clients chinois des puces d'IA les plus puissantes, produites en grande partie par Nvidia, au motif que les mêmes processeurs qui entraînent l'IA commerciale peuvent aussi soutenir des capacités militaires et de surveillance. Ces règles se sont durcies à plusieurs reprises, comblant les failles à mesure qu'elles apparaissent.

Pour une entreprise comme DeepSeek, cette politique crée un problème d'approvisionnement. Entraîner et faire tourner de grands modèles d'IA exige d'énormes quantités de puces spécialisées, et les meilleures ont été les plus difficiles à obtenir. Fabriquer ses propres processeurs est un moyen de se prémunir à la fois des contrôles à l'export et de la dépendance à un petit nombre de fournisseurs, étrangers ou nationaux.

Le rapport prend soin de noter que le projet est précoce, et ce qualificatif mérite d'être souligné. Concevoir une puce d'IA compétitive est l'une des entreprises les plus difficiles de la technologie moderne, exigeant un talent d'ingénierie spécialisé, des années de développement et l'accès à une fabrication avancée elle-même soumise à des restrictions à l'export. L'intention de fabriquer des puces est loin de les avoir en main.

La dimension de la fabrication est le défi le plus profond. Même une entreprise qui conçoit une excellente puce doit la faire fabriquer dans une fonderie capable de produire à la pointe, et la fabrication la plus avancée est concentrée dans une poignée d'installations, principalement à Taïwan et en Corée du Sud, dont les équipements et procédés sont eux-mêmes pris dans les contrôles à l'export. C'est le goulot d'étranglement qui rend l'autosuffisance en puces si difficile à atteindre vite.

Le geste de DeepSeek s'inscrit dans un schéma plus large du secteur technologique chinois. Face aux restrictions, les entreprises chinoises ont accéléré leurs efforts pour développer des alternatives nationales sur toute la chaîne des semi-conducteurs, de la conception des puces aux équipements de fabrication. La stratégie est celle d'une autosuffisance à long terme, acceptant une inefficacité à court terme en échange d'une moindre vulnérabilité aux décisions extérieures.

La référence à la réduction de la dépendance à Huawei est notable, car Huawei est devenu le champion national des puces le plus en vue en Chine, développant des processeurs d'IA présentés comme des alternatives à ceux de Nvidia. Le désir apparent de DeepSeek de réduire sa dépendance même à Huawei suggère une préférence pour contrôler son propre destin matériel plutôt que d'échanger un fournisseur contre un autre, et laisse entrevoir les risques de concentration au sein même du marché chinois.

L'épisode illustre une dynamique centrale du paysage technologique actuel : des contrôles à l'export destinés à ralentir un rival peuvent aussi le pousser vers l'autosuffisance. En restreignant l'accès aux puces étrangères, les contrôles renforcent l'incitation des entreprises chinoises à construire les leurs, ce qui pourrait, sur un horizon assez long, réduire le levier que les contrôles étaient censés fournir. Les analystes débattent de savoir si l'effet net est de ralentir la Chine ou d'accélérer son indépendance.

Pour l'industrie mondiale, l'ambition de DeepSeek est un point dans une fragmentation plus vaste. La chaîne d'approvisionnement de l'IA a été remarquablement mondiale, conception, fabrication et matériaux répartis entre de nombreux pays. Les efforts de plusieurs gouvernements pour sécuriser une capacité nationale, mus par des préoccupations économiques et de sécurité, poussent vers un paysage plus divisé où la capacité est dupliquée plutôt que partagée.

Savoir si DeepSeek réussira est une question ouverte dont la réponse prendra des années. Concevoir une première puce est réalisable pour une entreprise bien dotée ; égaler la performance des leaders du secteur et fabriquer à grande échelle est bien plus difficile. Ce que le projet signale clairement, quel qu'en soit l'aboutissement, c'est à quel point la politique de la technologie façonne désormais les stratégies des entreprises qui bâtissent l'intelligence artificielle.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Ars Technica. L'image est une photo d'archive de Nic Wood sur Pexels.

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