Markets
EUR/USD1.1610 0.10%GBP/USD1.3425 0.04%USD/JPY159.04 0.06%USD/CHF0.7875 0.12%AUD/USD0.7142 0.21%USD/CAD1.3774 0.03%USD/CNY6.8110 0.13%USD/INR96.24 0.04%USD/BRL5.0052 0.14%USD/ZAR16.47 0.48%USD/TRY45.67 0.13%Gold$4,514.90BTC$76,270 1.40%ETH$2,093 1.55%SOL$85.01 2.65%
Santé

Le risque de morsures de serpent augmente avec l'adaptation des reptiles, selon une étude soutenue par l'OMS

Guardian Healthil y a 11 h
Paysage de canopée de forêt tropicale en plein jour
Photo: Elif Ilkel / Pexels

L'étude de Nature Communications, conduite à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, montre que le réchauffement climatique et la perte d'habitat décalent systématiquement les aires de vie des serpents. Construit sur une base de données couvrant 209 espèces, le modèle central estime une hausse de 25 % des cas de morsures de serpent à l'horizon 2030.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a ajouté l'envenimation par morsure de serpent à sa liste des "maladies tropicales négligées" en 2017. Chaque année, 5,4 millions de personnes sont mordues par des serpents ; entre 81 000 et 138 000 décèdent et 400 000 conservent une incapacité permanente (données OMS 2024). L'étude soutient que ce total actuel augmente proportionnellement au forçage climatique.

Paramètres du modèle : avec un réchauffement de 1,5 °C, l'expansion moyenne de l'habitat des serpents se déplace de 230 km vers le nord dans la ceinture tropicale et de 180 km vers le nord en zone tempérée. En Inde, 18 % de la population connaît actuellement une morsure de serpent au cours de sa vie ; cette part atteint 23 % dans la sortie du modèle 2030. En Afrique sub-saharienne, en particulier en Éthiopie, au Kenya et au Nigéria, le modèle prévoit une hausse de 35 %.

L'auteure principale, la professeure Anna Pintor, a déclaré au Guardian : "Les serpents sont pour nous un signal d'adaptation marqué. Ils ne choisissent pas les gens dans leurs habitats, mais leurs habitats entrent désormais dans les zones de vie humaines." Pintor a reconnu les limites de l'étude : le modèle capte l'adaptation comportementale des reptiles avec un ensemble de paramètres limité, et la dynamique des populations exige une série temporelle plus longue.

La logique de base du modèle climatique est la suivante : les serpents sont des ectothermes qui maintiennent leur thermorégulation via la température extérieure. Quand la plage de température s'élargit, les espèces décalent leurs aires vers le nord ou en altitude. Combinées à la perte d'habitat, la déforestation et l'expansion agricole rapprochent les espèces des zones de peuplement rural. La sous-analyse sud-africaine montre que la population de mambas noirs dans la province du Limpopo s'est étendue de 22 % vers le nord sur les 12 dernières années.

Dr Bernadette Abela-Ridder, cheffe du département des maladies négligées de l'OMS, a commenté l'étude : "Cette étude montre que la chaîne d'approvisionnement en antivenins (antitoxine de venin de serpent) doit être réévaluée à l'échelle mondiale. Les centres de production actuels d'antivenins se trouvent principalement en Australie, au Brésil et en Inde ; la capacité de production est insuffisante pour la demande de 2030." Le programme d'accès aux antivenins de l'OMS vise un million de doses par an d'ici 2030.

Le coût et l'accès aux antivenins sont des problèmes chroniques dans les pays en développement. Au Kenya, le prix d'une dose d'antivenin Echitab-Plus se situe entre 50 et 100 USD — une part significative du revenu moyen des ménages. Le sérum antivenimeux polyvalent indien est moins cher (15-25 USD), mais l'accès rural est inégal. Le Brésil distribue gratuitement les antivenins via son système national de santé (SUS), un modèle cité comme référence dans l'étude.

L'étude a intégré dans son modèle des variables socio-économiques aux côtés des facteurs environnementaux. Le port de chaussures ouvertes, les horaires de nuit des travailleurs agricoles et le niveau d'éducation augmentent tous le risque de morsure. En Turquie, les morsures de serpent totalisent environ 1 500 cas par an ; la majorité se situe dans les régions méditerranéenne et de l'Anatolie du Sud-Est, les espèces les plus fréquentes étant les vipères à cornes et anatoliennes (Vipera ammodytes et V. xanthina). Les registres hospitaliers du ministère de la Santé situent le taux de mortalité à 1-2 %.

Pour la suite, l'équipe de Pintor prévoit de publier une plateforme de données ouvertes superposant les cartes de densité d'espèces de serpents et les cartes d'accès aux établissements de santé. Les partenaires de production incluent l'OMS Genève, le Wellcome Trust et Médecins Sans Frontières. La publication des données est prévue pour novembre 2026 ; elle servira d'outil de référence pour la planification de la chaîne d'approvisionnement en antivenins.

Cette étude sur les morsures de serpent met en évidence un nouveau vecteur reptilien dans le lien climat-santé. La littérature traditionnelle climat-santé se concentrait sur les maladies à transmission par moustique comme le paludisme, la dengue et le Zika ; les reptiles ont reçu un traitement limité. L'étude propose un cadre qui place les reptiles en avant dans la politique de santé environnementale des dix prochaines années : à la fois pour la capacité de production d'antivenins et pour les programmes d'éducation à la santé communautaire.

Pour les décisions en matière de soins, en particulier en cas d'envenimation animale, rendez-vous au service des urgences le plus proche ; cet article ne se substitue pas à un avis médical.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Guardian Health. L'image est une photo d'archive de Elif Ilkel sur Pexels.