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Histoire

Comment les Romains ordinaires vénéraient-ils les dieux ? Des scientifiques ont trouvé des indices cachés à Pompéi

HistoryExtrail y a 15 h
Ruines de la cité antique de Pompéi en plein jour, Italie
Photo: Balázs Gábor / Pexels

Lorsqu'on évoque la religion romaine, ce qui vient généralement à l'esprit ce sont les grands temples, les cérémonies d'État et les pratiques cultuelles officielles de l'empereur. Mais selon l'analyse de HistoryExtra, la vie religieuse quotidienne des Romains ordinaires — commerçants, esclaves, affranchis et familles à faibles revenus — est bien moins documentée dans les sources historiques. La ville de Pompéi, ensevelie sous les cendres par l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C., est l'une des ressources les plus riches dont disposent les archéologues pour combler cette lacune, car la ville a été figée, préservant une coupe instantanée de la vie quotidienne.

Presque chaque maison de Pompéi contenait un autel domestique appelé 'lararium'. Ces petites niches de culte étaient dédiées aux esprits protecteurs de la famille — les Lares et les Pénates. La professeure Mary Beard, historienne de l'Antiquité classique à l'université de Cambridge, a déclaré à HistoryExtra que les lararia constituent le témoin archéologique le plus important de la manière dont la religion romaine se vivait à l'échelle du foyer plutôt qu'à celle de l'État. Selon Beard, ces autels étaient intégrés au rythme quotidien de la famille — de courtes offrandes avant les repas, des célébrations de naissance et de mariage.

Les peintures murales sont également cruciales pour reconstituer la religion populaire. Les fresques sur les murs des maisons pompéiennes comportent souvent des figures de serpents (symbole des esprits protecteurs), des représentations de dieux et des scènes où la famille fait des offrandes. Le docteur Massimo Osanna, du département d'archéologie de l'université de Naples — ancien directeur général du parc archéologique de Pompéi — décrit ces fresques comme 'une archive visuelle de pratiques religieuses qui n'apparaissent pas dans les sources écrites'. Osanna indique que certaines peintures murales révélées lors de fouilles récentes pourraient pointer vers des pratiques cultuelles locales jusqu'ici inconnues.

Les petits sanctuaires aux coins des rues ('compita') portent les traces de la vie religieuse à l'échelle du quartier. C'étaient les points où les communautés de quartier organisaient des célébrations communes, déposaient des offrandes et accomplissaient des rituels festifs. Comme le note l'article de HistoryExtra, ces structures montrent que la religion romaine était organisée non seulement à l'échelle individuelle et domestique, mais aussi à l'échelle socialedu quartier — une structure proche de la 'vie communautaire' au sens moderne.

Les restes votifs révèlent la dimension matérielle de la religion populaire. Les petites figurines en terre cuite, les restes de nourriture, les lampes et les pièces de monnaie trouvés à Pompéi montrent concrètement ce que les gens ordinaires offraient aux dieux. Le docteur Esther Eidinow, spécialiste de la religion romaine à l'université d'Oxford, indique que ces objets représentent 'une strate de l'expérience religieuse que nous ne verrions jamais dans les sources écrites' — la vie religieuse de ceux qui étaient analphabètes ou dont la voix n'est pas entendue dans les sources. Eidinow souligne que la relation entre la valeur économique des objets votifs et le statut social de la personne qui fait l'offrande peut également être examinée.

Les techniques archéologiques modernes approfondissent cette reconstitution. Les analyses de sol, l'examen moléculaire des restes organiques et la numérisation 3D extraient de nouvelles données de découvertes qui ne pouvaient auparavant être évaluées que visuellement. Par exemple, l'analyse chimique des couches brûlées dans les restes de lararium peut révéler quels types d'encens et de substances offertes étaient utilisés. HistoryExtra note que ces techniques ont ouvert une nouvelle porte vers la reconstitution de la 'dimension sensorielle' de la religion populaire romaine — odeurs, sons, expérience tactile.

La manière dont la pratique religieuse variait selon la classe et le statut est aussi un sujet important de la recherche. Alors que les lararia des grandes villas étaient faits de marbre et de matériaux précieux, les autels des maisons modestes n'étaient que de simples niches peintes. Ces différences matérielles montrent comment l'expérience religieuse dans la société romaine s'entremêlait avec la stratification socio-économique. Les historiens soulignent que les esclaves et les affranchis avaient eux aussi leurs propres pratiques religieuses — participant parfois au culte de leurs maîtres, perpétuant parfois leurs propres traditions.

Les découvertes de Pompéi façonnent également les débats académiques sur la compréhension de la religion romaine antique. Traditionnellement, la religion romaine était étudiée dans un cadre centré sur le culte d'État et la cérémonie officielle ; mais les travaux archéologiques des dernières décennies montrent que la pratique religieuse quotidienne et locale était bien plus variée et répandue. Ce changement de perspective s'inscrit dans un débat plus large sur la manière dont le concept de 'religion' devrait être défini dans le monde antique — l'idée que les catégories religieuses modernes ne peuvent être appliquées directement aux pratiques antiques devient de plus en plus répandue dans le milieu universitaire.

Le parc archéologique de Pompéi poursuit ses travaux dans les parties encore non fouillées de la ville ; environ un tiers de la cité demeure sous les cendres. La direction du parc indique avoir adopté une approche privilégiant la conservation en vue de fouilles futures — ce qui signifie que certaines zones sont délibérément laissées fermées pour être examinées avec des techniques plus avancées à l'avenir. HistoryExtra note que cette approche signifie que les générations futures pourront mettre au jour de nouvelles strates de la religion populaire romaine avec des méthodes plus précises.

L'ensemble de ces travaux révèle que la relation des Romains ordinaires avec les dieux était bien plus personnelle, variée et quotidienne qu'on ne le suppose communément. À l'ombre de l'architecture monumentale du culte d'État, la vie religieuse que des millions de gens ordinaires entretenaient dans les coins de leurs maisons, aux entrées de leurs boutiques et dans les rues de leur quartier redevient visible grâce au silence de Pompéi préservé sous les cendres. Les progrès de l'archéologie dans ce domaine continuent d'offrir une occasion rare d'accéder à l'expérience de la 'majorité silencieuse' du monde antique.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur HistoryExtra. L'image est une photo d'archive de Balázs Gábor sur Pexels.