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Histoire

Lire l'Iran historiquement : pourquoi une historienne plaide pour replacer le récit dans la longue perspective

HistoryExtrail y a 3 h
Architecture historique aux carreaux bleus et cour intérieure à Ispahan, à la lumière du jour
Photo: Michael Bayazidi / Pexels

Le Dr Ali Ansari, professeur d'études iraniennes à l'université de St Andrews, formule dans un essai pour les membres de HistoryExtra une observation importante sur la couche politique du débat actuel sur l'Iran : les récits médiatiques se concentrent souvent sur la période postérieure à la révolution islamique de 1979 ; mais la continuité culturelle persane porte un poids historique vivant dans l'Iran contemporain. Le texte d'Ansari fait partie des rares tentatives de faire entrer la conversation académique dans les cycles d'actualité par une lecture en longue perspective.

L'argument central de l'essai est le suivant : l'Iran ne peut pas se résoudre simplement comme une 'théocratie' ni simplement comme un 'régime post-révolutionnaire'. Ansari trace une structure culturelle ininterrompue, depuis les formes de gouvernance des anciens empires perses (achéménide, 550-330 av. n. è. ; sassanide, 224-651 n. è.) jusqu'aux dynasties safavide (1501-1736) et qajar (1789-1925), puis à la dynastie Pahlavi (1925-1979), et jusqu'à la République islamique (1979-aujourd'hui).

À un moment, le Dr Ansari établit une comparaison marquante : 'réduire l'État iranien moderne à une seule identité chiite musulmane nous empêche de comprendre comment la poésie persane a survécu face à la conquête arabe au VIIe siècle. Le Shahnameh de Ferdowsi est l'épopée nationale de l'Iran, et son contenu est un transmetteur direct de la mythologie pré-islamique'.

Ansari fait preuve de prudence dans l'essai sur la portée contemporaine des liens entre Ehron et Téhéran. 'Il est dangereux que notre lecture historique se transforme en implications politiques ; en tant qu'historiens, nous ne pouvons que mettre au jour les couches invisibles du récit contemporain.' C'est l'expression d'un fort attachement à l'éthique de l'histoire académique.

L'Iran a connu un profond processus de modernisation lors de la fondation de la dynastie Pahlavi en 1925 ; néanmoins, Ansari soutient que les programmes de modernisation de Shah Reza et de son fils Shah Mohammad Reza étaient eux aussi directement liés à l'héritage achéménide. Les célébrations du 2 500e anniversaire organisées par le Shah à Pasargades en 1971 signifiaient que la rhétorique de la modernisation convoquait la Perse antique.

Les fondateurs de la République islamique (1979-aujourd'hui) font eux-mêmes partie de ce complexe culturel. Ansari note que la majorité des citations poétiques dans les écrits de l'ayatollah Khomeini proviennent de Rumi et de Hafez, et que ces deux poètes sont des produits du mysticisme soufi, et non de la tradition juridique islamique. 'Cela montre que même la rhétorique révolutionnaire doit s'appuyer sur la continuité culturelle persane.'

L'un des motifs culturels qui s'est transmis dans la communication contemporaine est la fête de Norouz. La fête de l'équinoxe de printemps, le 21 mars, est passée de la tradition zoroastrienne pré-islamique aux empires perses, puis au calendrier officiel de la République islamique, et reste la fête populaire la plus suivie en Iran. Ansari y voit 'un exemple démocratique de continuité historique', car Norouz se transmet plus par la tradition populaire que par la direction étatique.

Ansari aborde aussi dans l'essai la dimension diasporique. Depuis 1979, environ 5,5 millions d'Iraniens se sont regroupés dans des communautés diasporiques, en particulier à Los Angeles, Toronto, Londres et Hambourg. Au sein de ces communautés, les débats sur 'le véritable Iran' se poursuivent ; Ansari soutient que le concept de 'véritable Iran' est lui-même un argument courant dans le discours politique interne iranien, et qu'on ne peut donc pas dire que la diaspora a 'adhéré' au récit.

Dans l'usage des références académiques, Ansari souligne qu'il est un historien observateur plutôt que polémiste. Parmi les autres historiens iraniens cités dans son travail figurent Charles Melville (Cambridge), Abbas Amanat (Yale) et Hossein Modarressi (Princeton). 'Nous ne voulons pas que notre histoire soit réduite à un seul cadre narratif politique ; mais nous voulons aussi empêcher que notre histoire soit politisée par les cycles d'actualité', dit-il.

La raison invoquée par HistoryExtra pour publier l'article est également notable. Dans son éditorial, la rédactrice en chef Catherine Lee écrit que 'le journalisme de conflit contemporain a besoin d'historiens ; mais les historiens doivent être des conseillers, pas des commentateurs'. Lire l'article offre un exemple solide de la manière dont le commentaire d'un historien, en complément de la lecture de l'actualité sur l'Iran post-1979, peut apporter une clarté de vue.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur HistoryExtra. L'image est une photo d'archive de Michael Bayazidi sur Pexels.