Onze essais : la France balaie l'Écosse et défiera l'Angleterre pour le titre

La France a inscrit 11 essais pour écraser l'Écosse 73-19 samedi au Stade de France, décrochant le point de bonus qui programme une finale du Tournoi des Six Nations face à une Angleterre invaincue à Twickenham le week-end prochain. L'équipe de Fabien Galthié avait pratiquement plié la rencontre dès la 50e minute, profitant de la dernière demi-heure pour élargir sa palette offensive.
L'ailier Damian Penaud a ouvert les vannes avec deux essais et fut l'homme du match. Antoine Dupont, de retour au capitanat après neuf mois d'absence, a délivré deux passes décisives avec la vitesse et la maîtrise qu'il a retrouvées depuis son retour. Le tempo imposé par les avants sur les deux côtés a permis aux Bleus de conserver le ballon pendant 21 minutes consécutives, au cours desquelles ils ont marqué quatre essais.
L'Écosse, malgré la créativité du demi d'ouverture d'Édimbourg Cameron Redpath, a été dépassée en largeur et en densité. Le sélectionneur Gregor Townsend a reconnu que sa première ligne, privée de Pierre Schoeman et Zander Fagerson pour le troisième match consécutif, n'a jamais trouvé l'équilibre dans les zones de combat. « Nous avons perdu la bataille du contact. Nos avants ont bien joué, mais ce n'était pas suffisant », a-t-il déclaré.
La France menait 31-7 à la pause et a poursuivi dans la même veine. Le numéro huit Grégory Alldritt a marqué sur un pick-and-go propre à la 35e minute, démontrant la capacité de l'équipe à perforer aussi par le centre. Penaud a ensuite franchi par deux fois sur des attaques d'aile droite consécutives, et la France a déployé la défense écossaise par de longues chaînes de passes à 18 mètres des poteaux.
Les remplaçants ont marqué les esprits. Le demi de mêlée toulousain Thomas Ramos, 21 ans, entré pour Dupont à la 50e, a donné deux passes décisives ; le centre bordelais Nicolas Depoortère a inscrit son premier essai dans le Tournoi. « Nous posons des fondations pour l'avenir tout en préparant Twickenham », a glissé Galthié après la rencontre.
Le seul motif d'éclaircie écossais fut l'essai du numéro huit Matt Fagerson, après une course de 30 mètres à la 53e minute. Pour le reste, leur réussite en touche est restée à 64 %. La précision de l'ouvreur remplaçant Finn Russell, à 67 %, fut la plus basse du Tournoi, et l'équipe a écopé de deux cartons jaunes.
Le moment psychologique décisif s'est joué à la 28e minute. À partir d'une attaque française à cinq mètres de leur propre ligne, les Bleus ont enchaîné une séquence de 13 passes pour traverser tout le terrain. La course de 80 mètres s'est conclue par le premier essai de Penaud ; il s'agissait du deuxième essai de plus de 80 mètres de la France dans cette édition, salué par 30 secondes d'ovation.
Statistiquement, la France a gagné 312 mètres hors de son camp, percé la ligne 23 fois et battu 14 défenseurs. Sa possession s'est élevée à 64 %, comparable à la victoire anglaise 61-33 contre l'Italie le même après-midi. Les deux équipes abordent la dernière journée sous la pression supplémentaire du goal-average.
La rencontre à Twickenham le week-end prochain pourrait devenir le troisième titre du Tournoi des Six Nations attribué au goal-average sur les six dernières années. L'Angleterre affiche un différentiel de +23, la France de +25. « Nous avons pris le bonus, c'était notre point de départ, a affirmé Galthié. Il faut désormais produire nos 70 meilleures minutes à Twickenham. »
Le sélectionneur anglais Steve Borthwick a salué la profondeur offensive française dans ses propos d'après-match mais a ajouté : « Nous savons à quel point nous devons progresser en défense. » Coup d'envoi à 17 h 45 le samedi 16 mai à Twickenham. Les deux nations se retrouvent pour la quatrième fois en six ans dans un match décisif pour le titre du Tournoi.