Cour suprême américaine : AT&T et Verizon perdent face aux amendes FCC pour la vente de données de localisation

La Cour suprême des États-Unis a rejeté par 8 voix contre 1 la tentative d'AT&T et de Verizon d'annuler les amendes infligées par la Federal Communications Commission pour la vente de données de localisation, en invoquant leur droit à un procès devant jury. Selon Ars Technica, l'arrêt est perçu comme une forte réaffirmation du pouvoir d'application administratif de la FCC.
Le contexte de l'affaire renvoie aux 196 millions de dollars d'amendes totalement infligées par la FCC en 2024 à AT&T et Verizon pour la vente de données de localisation. Selon le compte rendu d'Ars Technica, les amendes proviennent d'une période durant laquelle les opérateurs transféraient les données de localisation des clients à des fournisseurs tiers, permettant à des centres d'appels et à des courtiers en données d'utiliser ces bases.
L'argument porté par les opérateurs devant la Cour suprême reposait sur le Septième Amendement de la Constitution des États-Unis : le montant de l'amende devrait être déterminé par un jury. Ars Technica rapporte que la majorité de la Cour suprême a rejeté cet argument et a statué que le pouvoir de la FCC d'infliger des amendes en vertu du droit administratif fédéral ne violait pas la protection du Septième Amendement.
La rédactrice de l'arrêt, la juge Ketanji Brown Jackson, a souligné dans l'opinion majoritaire que le pouvoir des agences administratives de sanctionner certaines infractions est valide dans le cadre du droit administratif fédéral lorsqu'il est explicitement autorisé par le Congrès. Ars Technica note que cette lecture préserve un cadre dans lequel les agences fédérales peuvent infliger des sanctions réglementaires par voie administrative.
L'unique opinion dissidente est venue du juge Neil Gorsuch. Le rapport d'Ars Technica indique que dans son opinion dissidente, Gorsuch a soutenu que la pratique des agences fédérales consistant à restreindre, via une sanction administrative, le droit à un procès devant jury au titre du Septième Amendement est en décalage avec l'interprétation originelle de la Constitution.
L'arrêt a des implications larges pour le secteur. Le compte rendu d'Ars Technica souligne que les obligations légales des opérateurs télécoms en matière de partage des données de localisation reviennent à l'ordre du jour et que la voie est ouverte aux futures actions réglementaires de la FCC. L'arrêt est perçu comme un jalon important pour l'efficacité de l'application administrative dans le secteur.
Les faits entourant l'affaire ont été enregistrés comme l'une des pierres angulaires du débat sur la vie privée des consommateurs aux États-Unis. Ars Technica rappelle qu'une enquête publiée par Motherboard en 2018 avait révélé que les données de localisation étaient transférées à des fournisseurs tiers pour de faibles montants. Cette enquête est devenue le déclencheur de l'examen réglementaire lancé par la FCC.
L'environnement réglementaire dessiné par l'affaire a également influencé les autres grands opérateurs du secteur. Des amendes similaires contre le nouveau T-Mobile après sa fusion avec Sprint sont aussi à l'ordre du jour. Ars Technica écrit que l'arrêt de la Cour suprême constituera la toile de fond des prochaines actions réglementaires de la FCC.
L'ouverture de la voie pour la décision de la FCC est aussi un message sur l'environnement politique entourant la préservation des pouvoirs de sanction administrative des agences fédérales. Selon Ars Technica, l'arrêt peut se lire comme une réponse aux efforts engagés sous l'administration Trump pour limiter les pouvoirs des agences fédérales et fournit un point de référence important en doctrine de droit administratif.
À court terme, la question de savoir si AT&T et Verizon paieront les amendes ou poursuivront une autre voie judiciaire deviendra plus claire dans les déclarations des opérateurs dans les semaines à venir. Ars Technica souligne que l'arrêt de la Cour suprême façonnera les débats sectoriels et doctrinaux sur les limites du pouvoir administratif fédéral pendant des années. L'arrêt sera lu comme une pierre de touche importante dans le processus d'élaboration des politiques de protection des données des consommateurs aux États-Unis.
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