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Comment des chercheurs ont mis au point un système de vision nocturne qui affiche la chaleur en couleurs

Ars Technicail y a 1 h
Une vue en imagerie thermique colorée d'une scène nocturne
Une vue en imagerie thermique colorée d'une scène nocturnePhoto: Andreas Hoffmann / Pexels

Quiconque a déjà vu des images issues d'une caméra de vision nocturne ou d'une lunette thermique reconnaît instantanément le langage visuel : un monde granuleux et monochrome rendu en vert, ou une carte thermique rendue dans une bande étroite allant du blanc au noir, ou selon un dégradé de fausses couleurs du bleu au rouge. Cette convention visuelle est restée stable pendant des décennies en raison d'une contrainte physique fondamentale : la lumière infrarouge, la plage de longueurs d'onde que ces appareils détectent, est invisible à l'œil humain, si bien que toute image infrarouge doit être traduite d'une manière ou d'une autre en lumière visible, et la traduction la plus simple a toujours été une échelle de gris à un seul canal ou une gamme de couleurs limitée. Des chercheurs ont désormais mis au point un système qui adopte une approche fondamentalement différente, traduisant à la fois la longueur d'onde et l'intensité de la lumière infrarouge en une image bien plus riche et en couleurs complètes.

L'idée centrale derrière ce nouveau système est que la lumière infrarouge, tout comme la lumière visible, couvre en réalité toute une gamme de longueurs d'onde, et non un signal uniforme unique. Tout comme l'œil humain distingue le rouge du bleu en fonction de la longueur d'onde de la lumière visible qui frappe la rétine, différentes longueurs d'onde au sein du spectre infrarouge portent des informations distinctes sur une scène, informations qui se retrouvent aplaties en une simple valeur de gris dans les systèmes de vision nocturne classiques. Le nouveau système d'imagerie mesure au contraire plusieurs points au sein de ce spectre infrarouge et associe chacun à une couleur visible réellement différente, donnant en somme à la lumière infrarouge le même type de riche différenciation colorée dont bénéficie déjà la lumière visible pour l'œil nu.

Le résultat pratique est une image qui ressemble moins à un scan thermique classique et davantage à une photographie couleur ordinaire, à ceci près que les couleurs correspondent à des données de longueur d'onde et d'intensité infrarouges plutôt qu'à la lumière visible réfléchie qu'une caméra standard capture. Un objet chaud rayonnant dans une bande de longueur d'onde infrarouge spécifique se rend dans une couleur nettement différente de celle d'un objet rayonnant à une longueur d'onde légèrement différente, même si les deux apparaîtraient à peu près sous la même nuance de blanc ou de gris sur une lunette thermique classique.

Cette différenciation colorée supplémentaire n'est pas simplement cosmétique. Selon les chercheurs, cette information colorée plus riche rend substantiellement plus facile et plus rapide, pour un observateur humain, la distinction entre des objets ou des conditions qu'une image thermique monochrome classique rendrait presque identiques. Deux objets à des températures globalement similaires mais aux matériaux de surface ou aux caractéristiques d'émission thermique différents, par exemple, peuvent apparaître comme des couleurs visuellement distinctes dans le nouveau système, alors qu'une caméra thermique standard les afficherait comme des nuances de gris à peine différenciables.

Cette technologie s'appuie sur des avancées dans la conception de capteurs infrarouges permettant une discrimination des longueurs d'onde plus précise que le matériel d'imagerie thermique plus ancien, combinées à des algorithmes de traitement qui associent ces données de longueur d'onde à un espace colorimétrique conçu pour l'interprétation visuelle humaine plutôt qu'à une simple cartographie d'intensité. Établir correctement cette correspondance de couleurs a exigé de concilier deux objectifs concurrents : les couleurs doivent être suffisamment différentes pour qu'un observateur puisse distinguer d'un coup d'œil des signatures infrarouges réellement différentes, mais suffisamment cohérentes d'une scène à l'autre pour qu'une couleur donnée signifie toujours la même chose d'une utilisation à l'autre.

Les applications potentielles couvrent plusieurs domaines où l'imagerie thermique joue déjà un rôle. Les équipes de recherche et sauvetage utilisant des caméras thermiques pour localiser une personne en faible visibilité pourraient bénéficier d'un système rendant la signature thermique d'un corps humain visuellement distincte de celle d'un bloc moteur chaud ou d'une roche chauffée par le soleil, des situations où l'imagerie thermique monochrome classique peut produire des relevés ambigus ou difficiles à interpréter. Les pompiers évoluant dans des structures enfumées grâce à la vision thermique pourraient de même bénéficier d'une distinction plus nette entre des sources de chaleur réellement dangereuses et le bruit thermique de fond.

Des applications industrielles et scientifiques sont également envisageables : l'imagerie infrarouge est largement utilisée pour détecter la surchauffe d'équipements, des défauts d'isolation dans les bâtiments, ou de subtiles variations de température dans les processus de fabrication, autant de cas d'usage où distinguer plusieurs signaux thermiques d'intensité similaire mais d'origine distincte exige actuellement une formation spécialisée ou des outils de mesure complémentaires. Une image infrarouge riche en couleurs pourrait rendre une partie de ce travail d'interprétation plus intuitif à lire directement pour un non-spécialiste.

Les chercheurs impliqués décrivent le système actuel comme une preuve de concept plutôt qu'un produit grand public prêt pour le marché, et préviennent que traduire ces avancées de capteurs et de traitement en un appareil compact et abordable, comparable en taille et en coût au matériel de vision nocturne ou d'imagerie thermique existant, reste un défi d'ingénierie considérable. Les caméras thermiques existantes ont bénéficié de décennies de miniaturisation et de réduction des coûts qu'une architecture de capteur fondamentalement nouvelle devrait probablement reproduire avant de devenir commercialement compétitive.

Des sceptiques dans le domaine de l'imagerie notent que davantage de complexité colorée ne constitue pas automatiquement une amélioration ; si la correspondance des couleurs n'est ni intuitive ni cohérente, une image plus riche peut, dans certains cas, être plus difficile à interpréter rapidement qu'une échelle monochrome simple et familière que les utilisateurs ont mis des années à apprendre à lire instinctivement. Selon les chercheurs, c'est précisément pour cette raison que la conception perceptuelle — choisir des couleurs qui s'articulent naturellement avec la façon dont les humains interprètent déjà l'information visuelle — a été aussi centrale dans ce projet que la technologie de capteur sous-jacente.

Pour une catégorie de technologie restée essentiellement inchangée depuis des décennies — la vision nocturne teintée de vert et l'imagerie thermique en niveaux de gris, toutes deux héritées des limitations de capteurs et de traitement des époques précédentes —, le passage à l'imagerie infrarouge en couleurs complètes représente une manière véritablement différente de voir dans l'obscurité, qui traite les longueurs d'onde invisibles non pas comme un simple signal aplati, mais comme un spectre qui mérite d'être traduit dans toute sa richesse.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Ars Technica. L'image est une photo d'archive de Andreas Hoffmann sur Pexels.

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