Les migrants climatiques zimbabwéens redoutent l'expulsion face à la répression accrue
Al Jazeera rapporte que des milliers de petits agriculteurs, contraints par la sécheresse de se réinstaller dans les fertiles hauts plateaux orientaux du Zimbabwe, risquent désormais de perdre leurs maisons et leurs moyens de subsistance face à l'intensification des expulsions menées par le gouvernement. Les agriculteurs disent avoir déposé des demandes officielles d'attribution de terres, tandis que les autorités estiment qu'il s'agit de réserves de conservation protégées.

Des journalistes d'Al Jazeera se sont rendus dans la région de Chimanimani, près de Mutare, et ont rencontré des familles ayant reçu des avis d'expulsion ces derniers mois. La plupart viennent des provinces du sud-ouest, Masvingo et Matabeleland, qui ont perdu leur production céréalière à cause de sécheresses répétées au cours de la dernière décennie. Les agriculteurs ont présenté des documents montrant qu'ils avaient déposé des demandes de terre auprès des autorités locales avant de s'installer dans les hauts plateaux orientaux.
Le gouvernement affirme que certaines terres se trouvent dans les réserves de conservation du parc national de Chimanimani, tandis que d'autres appartiennent à des forêts domaniales. Le ministère de l'Environnement, du Climat et du Tourisme estime que les installations non autorisées menacent les bassins versants et les habitats d'espèces rares. Police et gardes forestiers conduisent les expulsions, certaines constructions ayant été détruites.
Des organisations indépendantes de défense des droits humains affirment qu'on ignore si les familles concernées ont reçu une offre de relogement ou une compensation adéquate. L'Union des agriculteurs du Zimbabwe a demandé un dialogue formel avec le gouvernement. Les projections de migration climatique estiment que des centaines de milliers de Zimbabwéens pourraient devoir se déplacer vers des régions plus fertiles au cours de la prochaine décennie.
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