Au Mali, des djihadistes incendient des dizaines de véhicules pour faire respecter leur blocus
Le groupe JNIM, lié à Al-Qaïda, a imposé un blocus sur les routes reliant le centre et le sud du Mali à Bamako, brûlant au moins 47 camions de carburant et de denrées la semaine passée. La capitale ne dispose plus que d'environ trois semaines de stocks essentiels.

Le groupe Jama'at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, bloque depuis début juin les principaux axes reliant Bamako aux régions clés de Sikasso, Koutiala et Kayes. D'après les informations recueillies par BBC Africa, au moins 47 camions de carburant et de denrées ont été attaqués la semaine dernière et 11 chauffeurs ont été tués.
Des sources au ministère des Transports indiquent qu'il ne reste environ que trois semaines de stocks de carburant et de produits alimentaires de base dans la capitale. Des files d'attente se forment la nuit dans les stations-service de Bamako ; les prix du riz et du sucre ont bondi d'environ 60 % par rapport au mois dernier. Le président par intérim Assimi Goita a annoncé le lancement d'une opération d'escorte armée incluant des unités Wagner pour rouvrir les routes.
Les analystes régionaux estiment que le JNIM mise depuis 2024 sur une stratégie de 'guerre de siège' pour épuiser économiquement l'État central. Le Sénégal a déployé des renforts à la frontière malienne et l'Office de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a publié une nouvelle alerte de sécurité alimentaire. Le JNIM a fait savoir que le blocus se poursuivrait tant que des 'convois collaborateurs' circuleraient.
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