Un rapport d'Oxford estime que 80 % de la mauvaise santé chez les seniors relève de la responsabilité individuelle

Un rapport présenté la semaine dernière au Smart Ageing Summit d'Oxford a soutenu que plus de 80 % de la mauvaise santé en vieillissant relèvent du contrôle individuel. Le rapport est conçu pour contester l'idée que le vieillissement est synonyme de « déclin physique inévitable » et pour s'opposer à la vision selon laquelle l'État serait le seul responsable.
Le rapport identifie comme principaux moteurs de la santé chez les seniors les facteurs liés au mode de vie : réduction de l'usage du tabac, consommation d'alcool, alimentation, activité physique et qualité du sommeil. Les auteurs ont calculé que des améliorations dans ces cinq domaines pourraient prolonger l'espérance de vie en bonne santé d'une personne typique de 70 ans de huit à 12 ans.
L'étude appelle le gouvernement à introduire une législation sur la consommation d'alcool comparable aux restrictions appliquées au tabac. Les auteurs estiment que l'alcool « doit être traité comme une substance aussi nocive que le tabac » et que le moment est venu de mesures telles que l'interdiction de la publicité, des restrictions d'emballage, des hausses de prix et l'éducation générale du public.
L'auteure principale du rapport, le Dr Lucy Foulkes, a déclaré : « L'idée que le vieillissement est synonyme de déclin physique est fausse. Les choix de mode de vie jouent un rôle bien plus important dans la détermination de la santé chez les seniors que les services de l'État. Nous devons donner clairement cette information aux gens. »
Toutefois, les experts en santé publique ont réagi avec prudence. Selon eux, le discours de la « responsabilité personnelle » ignore les déterminants sociaux : niveau de revenu, éducation, quartier, conditions de travail. Le professeur David Stuckler, de l'université de Liverpool, a déclaré : « Le chiffre de 80 % est contesté. De nombreux choix de mode de vie sont façonnés par les conditions socio-économiques. »
Selon l'Organisation mondiale de la Santé, la part estimée des facteurs déterminant la santé chez les seniors au niveau mondial est à peu près : comportement personnel 30 à 50 %, facteurs sociaux et économiques 20 à 30 %, environnement physique 10 à 20 %, accès aux soins 10 à 20 %, génétique 5 à 15 %. Le rapport d'Oxford estime la part du comportement personnel sensiblement plus haute que d'autres travaux académiques.
Les recommandations politiques du rapport comprennent : une interdiction de la publicité pour l'alcool sur tous les médias ; une fiscalité comparable au tabac ; un prix minimum par unité ; un emballage neutre sur tous les produits alcoolisés, à la manière des cigarettes ; et des restrictions similaires sur la publicité pour les aliments ultra-transformés afin de combattre l'obésité. Plusieurs de ces mesures sont déjà partiellement appliquées au Royaume-Uni.
Le rapport propose également des incitations pour orienter les employeurs vers des investissements dans le « vieillissement en bonne santé ». Des avantages fiscaux pour les programmes d'exercice en entreprise, le soutien nutritionnel aux salariés et le soutien à la santé mentale sont au cœur de ces propositions.
Les ministères de la Santé du Pays de Galles et de l'Écosse étudient les conclusions du rapport tout en soulignant qu'un discours de « responsabilité personnelle » est, à lui seul, insuffisant. L'Écosse a été un pionnier mondial du prix minimum par unité pour l'alcool, dont les recherches récentes ont montré qu'il a réduit les décès d'environ 13 %.
Les experts disent que la valeur du rapport réside dans l'accélération de la prise de décision politique. Mais ce que les lecteurs doivent garder à l'esprit, c'est ceci : les choix de mode de vie individuels comptent, mais l'inégalité en santé est un problème pluridimensionnel qui nécessite aussi une intervention politique plus large. Pour les décisions de santé individuelles, il est toujours conseillé de consulter un clinicien.