Markets
EUR/USD1.1768 0.06%GBP/USD1.3594 0.12%USD/JPY156.81 0.03%USD/CHF0.7778 0.09%AUD/USD0.7236 0.03%USD/CAD1.3680 0.16%USD/CNY6.8074 0.09%USD/INR94.57 0.08%USD/BRL4.9003 0.28%USD/ZAR16.43 0.06%USD/TRY45.38 0.04%Gold$4,667.40BTC$81,043 0.25%ETH$2,332 0.31%SOL$95.17 1.51%
Santé

Aggravation des pénuries de médicaments en Angleterre : les patients cardiaques et psychiatriques les plus touchés

BBC Healthil y a 4 h
Rayonnages de pharmacie remplis de boîtes de médicaments
Photo: Magda Ehlers / Pexels

Un rapport publié vendredi par la Royal Pharmaceutical Society (RPS) constate que les pharmacies anglaises traversent la pire crise d'approvisionnement en médicaments des trois dernières années. Le rapport s'appuie sur une enquête menée auprès de 1 742 pharmaciens ; 86 % d'entre eux indiquent n'avoir pas pu honorer une ordonnance ces six derniers mois, et 47 % reçoivent des appels d'usagers à ce sujet au moins une fois par semaine. La crise concerne notamment les médicaments cardiaques, les anticoagulants, les antidépresseurs et les formulations d'insuline.

Le rapport établit que la durée moyenne de rupture pour les médicaments critiques est passée de 18 à 31 jours. La rupture des anticoagulants utilisés par les patients atteints de fibrillation auriculaire, tels que l'apixaban (Eliquis) et le clopidogrel (Plavix), est la catégorie la plus inquiétante pour les cardiologues. Un écart de plus de deux semaines dans ces traitements peut doubler ou tripler le risque d'AVC pour ces patients. Selon le Royal College of Physicians, sur le seul dernier mois, 14 nouveaux cas admis en unité d'AVC ont été liés à des interruptions de traitement anticoagulant.

La « Medicines Supply Strategy 2026 », publiée par le ministère britannique de la Santé en mars, a été conçue pour répondre aux problèmes d'approvisionnement médicamenteux constatés depuis le Brexit. Mais la présidente de la RPS, la professeure Claire Anderson, indique qu'il manque à la stratégie le soutien financier nécessaire à l'approvisionnement : « Sur les 47 recommandations listées dans la stratégie, aucune ne met en place de mécanisme d'incitation fiscale pour réduire le coût de production des médicaments en Angleterre. Le coût total des importations de médicaments a augmenté de 1,4 milliard de livres par an après-douane ; ce coût alimente directement la crise. »

Le tableau est plus complexe pour les médicaments psychiatriques. L'approvisionnement en ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) et en antipsychotiques atypiques a chuté de 38 % au cours des six derniers mois. Des antidépresseurs courants comme la sertraline (Zoloft) et la fluoxétine (Prozac) sont en rupture dans 71 % des pharmacies ; les pharmaciens demandent à des médecins de modifier les prescriptions par défaut. La situation perturbe gravement la continuité du traitement des patients souffrant de dépression et de troubles anxieux.

La pharmacienne mancunienne Dr Sarah Akram, interrogée par BBC Health, a décrit une scène récente à son comptoir : « Un patient n'a pas pu obtenir son apixaban pour la fibrillation auriculaire. Il a essayé trois pharmacies, toutes en rupture. Il est resté trois jours sans son traitement. J'ai contacté son médecin en urgence, et un substitut, le rivaroxaban, a été prescrit. Mais le stock de rivaroxaban dans ma pharmacie diminue lui aussi depuis deux semaines. » Selon Akram, sa pharmacie a connu des ruptures pour 24 médicaments critiques différents depuis le début de 2026.

Le contexte de la crise est multiple. Le premier facteur majeur est le Brexit ; la perte des accords de partage d'information entre l'ECDC, l'EMA (Agence européenne du médicament) et la MHRA britannique retarde de six mois en moyenne l'entrée de nouveaux génériques sur le marché britannique. Le deuxième facteur est la pression sur les chaînes d'approvisionnement mondiales ; les fournisseurs indiens et chinois de matières premières ont, ces trois dernières années, commencé à donner la priorité aux marchés européen et nord-américain, et le Royaume-Uni a pris du retard avec ses nouvelles procédures douanières.

Le ministre britannique de la Santé Wes Streeting a été convoqué à un débat d'urgence à la Chambre des communes lundi. Dans ses précédentes déclarations, Streeting indiquait que le déploiement de la stratégie de mars prendrait du temps et que des améliorations graduelles étaient attendues dans les 6 à 12 prochains mois. Après la publication du rapport de la RPS, le ton de son communiqué est plus prudent : « Nous travaillons activement à résoudre les ruptures de service. Le NHS renforce les protocoles de traitement alternatifs. »

Le professeur Andrew Hill, spécialiste des chaînes d'approvisionnement médicamenteux, indique à BBC Health qu'un changement structurel est nécessaire : « Pour que le système de santé britannique répare sa chaîne d'approvisionnement, il doit soit conclure un nouvel accord de service avec l'UE, soit développer la production nationale de médicaments. La stratégie actuelle amortit la crise sans en résoudre la cause structurelle. » Hill rappelle qu'aux États-Unis et au Japon, lors de crises d'approvisionnement comparables, les gouvernements ont investi directement pour reprendre la main sur leurs pipelines de génériques.

Les demandes en pharmacie de la part des patients augmentent le plus vite à Cardiff, Birmingham et Liverpool. La situation est plus complexe au pays de Galles ; selon le ministère gallois de la Santé, 31 % des pharmacies ont enregistré au moins une rupture sur un médicament critique chaque semaine au cours des trois derniers mois. Le représentant de l'association galloise des patients, Mike Hedges, a déclaré à BBC Wales que recommander aux patients de tenir « une liste de traitements impossibles à reporter » est une pratique dont il n'avait jamais eu besoin auparavant.

Les trois prochains mois seront décisifs pour atténuer la crise. La RPS demande cinq mesures urgentes au gouvernement : durcir les licences d'exportation de médicaments, encourager la production nationale, mettre en place un système temps réel de partage des stocks entre NHS et pharmacies, réviser le protocole d'alerte aux patients, et signer un nouvel accord de reconnaissance mutuelle avec l'UE via la MHRA. La réponse du ministère de la Santé attendue le 18 mai sera perçue comme un moment décisif pour la suite de la crise.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur BBC Health. L'image est une photo d'archive de Magda Ehlers sur Pexels.