Le NHS déploie une immunothérapie anticancéreuse injectable qui peut faire gagner des heures aux patients

NHS England a annoncé que la forme sous-cutanée de l'immunothérapie atezolizumab serait proposée à environ 5 000 patients au cours des douze prochains mois. Ce médicament, fabriqué par Roche, est déjà utilisé en forme intraveineuse pour traiter les cancers du poumon, du foie, du sein et des voies urinaires.
La nouvelle injection sous-cutanée prend environ sept minutes à administrer ; la perfusion intraveineuse oblige actuellement les patients à passer environ deux heures à l'hôpital. Après l'autorisation du National Institute for Health and Care Excellence (NICE), le NHS étendra progressivement le médicament aux centres régionaux de cancérologie.
Les données de l'essai international IMscin001 montrent que la forme sous-cutanée a une efficacité comparable à celle de la forme intraveineuse. L'étude, menée chez 245 patients, n'a pas mis en évidence de différence significative en termes de survie globale ou de survie sans progression entre les deux formes, avec un profil d'effets indésirables analogue.
Le professeur Sir Stephen Powis, directeur médical de NHS England, déclare à la BBC : « Une administration plus rapide de l'immunothérapie signifie que les patients passent moins de temps à l'hôpital. Cela libère aussi des capacités sur les fauteuils de chimiothérapie, qui constituent un véritable goulet d'étranglement dans nos services de cancérologie. »
Le professeur Tim Maughan, président du Royal College of Radiologists, soutient l'annonce : « La plupart de nos patients atteints de cancer reviennent toutes les trois semaines pendant un an dans un fauteuil de chimio. Passer à une injection de sept minutes est un gain de temps pour eux et pour nous. » Maughan ajoute que cela réduira les déplacements et la mobilisation des accompagnants.
Le NICE situe le coût annuel hospitalier du médicament à environ 70 000 livres sterling par patient. Ce chiffre correspond à celui de la forme intraveineuse. La véritable économie provient des coûts de personnel et d'occupation des salles. Une estimation interne évalue l'économie potentielle à environ 24 millions de livres par an.
La composition des équipes diffère également. La forme intraveineuse exige un personnel infirmier et du matériel de perfusion ; l'injection sous-cutanée peut être réalisée par une seule infirmière. Cela permet au NHS de mobiliser plus souplement ses capacités hospitalières régionales.
Les services d'oncologie britanniques signalent que les délais d'attente pour les traitements intraveineux sont passés ces 18 derniers mois de 7,4 à 9,1 semaines. Le NHS estime que le passage à l'atezolizumab sous-cutané pourrait réduire ce délai d'environ 1,5 semaine d'ici l'automne 2026.
L'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord n'ont pas encore publié leurs décisions concernant l'adoption de la forme sous-cutanée. Le ministre gallois de la Santé déclare à BBC Cymru : « Nous suivons cette évolution, mais nous devons mener notre propre évaluation en parallèle avec le NICE pour un déploiement local. » Une décision est attendue d'ici septembre 2026.
La diffusion des traitements personnalisés guidés par tests génétiques et des formats d'administration accélérés annonce une nouvelle phase de la cancérologie. Le NHS prescrit actuellement 18 immunothérapies différentes ; cette liste devrait passer à 22 d'ici l'an prochain.