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Santé

Hantavirus : faut-il vraiment s'inquiéter ? L'évaluation du risque par les experts en santé publique

BBC Healthil y a 8 h
Pont de navire avec horizon océanique
Photo: Pixabay / Pexels

Après l'épidémie d'hantavirus Andes à bord du navire de croisière MV Hondius, les passagers sont rentrés chez eux par des vols commerciaux, conduisant les autorités sanitaires de plusieurs juridictions à lancer une surveillance passive. Au cours des deux dernières semaines, les agences de santé publique de dix-neuf pays — parmi lesquels le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France, Singapour, le Japon et l'Australie — surveillent les passagers à la recherche de symptômes ; trois personnes sont décédées. Question naturelle du public : faut-il s'alarmer ?

Les experts de santé publique offrent une réponse nette : non, la plupart des gens n'ont pas à s'inquiéter. La raison tient à la biologie du virus. Les hantavirus se transmettent en général par l'urine et les déjections de rongeurs, pas entre humains ; la souche Andes est la seule pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée, et elle reste rare. « Ce n'est pas le COVID. Ce virus n'a pas le potentiel aéroporté de se diffuser largement », a déclaré à la BBC la professeure Yvonne Carter de la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

Selon la dernière mise à jour de l'OMS, 11 cas confirmés en laboratoire ont été identifiés sur environ 2 100 passagers du navire et trois personnes sont décédées. Une cartographie rétrospective des contacts s'organise autour des cas confirmés : la plupart ont fréquenté les espaces de restauration communs du navire, le sauna et la piste de danse. Même la transmission interhumaine constatée n'est pas une diffusion respiratoire de type COVID — elle semble nécessiter un contact rapproché, un partage de fluides ou une exposition prolongée à une surface contaminée.

Parmi les types d'hantavirus, l'Andes — endémique en Patagonie chilienne — est la seule souche pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée. L'hantavirus Sin Nombre, qui cause en moyenne 30 à 40 cas par an aux États-Unis, ne se transmet qu'à partir des rongeurs. La capacité de transmission interhumaine de l'Andes a été décrite pour la première fois en 1996 dans la région de Bariloche en Argentine, où 20 cas avaient été identifiés et la létalité approchait 35 %.

La mortalité est ce qui rend l'hantavirus sérieux quand il s'installe. Parmi les personnes infectées, 30 à 50 % peuvent évoluer vers un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), insuffisance respiratoire grave pour laquelle il n'existe pas d'antiviral spécifique ; la prise en charge est purement de soutien (oxygène, ventilation mécanique). Chez les personnes âgées et celles atteintes d'une maladie pulmonaire préexistante, la mortalité peut être considérablement plus élevée. Cela dit, la majorité des cas se résolvent avec des symptômes pseudo-grippaux légers.

L'Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) surveille 47 passagers rentrés. Aucun n'a présenté de symptômes. La porte-parole, le Dr Helen Saunders, a dit à la BBC : « Nous avons des passagers à plus haut risque sous surveillance rapprochée, mais à ce stade nous estimons le risque de diffusion communautaire comme faible. Les symptômes peuvent apparaître 14 à 21 jours après l'exposition, donc nous attendons le 21e jour avant de lever la surveillance. »

Observation notable : l'hantavirus Andes paraît exiger deux conditions strictes pour une transmission interhumaine. Premièrement, la personne source doit se trouver dans la fenêtre de forte charge virale (en général les jours 5 à 10 de la maladie) ; deuxièmement, la transmission requiert une exposition prolongée dans un espace clos peu ventilé. Le système de ventilation centralisée du Hondius et les arrangements de restauration rapprochés correspondent à un scénario classique de contact fermé.

Pour la vie quotidienne de la plupart des gens, aucune précaution particulière n'est nécessaire. « Manger au restaurant, prendre les transports en commun, se rassembler en extérieur — aucune de ces activités n'est reconnue comme une voie de transmission pour l'hantavirus Andes », a indiqué Carter. Les scientifiques tirent toutefois une leçon de l'épidémie : les environnements clos à faible circulation d'air méritent un nouveau regard sur leur capacité de diffusion infectieuse. Les croisières longue distance, comme les engins spatiaux, entretiennent leur propre écosystème microbiologique.

Un autre détail mérite l'attention : la fenêtre de contagiosité du virus est limitée, ce qui rend peu probable l'apparition de nouvelles vagues communautaires. « La fenêtre infectieuse est de 14 à 21 jours. Des passagers qui se dispersent durant cette période ne submergeront pas le système de santé d'un pays unique. La dispersion multi-pays réduit paradoxalement la pression systémique — chaque pays gère ses propres cas isolés », ajoute Carter.

L'OMS a déclaré que l'épidémie a révélé une dimension épidémiologique nouvelle pour l'hantavirus Andes : dans des collectivités fermées comme un navire, la transmission peut s'accélérer une fois qu'elle commence. L'agence a annoncé de nouveaux protocoles de surveillance pour ce type d'environnement. Mais comme préoccupation quotidienne de santé publique, l'hantavirus restera bas sur la liste. « Il faudrait s'inquiéter bien plus des accidents de la route que de l'hantavirus Andes », a ajouté Carter avec un brin d'humour.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur BBC Health. L'image est une photo d'archive de Pixabay sur Pexels.