Santé

La grippe aviaire H5 atteint l'Australie : qu'est-ce que ce virus, d'où vient-il, et quel est le risque réel pour l'homme

Guardian Healthil y a 1 j
Une rive de zone humide vide sous un ciel couvert, sans faune visible.
Une rive de zone humide vide sous un ciel couvert, sans faune visible.Photo: Анастасия Быкова / Pexels

Le silence du continent australien sur la grippe aviaire a pris fin ce week-end. La ministre fédérale de l'Agriculture, Julie Collins, a confirmé qu'un labbe brun migrateur trouvé malade en Australie-Occidentale était mort du virus H5N1. C'est le premier cas confirmé de la souche H5 mortelle sur le continent australien — un continent dont l'isolement biogéographique l'avait, jusqu'ici, tenu à l'écart.

Qu'est-ce que H5 ? H5 est un sous-type de l'hémagglutinine (H), la protéine de surface des virus de la grippe A ; N1 est un sous-type de la neuraminidase (N). La souche H5N1 a été identifiée pour la première fois en Chine en 1996 et a depuis provoqué des pertes massives parmi les populations d'oiseaux et de mammifères en Asie, en Afrique, en Europe et sur le continent américain. L'Australie était le dernier grand continent encore préservé.

Le virus est transporté principalement par les oiseaux d'eau migrateurs — canards, oies et oiseaux marins agissent comme réservoir. Le labbe brun, qui migre entre les régions polaires, a pu transporter le virus depuis les colonies antarctiques jusqu'en Australie. Les premières morts H5N1 en Antarctique ont été enregistrées pendant la saison 2024-2025 ; les scientifiques anticipaient depuis lors l'exposition de l'Australie.

Pourquoi une « urgence faunique authentique » ? Parce que le H5N1 a provoqué la mort de dizaines de millions d'oiseaux sauvages en Europe et sur le continent américain. La récupération des populations d'oiseaux marins coloniaux décimées — qui ne se reproduisent pas à l'échelle industrielle — peut prendre des décennies. Les oiseaux d'eau endémiques d'Australie — pélicans, cygnes noirs, pluviers — n'ont pas d'exposition préalable et pas d'immunité héritée.

Le risque pour le bétail est sérieux. Depuis mars 2024, le H5N1 circule chez les vaches laitières aux États-Unis — un saut de hôte que la phylogénie du virus n'avait pas prédit. Le secteur avicole australien a précipitamment relevé ses protocoles de biosécurité : contrôles d'entrée et de sortie renforcés, filets pour empêcher l'entrée des oiseaux sauvages, signalement obligatoire des oiseaux morts sous 24 heures.

Le risque humain est aujourd'hui faible mais non nul. Au niveau mondial, le H5N1 a causé environ 900 cas humains confirmés depuis 2003, avec un taux de létalité d'environ 50 % — mais les cas concernent surtout des travailleurs avicoles très exposés ou des patients de pays à faible revenu, aux infrastructures sanitaires limitées. Aucune transmission interhumaine soutenue n'a encore été observée nulle part.

Pour acquérir l'homme comme hôte durable, le virus doit modifier son profil de liaison aux récepteurs. Aujourd'hui le H5N1 se lie préférentiellement aux récepteurs à acide sialique en liaison α-2,3 des voies respiratoires basses — récepteurs plus rares et plus profonds chez l'homme que chez l'oiseau. Si des mutations permettaient la liaison aux récepteurs α-2,6 des voies respiratoires hautes, la capacité de transmission interhumaine augmenterait fortement.

Les conseils de santé publique sont clairs. Les oiseaux sauvages morts ou malades ne doivent pas être manipulés ; les signalements doivent être faits aux autorités vétérinaires locales. Les œufs et produits laitiers des fermes australiennes sont sûrs sous les protocoles standard de traitement thermique ; lait pasteurisé et œufs bien cuits éliminent le risque. Le lait cru a été le principal vecteur des cas humains récents aux États-Unis.

Pour les cliniciens : les patients ayant un antécédent de contact animal pertinent et un syndrome grippal doivent être testés par PCR spécifique H5N1. L'oseltamivir — Tamiflu — reste l'antiviral auquel le virus est actuellement sensible ; le bénéfice dépend d'une initiation dans les 48 premières heures. Les laboratoires de santé publique australiens ont ouvert une ligne de surveillance pour les cas d'exposition animale.

Les questions de long terme restent ouvertes. Le développement vaccinal est en cours : Sanofi, GSK et le CSL australien rafraîchissent leurs stocks de vaccin H5N1. Les réseaux de surveillance faunique sont étendus — le CSIRO australien a lancé un échantillonnage côtier de labbes, guillemots et autres oiseaux marins. « L'avantage de l'isolement géographique de l'Australie est terminé ; son avantage de préparation reste à construire », a noté le scientifique principal en santé animale du CSIRO, Frank Wong.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Guardian Health. L'image est une photo d'archive de Анастасия Быкова sur Pexels.

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