Un passager canadien du MV Hondius testé positif au hantavirus ; quatre anciens passagers isolés sur l'île de Vancouver

Le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique a annoncé qu'un Canadien, ancien passager du navire de croisière MV Hondius, a été testé positif au hantavirus. L'individu est l'un des quatre passagers canadiens du navire — considéré comme le point de départ de l'actuelle épidémie de hantavirus — désormais isolés dans des résidences sur l'île de Vancouver. Au moins un des autres est symptomatique.
Le ministre provincial de la Santé Adrian Dix a déclaré en conférence de presse : 'Cette affaire est importante car elle montre le risque de diffusion du hantavirus Andes des anciens passagers à la communauté. Les protocoles d'isolement sont pleinement appliqués et la surveillance active se poursuivra pendant 14 jours.' La directrice du BC CDC, Dr Réka Gustafson, a noté que le virus provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus Andes (HPS) — une insuffisance respiratoire qui commence par des symptômes grippaux, évolue vers une accumulation de liquide pulmonaire et présente un taux de mortalité de 35 à 40 %.
Le MV Hondius est un navire d'expédition exploité sur une route Chili-Antarctique. Après que trois passagers ont développé de graves symptômes respiratoires lors du départ du 18 février depuis Punta Arenas, le navire a été dérouté vers Tristan da Cunha le 19 mars ; deux des trois premiers cas ont été testés positifs au hantavirus Andes. L'ensemble des passagers du navire a été évacué par avion vers Vancouver le 28 mars et placé en isolement en Colombie-Britannique.
L'opérateur néerlandais Oceanwide Expeditions a annoncé que le navire a été entièrement désinfecté après le débarquement de ses derniers passagers. La société a annulé le calendrier de croisières du MV Hondius jusqu'au 14 mars 2026, avec des remboursements de 22 millions d'euros à payer. 'Cet événement est un signal d'alarme pour notre industrie,' a déclaré le porte-parole de la société Mark van der Hulst, ajoutant que les protocoles de contrôle des rongeurs du navire sont réexaminés.
Le hantavirus Andes est transmis par le rat à queue longue Oligoryzomys longicaudatus, qui vit en Amérique du Sud. Les humains sont généralement infectés par voie respiratoire dans des environnements contaminés par l'urine, les fèces ou la salive du rat. Le hantavirus Andes est le seul connu pouvant — dans de rares cas — se transmettre d'humain à humain, ce qui rend cette épidémie particulière ; la plupart des hantavirus se transmettent uniquement directement du rongeur à l'humain.
L'un des quatre anciens passagers en Colombie-Britannique, âgé de 65 ans et qui a demandé à rester anonyme, a déclaré à CBC News : 'L'Antarctique était des vacances de rêve. Mais quatre semaines d'isolement après le débarquement constituent une véritable épreuve. Les équipes médicales nous appellent tous les jours et effectuent des contrôles des symptômes.' Les symptômes décrits incluent fatigue, légère toux et maux de tête ; les personnes négatives au PCR seront libérées à la fin des 14 jours d'isolement.
Le cas canadien porte le total confirmé dans l'épisode MV Hondius à 12. Selon la mise à jour de l'Organisation mondiale de la santé du 22 mai, les cas cumulés de hantavirus Andes attribuables à l'épidémie atteignent neuf au Chili, un en Argentine, un au Brésil et ce nouveau cas au Canada — 12 au total, avec quatre décès. Le rythme de l'épidémie semble s'être ralenti ; seul ce cas canadien a été enregistré au cours des sept derniers jours.
L'Agence de la santé publique du Canada a mis en place une cohorte de suivi incluant l'enregistrement volontaire des anciens passagers tout au long de l'épidémie. 'La fenêtre de surveillance traditionnelle étant de 28 jours, de nouveaux cas peuvent encore apparaître au moins quatre semaines après le dernier débarquement,' a déclaré la Dre Theresa Tam, de l'ASPC. Pour le grand public au Canada, le risque de hantavirus reste extrêmement faible ; il s'agit d'un cas importé du navire, pas d'un signal d'épidémie locale.
L'Organisation mondiale de la santé tiendra une réunion technique internationale le 17 juin pour revoir les protocoles de contrôle des rongeurs sur le tourisme de croisière atlantique et les voyages de recherche antarctique. Il n'existe actuellement aucune norme formelle de contrôle des rongeurs entre les nations du Traité antarctique ; chaque opérateur applique son propre protocole. Le Professeur Pablo Vial, expert du hantavirus à l'Universidad del Desarrollo au Chili, a déclaré : 'Le tourisme basé en Antarctique croît rapidement — environ 100 000 touristes par an. À cette échelle, le secteur a besoin d'une gestion professionnelle des risques zoonotiques.'
Santé Canada rappelle à toute personne soupçonnant une maladie de demander une assistance médicale d'urgence. Les premiers symptômes ressemblant à la grippe, le risque de mauvais diagnostic est élevé ; les personnes ayant voyagé en Amérique du Sud au cours des six dernières semaines et développant des symptômes respiratoires sont invitées à en informer leur médecin. Il n'existe pas de traitement antiviral efficace, mais un soutien intensif précoce peut réduire la mortalité.
*Cet article n'est pas un avis médical. Si vous présentez des symptômes respiratoires, consultez immédiatement un service de santé.*