L'OMS estime que l'hantavirus a pu se transmettre entre passagers d'un navire de croisière, trois décès confirmés

L'Organisation mondiale de la santé a déclaré que les deux cas confirmés d'hantavirus Andes à bord du navire MV Hondius pourraient correspondre à une transmission entre passagers, ce qui en ferait l'une des chaînes documentées de transmission interhumaine les plus marquantes en vingt ans pour cette souche. L'épidémie est apparue lors d'une croisière partie initialement du Cap.
Dans un communiqué publié à Genève, l'OMS indique que trois décès ont jusqu'ici été reliés à l'épidémie, même si seuls deux cas ont été confirmés en laboratoire. Le suivi des quelque 1 300 passagers figurant sur le manifeste se poursuit, et onze agences sanitaires nationales ont diffusé des avis de recherche de contacts auprès de leurs ressortissants.
Selon le ministère de la Santé sud-africain, les deux patients confirmés portent la signature génétique caractéristique de la souche Andes. Cette souche est principalement associée à la Patagonie et reste le seul hantavirus connu capable de transmission interhumaine. Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a rappelé que la souche Andes n'a généralement pas un taux de transmission élevé, mais peut se propager par gouttelettes respiratoires depuis des patients présentant des symptômes pulmonaires.
La majorité des passagers sont de nationalité australienne, néerlandaise, britannique et sud-africaine. L'Institut national néerlandais de la santé publique (RIVM) a indiqué que sur trois personnes évacuées du Hondius pour être soignées aux Pays-Bas, deux sont hospitalisées, tandis que la troisième présente des symptômes plus compatibles avec une infection respiratoire non liée à l'hantavirus.
Les détails des trois décès n'ont pas encore été entièrement rendus publics. Les autorités sanitaires sud-africaines ont confirmé que les personnes décédées étaient citoyennes du Chili, d'Allemagne et du Royaume-Uni, et avaient toutes participé à une excursion dans l'arrière-pays patagonien avant d'embarquer. Cet élément renforce l'hypothèse selon laquelle le virus aurait été contracté par exposition à des rongeurs en dehors du navire avant toute transmission à bord.
Mike Ryan, directeur exécutif du programme des urgences sanitaires de l'OMS, a déclaré : « Cet événement est important parce qu'il rappelle le potentiel de transmission interhumaine de l'hantavirus, mais il est trop tôt pour affirmer qu'il représente une menace généralisée pour le public. » Il a confirmé que le suivi du navire et des passagers se poursuivra durant les trois prochaines semaines.
Cliniquement, le syndrome pulmonaire à hantavirus débute généralement par des symptômes pseudogrippaux — fièvre, douleurs musculaires, nausées — et peut évoluer vers une insuffisance respiratoire en quelques jours. Selon les données du CDC, la mortalité de la souche Andes oscille entre 15 et 35 % selon la rapidité de la prise en charge intensive. Aucun antiviral n'est homologué ; le traitement repose sur le soutien respiratoire et la gestion des liquides.
Le navire fait actuellement route vers Las Palmas, aux Canaries, où les autorités sanitaires ont annoncé que des protocoles de quarantaine seront appliqués avant l'accostage. Les passagers seront contrôlés par imagerie thermique au débarquement, puis placés sous un programme de suivi symptomatique de 21 jours.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a émis un avis aux agences sanitaires européennes. Il recommande la recherche de contacts pour toute personne ayant été en contact avec des passagers du Hondius dans les vingt derniers jours, et l'inclusion de la sérologie hantavirus dans le bilan des patients présentant des symptômes respiratoires.
L'OMS a souligné que la transmissibilité de la souche Andes reste limitée et que les preuves ne justifient pas d'alerte publique élargie. Cet épisode pourrait toutefois inciter les croisiéristes à réexaminer la façon dont les agents pathogènes respiratoires circulent dans les systèmes de ventilation fermés des grands navires ; les associations sectorielles n'ont pas encore indiqué si elles allaient réviser leurs procédures standard à la lumière de cette épidémie.