Qu'est-ce que la perfusion pulmonaire ex-vivo, et comment elle sauve davantage d'organes de donneurs

La transplantation pulmonaire est considérée comme l'une des formes de greffe d'organe les plus difficiles, en grande partie parce que les poumons peuvent se détériorer très rapidement une fois prélevés sur le corps du donneur. Dans la méthode traditionnelle, un organe est conservé dans une solution froide et doit atteindre le receveur le plus rapidement possible. Mais les dommages qui surviennent au tissu pulmonaire durant cette fenêtre font que de nombreux organes donnés finissent par être jugés impropres à la transplantation.
Une technologie développée ces dernières années commence à changer la donne. Connu sous le nom de perfusion pulmonaire ex-vivo (EVLP), ce système maintient un poumon effectivement « en vie » hors du corps en y faisant circuler un liquide chaud et oxygéné. Cela permet aux médecins d'observer l'organe pendant des heures avant la greffe, de tester sa fonction et, dans certains cas, de le traiter.
NICE, l'organisme indépendant chargé d'évaluer les technologies de santé en Angleterre, a approuvé un usage plus large de ce système en Angleterre et au pays de Galles. L'agence affirme que la technologie pourrait aider à sauver jusqu'à quatre poumons donnés sur cinq actuellement gaspillés car jugés impropres à la transplantation.
Il s'agit d'une avancée particulièrement significative pour l'Angleterre, qui affiche l'un des taux de transplantation pulmonaire les plus faibles au monde. Selon les derniers chiffres de NHS Blood and Transplant, 170 patients — dont six enfants — attendent actuellement un nouveau poumon. Beaucoup de ces patients vivent avec une insuffisance respiratoire chronique qui affecte gravement leur qualité de vie quotidienne en attendant un organe compatible.
Les experts affirment que la technologie EVLP ne se contente pas de rendre plus d'organes utilisables — elle peut aussi améliorer les résultats après la greffe. Tester un organe hors du corps donne aux médecins une image beaucoup plus claire de la fonction réelle du poumon, réduisant le risque qu'un organe compromis soit transplanté par erreur.
Un autre avantage du système est qu'il atténue la pression temporelle. Dans la méthode traditionnelle, les équipes de transplantation devaient agir dans une fenêtre étroite avant que l'organe ne commence à se détériorer. L'EVLP allonge considérablement cette fenêtre, facilitant la planification logistique et réduisant la dépendance à des opérations précipitées en pleine nuit.
La technologie permet également de traiter certains poumons limites pour les rendre aptes à la transplantation. Un poumon présentant de légers signes d'infection, par exemple, peut recevoir des antibiotiques directement pendant qu'il est hors du corps. Cela permet de sauver des organes qui auraient auparavant été jugés inutilisables.
Sur le plan des coûts, si les systèmes EVLP sont coûteux à installer et à faire fonctionner, les économistes de la santé estiment que cette dépense peut être rentabilisée sur le long terme. Rendre plus d'organes utilisables raccourcit les listes d'attente et peut réduire le besoin de soins intensifs prolongés pour les patients, générant potentiellement des économies pour l'ensemble du système de santé.
Les experts notent que la technologie ne se limite pas aux poumons — des systèmes de perfusion similaires sont en cours de développement pour d'autres organes, dont les reins et le foie. Cela s'inscrit dans une transformation plus large du domaine de la transplantation d'organes.
L'approbation de NICE ouvre la voie à une adoption plus systématique de la technologie dans les centres de transplantation à travers l'Angleterre. Les autorités sanitaires espèrent que cette avancée contribuera à réduire le nombre de patients sur liste d'attente dans les années à venir.
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