Santé

Enfant difficile à table : ce qui aide vraiment à le faire manger

BBC Healthil y a 1 h
Un enfant mangeant à table dans une cuisine familiale
Un enfant mangeant à table dans une cuisine familialePhoto: cottonbro studio / Pexels

La scène peut se répéter presque chaque soir à table : le brocoli repoussé sur le bord de l'assiette, une moue devant les épinards, un enfant qui ne veut manger que des pâtes ou du pain. Selon les spécialistes de la nutrition infantile, il s'agit d'une phase extrêmement courante que traversent la plupart des familles, atteignant généralement un pic entre deux et six ans. Les experts parlent de « néophobie alimentaire », une prudence évolutive envers les aliments nouveaux et non familiers qui protégeait probablement autrefois les jeunes enfants de la consommation de quelque chose de nocif. Cette phase est frustrante, mais elle est considérée comme normale sur le plan du développement, et elle s'atténue généralement avec le temps chez la plupart des enfants.

Le point sur lequel les experts s'accordent le plus est que la pression est contre-productive. Forcer un enfant à « prendre encore une bouchée », ou promettre une récompense s'il finit son assiette, peut sembler fonctionner à court terme, mais cela peut en réalité créer une association négative avec cet aliment. Les recommandations d'organismes comme le service de santé britannique (NHS) préconisent plutôt de laisser les enfants explorer la nourriture à leur propre rythme, sans être poussés ni soudoyés pour la manger.

L'une des approches les plus citées parmi les diététiciens pédiatriques est le modèle de la « répartition des responsabilités », popularisé pour la première fois par la diététicienne américaine Ellyn Satter. Selon ce modèle, le parent décide quel aliment est proposé, quand il est proposé et où il est mangé ; l'enfant décide s'il le mange ou non, et en quelle quantité. Confier entièrement cette seconde décision à l'enfant, selon les diététiciens, retire le rapport de force de la table, car il n'y a plus rien à disputer.

C'est la répétition, et non la persuasion, qui fait généralement bouger les choses. Les recherches sur l'acceptation des aliments chez les jeunes enfants ont montré à plusieurs reprises qu'un nouvel aliment peut devoir être proposé huit, dix, voire quinze fois séparément, sans attente qu'il soit mangé, avant qu'un enfant ne l'accepte. Une seule portion de haricots verts refusée n'est pas un verdict ; c'est le premier point d'une série qui peut en compter une douzaine.

Les repas en famille, où tout le monde mange la même chose à la même table, sont également considérés comme plus efficaces que la préparation d'un repas séparé « sur mesure » pour un enfant difficile. Voir les parents et la fratrie manger un aliment sans commentaire, de manière répétée et sans faire d'histoires, est l'un des leviers les plus puissants pour le normaliser : les enfants sont des imitateurs naturels, et l'exemple donné à table agit discrètement en arrière-plan.

Impliquer les enfants dans la préparation des repas, même de façon modeste, est une autre stratégie souvent citée par les diététiciens. Laver des légumes, remuer un bol ou disposer des morceaux de fruits dans une assiette donne à l'enfant un sentiment d'appropriation sur ce qui se retrouve devant lui, et la familiarité acquise par le toucher, l'odeur et la manipulation peut réduire la résistance face à un plat totalement inconnu.

Abaisser la tension émotionnelle à table compte autant que n'importe quelle technique spécifique. Les diététiciens conseillent généralement aux parents d'éviter de négocier, de supplier ou de montrer visiblement leur frustration lorsqu'un aliment est refusé, car les enfants sont très sensibles à l'anxiété parentale liée à la nourriture, et une table tendue peut renforcer le comportement même que l'on cherche à changer.

Une exposition modeste et réalisable aide également : proposer un nouvel aliment aux côtés de deux ou trois aliments déjà appréciés de l'enfant et mangés sans protestation, de sorte que l'assiette ne paraisse jamais totalement inconnue. Certains diététiciens décrivent cela comme le fait d'associer un aliment « sûr » à un aliment « nouveau », laissant à l'enfant la possibilité d'expérimenter sans la pression d'un repas entièrement étranger.

La plupart des épisodes de difficulté alimentaire se résolvent d'eux-mêmes bien avant l'adolescence, et les spécialistes insistent sur le fait qu'un refus occasionnel, des préférences marquées ou une phase temporaire où peu d'aliments sont acceptés ne signalent pas, en soi, un trouble. Une croissance suivie normalement dans le temps par un professionnel de santé est généralement le meilleur signe rassurant qu'un enfant reçoit ce dont il a besoin, même les semaines où les légumes brillent par leur absence.

Les parents sont invités à consulter un professionnel si le régime d'un enfant se restreint à un très petit nombre d'aliments, si une perte de poids ou une croissance insuffisante accompagne cette restriction, ou si les repas s'accompagnent de haut-le-cœur, d'une détresse extrême ou d'un évitement qui dépasse largement la simple difficulté alimentaire : des signes qui, chez certains enfants, peuvent évoquer un trouble évitant/restrictif de la prise alimentaire (ARFID) plutôt qu'une difficulté alimentaire ordinaire. Dans ces cas, un médecin généraliste ou un diététicien diplômé peut évaluer si un accompagnement supplémentaire est nécessaire.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur BBC Health. L'image est une photo d'archive de cottonbro studio sur Pexels.

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