Donnees ONS: les deces lies a l'alcool baissent pour la premiere fois depuis la pandemie au Royaume-Uni

Les deces specifiquement lies a l'alcool au Royaume-Uni ont baisse pour la premiere fois depuis 2019, selon les donnees de l'Office for National Statistics (ONS). Le nombre de deces a recule de 3,5 % sur un an en 2025, a rapporte la BBC, une baisse qui rompt la nette tendance a la hausse installee depuis la pandemie de Covid.
Les chiffres de l'ONS font etat de 9 860 deces specifiquement lies a l'alcool au Royaume-Uni en 2025, contre 10 220 en 2024, soit une baisse de 360. Pour comparaison, le chiffre de 2019, avant la pandemie, etait de 7 560. Le total demeure ainsi superieur de plus de 30 % a son niveau du debut de la pandemie.
La repartition par groupe d'age montre que la baisse est inegale. Les donnees de l'ONS revelent un repli marque chez les 50-64 ans, mais une legere progression chez les plus de 65 ans. Le segment 25-49 ans reste au plus haut niveau enregistre depuis le debut de la pandemie. Ce phenomene a ete qualifie de "preoccupant" aussi bien par les experts de sante publique interroges par la BBC que par le rapport d'analyse de l'ONS.
Les taux les plus eleves de deces specifiquement lies a l'alcool restent, comme ces dernieres annees, en Ecosse et dans le nord de l'Angleterre. A Manchester, Liverpool et Glasgow, les taux pour 100 000 habitants sont superieurs d'environ 50 % a la moyenne nationale. Dans le sud de l'Angleterre, les taux restent a leurs niveaux bas habituels.
Les experts evoquent plusieurs facteurs pour expliquer la baisse. Le professeur Sir Ian Gilmore, qui preside la faculte des addictions du Royal College of Psychiatrists, a declare a la BBC: "Cela traduit une combinaison de la baisse de la consommation chez les jeunes, de la relative stabilisation de l'acces aux services pour les personnes dependantes a l'alcool, et de l'effet des politiques tarifaires."
Le prix unitaire minimum (MUP) en vigueur en Ecosse depuis 2018 ne constitue pas un nouveau levier politique. Mais une analyse publiee cette annee par Public Health Scotland constate que le MUP a reduit en moyenne de 13,5 % par an les hospitalisations liees a l'alcool. Un modele similaire est en vigueur au Pays de Galles depuis 2020.
Les investissements dans les services d'addictologie du NHS peuvent aussi avoir joue un role. Selon NHS England, le nombre de personnes accedant aux services de prise en charge de l'alcool a progresse de 7 % en 2024-2025. Il s'agit de la plus forte hausse annuelle des cinq dernieres annees. Le NHS reconnait toutefois que ces services restent inegalement repartis entre les regions.
Katherine Severi, directrice de l'Alcohol Health Alliance UK, a estime aupres de la BBC que la baisse etait "une avancee bienvenue mais qu'il est trop tot pour se rejouir." Mme Severi rappelle que les habitudes de consommation post-pandemiques ont evolue vers une plus grande part de boissons consommees a la maison et que, pour les personnes a risque de dependance, l'impact a long terme de ce schema reste en jeu.
Le jour de la publication des donnees, le Department of Health and Social Care a annonce une nouvelle campagne de sensibilisation sur la consommation d'alcool, qui sera diffusee durant l'ete. La campagne vise les 16-24 ans et sera relayee sur les reseaux sociaux. Le budget prevu est de 4,2 millions de livres.
Les experts restent prudents sur l'evolution des deces specifiquement lies a l'alcool dans les annees a venir. Le rapport d'analyse de l'ONS souligne que la consolidation de la baisse de 2025 imposera de mener conjointement politique tarifaire, extension des services de traitement et campagnes de prevention. Selon la BBC, ces recommandations figureront dans le prochain rapport annuel du Department of Health.