Une immunothérapie anticancer à triple action efface des tumeurs entières lors d'un essai, rapporte The Guardian

Un essai clinique international montrant qu'une immunothérapie anticancer à triple action peut effacer entièrement les tumeurs chez des patients dont la maladie résistait à la chimiothérapie et à l'immunothérapie a été rapporté par The Guardian. L'essai, mené dans 11 pays, a délivré un traitement combinant trois mécanismes d'activation immunitaire distincts en une seule injection à des patients ayant échoué à au moins deux traitements standard. Les résultats ont été présentés à la réunion annuelle de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) et qualifiés par des spécialistes indépendants de 'taux de réponse sans précédent'.
L'essai a couvert des patients atteints de mélanome avancé, de cancer du poumon et de plusieurs types de sarcome. Les 158 patients inscrits avaient tous déjà refusé ou échoué à au moins deux traitements standard. Selon The Guardian, environ 28 pour cent des patients de l'essai ont présenté une 'réponse complète' — c'est-à-dire des tumeurs disparues à l'imagerie. Le taux typique de réponse complète des thérapies de deuxième et troisième lignes dans cette population se situe en dessous de 8 pour cent.
Le mécanisme triple de l'immunothérapie cible simultanément trois voies immunitaires distinctes: il bloque les inhibiteurs de points de contrôle CTLA-4 et PD-1 tout en activant les cellules dendritiques via un troisième agent. Le co-investigateur principal de l'essai, le Dr Ryan Sullivan, oncologue au Massachusetts General Hospital, a déclaré à la presse 'nous estimons que l'activation simultanée de ces mécanismes fournit aux lymphocytes T qui reconnaissent la tumeur un signal multiple que la thérapie classique de point de contrôle unique ne délivre pas'.
L'importance des résultats de l'essai vient du fait que cette cohorte de patients avait épuisé ses options. Selon l'analyse indépendante reprise par The Guardian, la majorité des patients atteints de mélanome chez qui la thérapie classique de point de contrôle échoue ne répondent pas non plus à la chimiothérapie, avec des médianes de survie typiques mesurées en mois. Dans ce contexte, le groupe de triple thérapie a affiché une médiane de survie sans progression de 8,5 mois, contre 3,2 mois dans le groupe témoin sous traitement standard.
Des réserves importantes sur l'usage futur de la thérapie sont néanmoins apparues. D'après The Guardian, le profil de sécurité de la triple combinaison s'est révélé plus sévère que celui d'une thérapie de point de contrôle unique. Environ 65 pour cent des patients de l'essai ont présenté des événements indésirables d'origine immunitaire de grade 3 ou 4 — touchant en particulier les organes endocriniens. Ce taux est près du double de ce qui s'observe avec la thérapie classique de point de contrôle. Si la thérapie est approuvée, identifier quels groupes de patients peuvent tolérer ce profil de risque sera une question clinique majeure.
Les deux laboratoires pharmaceutiques pilotes de l'essai (BioNTech et Pfizer, qui le conduisent conjointement) ont annoncé que des études de phase 3 ont déjà été lancées ces derniers mois, les données devant être exploitables d'ici la mi-2027. Le Dr Richard Pazdur, directeur du Bureau des maladies oncologiques de la FDA, a déclaré lors de propos à ASCO que l'essai était 'une étape importante, mais nous devons surveiller comment le profil de sécurité se comporte dans une population plus large'.
L'analyse de The Guardian a présenté l'essai comme l'accomplissement attendu d'une 'approche par combinaison' pour le traitement du cancer avancé. Au cours de la dernière décennie, les thérapies de point de contrôle qui ont réussi en oncologie ont produit des réponses authentiques chez environ 20 à 30 pour cent des patients; ce mécanisme triple semble plus que doubler ce taux de réponse.
La Dre Sarah Larson, responsable de l'économie de la santé à l'institut national américain du cancer, a déclaré à The Guardian que le coût de la thérapie n'a pas été finalisé mais devrait dépasser celui des thérapies de point de contrôle (environ 12 000 dollars par mois). Compte tenu de la durée moyenne de traitement de 8 mois de la triple thérapie, le coût par patient est estimé supérieur à 100 000 dollars. Pour les assureurs et les systèmes de santé publics, cela appellera une réévaluation des politiques de prise en charge du cancer avancé.
La professeure Sarah Welsh, scientifique en oncologie au King's College London, a déclaré à The Guardian que l'essai était 'un moment productif mais à interpréter avec prudence'. Welsh a ajouté: 'nous ne traitons pas le patient, nous traitons le système immunitaire — c'est un calcul différent'. Le développement de tests basés sur des biomarqueurs pour identifier les groupes de patients qui bénéficieront du traitement a été désigné priorité de recherche pour les deux prochaines années.
Cet article ne constitue pas un avis médical. Les lecteurs ayant un diagnostic de cancer ou cherchant des options de traitement doivent consulter leur équipe d'oncologie et des centres de recherche clinique. Dans les prochains mois, l'ouverture éventuelle d'un examen accéléré par la FDA sera le signal réglementaire clé déterminant le rôle futur de la triple immunothérapie anticancer. La couverture de The Guardian souligne que groupes de patients et cliniciens continueront à suivre les données à long terme de l'essai lors des prochaines réunions ASCO.