Royaume-Uni : les décès liés à l'alcool baissent pour la première fois depuis le Covid

Les décès directement attribuables à l'alcool au Royaume-Uni ont diminué pour la première fois depuis la pandémie de Covid, selon les chiffres publiés par les offices nationaux de statistiques. Par rapport à 2023, les données les plus récentes montrent une baisse modeste dans l'ensemble des nations britanniques.
Les experts de santé publique parlent d'une « baisse modeste » et appellent à ne pas considérer cet inflexion comme un tournant. Des organisations professionnelles, dont le Royal College of Physicians et l'Alcohol Health Alliance, soulignent que la mortalité reste très au-dessus des niveaux d'avant-pandémie et appellent à renforcer politiques et investissements cliniques.
Les décès avaient augmenté fortement pendant la pandémie, particulièrement chez les hommes et les personnes âgées. Les analyses de santé publique ont relié cette progression à l'évolution des habitudes durant les confinements et le télétravail. En 2022 et 2023, le Royaume-Uni a connu des niveaux record de mortalité spécifiquement liée à l'alcool.
La baisse récente s'explique en grande partie par le recul des maladies hépatiques liées à l'alcool, qui représentent environ deux tiers des décès recensés. Le Pays de Galles et l'Irlande du Nord enregistrent des baisses plus marquées que l'Angleterre. L'Écosse, où un prix minimum par unité existe depuis 2018, observe une amélioration modérée.
Parmi les facteurs cités figurent le prix minimum par unité écossais relevé à 65 pence en 2024, les programmes de dépistage précoce des maladies hépatiques du NHS et la lente évolution des préférences vers des boissons à plus faible teneur en alcool. Le système gallois équivalent a également été associé à des progrès chez les groupes à plus faibles revenus.
Le directeur britannique de l'Alcohol Health Alliance, le professeur Sir Ian Gilmore, a déclaré à la BBC que la baisse était importante mais « nous demeurons très au-dessus de la mortalité d'avant-pandémie ». Il a rappelé que sa coalition demande l'introduction d'un prix minimum par unité en Angleterre.
Ces chiffres surviennent après plusieurs années de débats sur les coupes budgétaires affectant les services de prise en charge de la dépendance à l'alcool du NHS. Le nombre de personnes en traitement a augmenté d'environ 35 % depuis la pandémie sans hausse proportionnelle des financements. Le budget 2025 a finalement intégré des fonds supplémentaires.
Une nuance importante : la définition « décès liés à l'alcool » est restrictive. Le comptage couvre les décès directement provoqués par l'alcool (maladie hépatique liée à l'alcool, intoxication alcoolique, etc.). Les pathologies attribuables (certains cancers, maladies cardiovasculaires, traumatismes) ne sont pas incluses ; la charge globale demeure bien plus élevée.
Le directeur médical national du NHS, le professeur Sir Stephen Powis, a indiqué à la BBC que les programmes de dépistage hépatique précoce ont contribué à la baisse. Il a souligné l'intérêt d'aborder l'alcool de façon active en médecine de premier recours, malgré des disparités régionales notables.
Les experts estiment que les données 2025, à venir, donneront une vision plus complète du reflux post-pandémie. Pour une amélioration durable, il faudra agir conjointement sur les prix, la visibilité des messages et l'accès aux soins. Le gouvernement britannique mène une consultation pour renouveler la stratégie nationale.