Alors que l'épidémie d'Ebola en Afrique centrale s'aggrave, les États-Unis durcissent les restrictions de voyage

Alors que l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a atteint 738 cas au 28 mai, l'administration américaine a publié une annonce de politique imposant des restrictions de voyage et de quarantaine. Selon STAT News, les responsables de la politique sanitaire américaine sous l'administration Trump ont décidé d'établir des centres de quarantaine pour 11 pays africains, dont la RDC et l'Ouganda voisin, afin de prévenir l'entrée du virus Ebola aux États-Unis. La politique crée de nouveaux risques pour les volontaires de la santé dans la zone touchée.
La directrice régionale Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Matshidiso Moeti, a rapporté 202 décès confirmés dans l'épidémie en RDC et un taux de propagation en hausse de 18 pour cent. L'appel d'urgence de 285 millions de dollars de l'OMS était couvert à 42 pour cent au 28 mai ; l'Union européenne a contribué 65 millions d'euros et le Japon 28 millions de dollars. La conférence des donateurs prévue à Genève en septembre prend une importance croissante.
Un porte-parole du département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) a déclaré dans une déclaration écrite à STAT News : 'Le centre de quarantaine établi au Kenya permettra aux citoyens américains à risque d'exposition à Ebola d'être observés pendant 21 jours avant de rentrer aux États-Unis.' HHS a ajouté que le coût de l'installation est prévu à 12 millions de dollars. L'ajout de l'aéroport d'Atlanta comme centre de dépistage d'Ebola porte l'infrastructure de dépistage américaine à cinq aéroports.
Parmi les critiques, l'ancien directeur des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Tom Frieden, a déclaré à STAT News : 'Une politique qui dissuade les volontaires de la santé rend les États-Unis moins sûrs, car contenir l'épidémie à sa source est la base pour prévenir la propagation mondiale d'Ebola.' Frieden a rappelé le rôle américain lors de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014-2016 et a indiqué que les volontaires de la santé sont un pilier de la réponse internationale.
Le chef d'équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) en RDC, Pierre Briand, a déclaré à STAT News lors d'un entretien téléphonique : 'Nous suivons actuellement 247 cas en RDC. Nous pouvons soutenir notre travail grâce aux experts envoyés par les États-Unis et d'autres pays occidentaux. Placer ces experts en quarantaine de 21 jours allongerait considérablement les délais d'intervention.' L'équipe de MSF en RDC peine à poursuivre son travail dans le corridor Bunia-Goma en raison de la présence du groupe armé M23.
Le directeur exécutif d'Africa CDC, Jean Kaseya, a déclaré à STAT News qu'il était surpris par la politique américaine. 'En tant qu'Africa CDC, nous collaborons depuis des années avec les pays occidentaux. La politique de quarantaine peut avoir une justification technique, mais accroître le risque de fermeture de frontières par des pays africains ou un retrait des volontaires pourrait créer d'autres problèmes régionaux', a-t-il dit. Kaseya a ajouté que l'organisation a préparé un paquet supplémentaire de soutien vaccinal et diagnostique d'environ 12 millions de dollars.
Le directeur du comité Règlement sanitaire international (RSI), Mike Ryan, a déclaré dans un commentaire de l'OMS : 'Les pays qui mettent en œuvre des politiques de quarantaine pendant une épidémie d'Ebola doivent adopter des protocoles fondés sur la science pour ne pas dissuader les volontaires de la zone touchée.' Ryan a indiqué que la durée de quarantaine de 21 jours est basée sur la fenêtre d'incubation de 2-21 jours d'Ebola mais couvre des cas à faible risque.
Les responsables de la politique sanitaire américaine ont souligné que la mesure était nécessaire 'pour empêcher l'entrée de risques viraux non contrôlés aux États-Unis.' Le secrétaire à la Santé américain Robert F. Kennedy Jr.'s vice-secretary, Hugh Auchincloss, a déclaré dans une déclaration à STAT News : 'Les mesures actuelles seront appliquées avec une supervision scientifique. Nous ne voulons pas dissuader les volontaires de la santé d'intervenir.' Auchincloss a indiqué que la quarantaine de 21 jours pourrait dans certains cas être réduite à une observation de 14 jours.
Le sénateur américain Bill Cassidy (R-LA) a déclaré dans un commentaire écrit à STAT News : 'Les mesures de l'administration Trump sont des précautions de base pour empêcher Ebola d'entrer aux États-Unis. Je suivrai néanmoins de près si la mise en œuvre dissuade le personnel de santé volontaire.' Le sénateur Cassidy a ajouté que la commission Santé du Sénat discutera d'une proposition de soutien budgétaire supplémentaire pour Ebola.
Cet article est un compte rendu de santé publique et ne doit pas être interprété comme un conseil médical concernant Ebola, la santé en voyage ou la prise de décision médicale personnelle. Consultez un professionnel de santé agréé pour vos décisions médicales.