Le déploiement du pancréas artificiel au NHS réduit les inégalités face au diabète

En Angleterre et au Pays de Galles, le déploiement par le NHS du pancréas artificiel pour les patients atteints de diabète de type 1 enregistre des progrès modestes mais réels dans la réduction des inégalités historiques d'accès. Selon des chiffres consultés par le Guardian, les patients issus de milieux défavorisés ou de minorités ethniques accèdent désormais à ce dispositif à des taux nettement plus égalitaires que pour les technologies précédentes.
Officiellement appelé « système en boucle fermée hybride », le pancréas artificiel se compose de trois éléments connectés : un capteur porté sur le corps qui mesure en continu la glycémie (CGM) ; un algorithme installé soit sur la pompe, soit sur un appareil distinct comme un téléphone, qui calcule la dose précise d'insuline requise ; et une pompe à insuline qui injecte la dose dans le sang. Le système régule automatiquement la glycémie pendant la nuit, sans intervention de l'utilisateur.
En 2024, le NHS s'était engagé sur un plan national : offrir le système à tous les patients diabétiques de type 1 sur cinq ans. À ce jour, environ 35 000 personnes en sont équipées, soit près d'un cinquième de la population cible. Le coeur du papier du Guardian est que le déploiement lui-même a réduit l'écart d'accès.
En Écosse, au Pays de Galles et dans le nord de l'Angleterre, les générations précédentes de pompes à insuline et de capteurs en continu profitaient surtout à des patients de classe moyenne d'origine britannique blanche. Dans les premières années des CGM, les patients d'origine asiatique avaient 45 % de chances en moins de recevoir une pompe que leurs équivalents blancs britanniques. Avec le pancréas artificiel, cet écart a été ramené à 19 %.
Selon le NHS England, trois facteurs expliquent cette réduction. D'abord, comme le pancréas artificiel est financé par un programme national et non par les budgets hospitaliers, il n'y a pas de barrière de coût dans la conversation médecin-patient. Ensuite, des supports pédagogiques sont désormais disponibles en onze langues pour les patients d'origine bangladaise, pakistanaise et indienne. Enfin, le corps des infirmières spécialisées en diabète, qui gère la plupart des orientations, a été renforcé d'environ 200 postes.
Le Dr Parijat De, qui dirige une consultation diabète à Birmingham, a confié au Guardian : « Ce que nous expliquons aux patients, c'est que ce n'est pas une assurance privée, ce n'est pas du privé. Le système est déjà à vous. Cette phrase porte de plus en plus — notamment, le scepticisme à l'égard du dispositif transmis par la génération précédente s'affaiblit. »
Le bénéfice clinique est également notable. Les patients équipés du pancréas artificiel ont vu leur HbA1c (mesure de la glycémie sur trois mois) baisser en moyenne de 14 mmol/mol en six mois. C'est une réduction cliniquement significative, associée à des baisses importantes des complications oculaires, rénales et nerveuses. Les épisodes d'hypoglycémie ont diminué d'environ 60 %.
L'égalité d'accès n'est pas encore complète. Le coût du système chez des fournisseurs privés tourne autour de 8 000 £ ; le NHS paie environ 1 300 £ par an et par patient. Selon les données de la Health Foundation, les patients qui passent par une assurance privée ou ne sont pas suivis par le NHS connaissent encore de longs délais d'attente.
L'accès aux enfants reste un autre domaine d'inégalité. L'âge minimal du système est fixé à sept ans. Sur les six derniers mois, le NHS a ouvert l'accès à environ 1 200 enfants âgés de 4 à 7 ans via son Paediatric Diabetes Network. Mais le nombre de spécialistes pédiatriques n'a pas suivi le même rythme que les cliniciens adultes ; les délais sont particulièrement longs à Birmingham, Bradford et Glasgow.
Le plan de suivi à long terme prévoit la publication de données tous les six mois jusqu'en 2030 pour évaluer si le déploiement produit des gains d'égalité durables. « Nous sommes passés de la rhétorique de l'accès égalitaire aux données de l'accès égalitaire », a déclaré le professeur Partha Kar, conseiller national en diabète du NHS England. « Ce sera la vraie mesure de la réussite de ce plan quinquennal. »