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Histoire

« Straight Flush » à Toronto : la salle de poker que James Turrell a réinventée en lumière

Atlas Obscurail y a 1 j
Salle d'exposition baignée d'une lumière colorée abstraite
Photo: RDNE Stock project / Pexels

Le quartier de Yorkville, à Toronto, conserve l'un des paysages urbains les mieux préservés des villas victoriennes de la fin du XIXᵉ siècle. Derrière la façade de brique rouge d'une maison particulière se trouve une installation inhabituelle au sous-sol, signée de l'artiste américain James Turrell. L'œuvre s'intitule « Straight Flush ».

Elle a été commandée en 2011 par une collectionneuse canadienne. À la place d'une ancienne salle de poker, elle accueille désormais un exemple complet, à petite échelle, d'une installation Turrell de la série « Ganzfeld », ces espaces immersifs saturés de lumière qui marquent la pratique de l'artiste depuis le début des années 1970.

Les œuvres Ganzfeld privent le spectateur de sa perception ordinaire de la profondeur en l'entourant d'un champ uniforme de couleur. Turrell a commencé à développer la série à Pasadena dans les années 1970. Selon lui, ces œuvres conduisent le spectateur à comprendre que « la lumière est un objet et l'espace n'est pas une toile vide ».

La pièce torontoise mesure environ 25 mètres carrés. Les visiteurs entrent pieds nus, s'assoient sur un banc bas à l'entrée et regardent vers un angle de la pièce. Dans les premières minutes, une teinte verte uniforme se maintient ; puis la couleur passe au bleu, au violet et à un rouge rosé. La séance complète dure 22 minutes.

La collectionneuse a confié à Atlas Obscura : « J'ai passé près de trois ans rien qu'à préparer le sous-sol. Les mesures ont été prises à l'atelier de Turrell ; la fabrication a été préparée en Arizona. » L'installation est considérée comme l'un des produits dérivés du projet Roden Crater, que l'artiste poursuit depuis des décennies.

L'article d'Atlas Obscura note que le système de tableau employé ici reprend celui de l'atelier de Pasadena. La source lumineuse principale n'est pas la LED : l'artiste privilégie encore les fluorescentes à équilibre tungstène. Les transitions de couleur sont pilotées depuis un boîtier de variation à distance.

La collectionneuse ouvre la salle au public 12 dates par an, gratuitement. Chaque session n'accueille que 18 visiteurs et la liste annuelle de réservation se remplit en règle générale le jour même de son ouverture. La plupart des visiteurs en ressortent partagés entre « la stupéfaction et l'incapacité à raconter ce qu'ils viennent de voir », explique la collectionneuse.

La plupart des installations nord-américaines de Turrell sont accessibles via des musées : le skyspace de la Live Oak Friends Meeting House à Houston, le projet de longue date Roden Crater au Nouveau-Mexique, ou encore « Aten Reign » au Guggenheim de New York. L'installation torontoise se distingue par son insertion dans une résidence privée.

La maison elle-même est un témoignage de l'architecture de Yorkville. Construite dans les années 1880, elle a été classée bâtiment patrimonial en 1968. Les modifications intérieures nécessaires à l'intégration de l'œuvre ont été approuvées par la Toronto Preservation Board.

Atlas Obscura rattache la démarche de Turrell à deux traditions historiques : celle des observatoires du Sud-Ouest américain, où l'artiste passe encore une grande partie de son temps, et celle du traitement de la lumière dans les intérieurs religieux italiens de la Renaissance. Les réservations pour la saison 2026 ouvrent le 1ᵉʳ septembre via un formulaire sur le site de la collectionneuse.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Atlas Obscura. L'image est une photo d'archive de RDNE Stock project sur Pexels.