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Que se passe-t-il si votre fournisseur de stockage cloud disparaît avec vos données ?

Ars Technicail y a 55 min
Des baies de serveurs dans une installation d'archivage en centre de données
Des baies de serveurs dans une installation d'archivage en centre de donnéesPhoto: Brett Sayles / Pexels

Imaginez les archives vidéo accumulées pendant des décennies par une chaîne de télévision publique : documentaires, images d'actualités, programmes d'importance culturelle. Imaginez maintenant que 50 téraoctets de ces archives deviennent inaccessibles du jour au lendemain — non pas à cause d'une attaque malveillante, mais parce que la communication avec l'entreprise hébergeant les données s'est tout simplement interrompue.

Ce scénario se déroule actuellement pour de vrai dans une station de télévision publique américaine. La station avait stocké une part importante de ses archives sur l'infrastructure du géant du stockage et des services cloud Iron Mountain. Récemment, la communication avec l'entreprise s'est totalement rompue, laissant la station incapable d'accéder à ses propres données.

« Nous n'avons pas accès aux données sur le matériel ou les serveurs », ont déclaré des responsables de la station, ne cachant pas leur frustration en décrivant la situation. Le problème n'est pas un simple accroc technique ; c'est une vulnérabilité structurelle qui montre à quel point l'institution est devenue dépendante d'un tiers sur lequel elle n'a désormais plus aucun levier.

Cette affaire soulève une question plus large à laquelle un nombre croissant d'institutions sont confrontées : que se passe-t-il si un fournisseur de stockage cloud cesse ses activités, coupe toute communication ou fait faillite ? Les données existent peut-être encore techniquement quelque part, mais les clés pour y accéder peuvent devenir hors de portée.

Selon les experts, la cause profonde de ce type de scénario est souvent simple : les institutions laissent leurs données dépendre d'un seul fournisseur, ou d'une seule copie. La « règle de sauvegarde 3-2-1 », norme reconnue du secteur — trois copies des données, sur deux supports différents, avec une copie conservée dans un lieu physiquement distinct — existe précisément pour éviter ce genre de situation.

Mais appliquer cette règle peut s'avérer coûteux, en particulier pour des organisations aux budgets contraints comme les institutions publiques et les chaînes à but non lucratif. Sauvegarder de vastes archives auprès de plusieurs fournisseurs implique des coûts de stockage supplémentaires et une complexité technique accrue — ce qui pousse de nombreuses organisations à accepter le risque de dépendre d'un seul fournisseur.

Les experts notent également que les contrats cloud n'abordent souvent pas suffisamment ce risque. Les clauses précisant combien de temps les clients disposent pour récupérer leurs données en cas d'arrêt de service, ou dans quelles conditions l'accès est garanti, restent fréquemment vagues ou insuffisantes dans ces accords.

À mesure que ce type d'incident se multiplie, les spécialistes de l'archivage numérique proposent quelques recommandations concrètes aux institutions : conserver au moins une copie des données sur une infrastructure directement contrôlée par l'institution, exiger des clauses explicites de récupération des données dans les contrats des fournisseurs, et effectuer des tests d'accès réguliers pour confirmer que les données peuvent réellement être récupérées.

Cette affaire pointe aussi vers un enjeu plus large de fragilité numérique : les contenus à valeur culturelle et historique sont de plus en plus stockés numériquement, mais les garanties institutionnelles et techniques nécessaires à leur protection à long terme ne suivent pas toujours le même rythme.

En définitive, cet épisode rappelle que la commodité du stockage cloud a un prix : faire passer des données d'une étagère physique à un serveur n'élimine pas le risque de les perdre — cela ne fait que le rendre invisible.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Ars Technica. L'image est une photo d'archive de Brett Sayles sur Pexels.

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