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Anthropic et OpenAI portent leur différend sur la régulation de l'IA jusqu'aux élections américaines de mi-mandat

The Vergeil y a 5 h
Dôme du Capitole de Washington au crépuscule
Photo: Jimmy Padilla / Pexels

Les deux grandes entreprises d'IA Anthropic et OpenAI ont porté leur désaccord sur le degré de rigueur de la régulation fédérale de l'IA dans l'arène politique. Selon le compte rendu détaillé de The Verge, les deux entreprises ont créé leurs propres super-PAC (comités de soutien politique) en vue des élections américaines de mi-mandat de novembre 2026 et ont commencé à verser des dons à différents candidats au Sénat et à l'Assemblée. La première scène concrète où les deux entreprises se sont retrouvées face à face est une sous-circonscription de l'Assemblée de l'État de New York, la 73e.

Dans la course de la 73e circonscription, le super-PAC d'Anthropic, AI Safety Forward, a versé 750 000 dollars au candidat du Parti démocrate Alex Bores. Bores est l'auteur d'un projet de loi au niveau de l'État appelé 'New York AI Liability and Safety Act' qui rendrait les entreprises responsables des dommages causés par les systèmes d'IA. Au niveau fédéral également, Bores développe un discours en faveur de standards de sécurité de l'IA mis en œuvre par le bureau de l'AI Director de la Maison-Blanche. Le don d'Anthropic a procuré à Bores un accès de financement de premier rang dans la course de décembre 2026.

De l'autre côté, le super-PAC d'OpenAI, America's AI Leadership, a fait un don de 400 000 dollars à la campagne du candidat républicain Jonah Klein, qui affronte le candidat démocrate Bores dans la même circonscription. Klein affirme que la régulation fédérale de l'IA 'ralentirait l'innovation' et ferait reculer les États-Unis dans leur compétition technologique avec la Chine. L'approche d'OpenAI consiste à privilégier 'l'auto-régulation du secteur' plutôt que la régulation fédérale.

Le différend entre les deux entreprises tient à la philosophie de la régulation de l'IA. Anthropic, dont les fondateurs travaillaient auparavant chez OpenAI, dispose d'un parcours académique en sécurité de l'IA par la méthode 'Constitutional AI' ; l'entreprise soutient le projet de loi fédéral 'Responsible AI Development Act'. Ce projet rendrait obligatoire un examen fédéral de sécurité pour toute entreprise réalisant un investissement en IA supérieur à 10 milliards de dollars. OpenAI, qui poursuit le discours de Sam Altman selon lequel 'la régulation excessive est dangereuse', n'est prête à coopérer que dans le cadre de 'voluntary commitments' (engagements volontaires).

Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, lors de son audition devant une commission de contrôle du Sénat à Washington début mai 2026, a déclaré : 'sans standards fédéraux de sécurité de l'IA, la course actuelle à l'IA risque de devenir hors de contrôle. L'État doit réguler cette course.' Le PDG d'OpenAI, Sam Altman, devant la même commission, a déclaré : 'nous soutenons la régulation fédérale, mais dans une structure adaptée à la taille des entreprises. Il ne doit pas y avoir de charge excessive sur les petites startups.' Le discours d'Altman comprend aussi l'appel d'OpenAI à protéger l'écosystème des petites startups d'IA -- mais les critiques rappellent que ce qu'OpenAI qualifie de 'petite startup' a un seuil supérieur à 1 milliard de dollars.

En dehors d'Anthropic et d'OpenAI, d'autres grandes entreprises technologiques sont aussi engagées dans la création de super-PAC. Le PAC de Microsoft, 'America's Technology Leadership', soutient l'approche d'OpenAI (Microsoft est un investisseur majeur d'OpenAI) et fait campagne contre la régulation fédérale, en opposition avec Anthropic. Le PAC de Google, 'Innovation Forward', verse des dons aux deux côtés et privilégie l'approche selon laquelle 'il y a des choses à apprendre des deux visions'. C'est cohérent avec la position neutre de Google dans le débat fédéral de 2024 sur l'AI Director.

L'élection de la 73e circonscription new-yorkaise a une importance symbolique. La circonscription se trouve dans l'ouest de Manhattan, à New York City ; elle abrite de nombreuses startups d'IA et fintech, des universitaires et des organisations de la société civile. L'issue entre Bores et Klein indiquera quel discours rallie le soutien des électeurs sur la régulation de l'IA. Dans un sondage mené début mai 2026 par le Public Policy Institute of New York, 58 % des électeurs de la circonscription soutenaient les standards fédéraux de sécurité de l'IA, 29 % s'y opposaient et 13 % disaient 'sans opinion'.

Au niveau fédéral américain, le Joint Standing Committee on AI prévoit de soumettre un projet de loi de régulation de l'IA au Congrès en septembre 2026. Le contenu de ce projet doit trouver une solution d'équilibre entre les positions d'Anthropic et d'OpenAI. Le président du comité, le sénateur démocrate Ron Wyden (Oregon), a déclaré : 'les deux entreprises d'IA croient en leur propre vision, mais la politique fédérale doit donner la priorité à la sécurité publique.' Le commentaire de Wyden indique aussi que la Maison-Blanche fédérale suit la question de près.

Du côté de l'opinion publique, le financement de super-PAC politiques par des entreprises d'IA est un sujet controversé. Des organisations de la société civile (Public Citizen, Common Cause, Electronic Frontier Foundation) ont critiqué ces super-PAC comme 'une tentative du secteur d'acheter de l'influence politique'. Les positions officielles d'Anthropic et d'OpenAI consistent à dire qu'elles 'donnent avec transparence' -- les données de la Federal Election Commission américaine sont accessibles au public, et le montant que chaque entreprise verse à chaque candidat est publié dans des rapports annuels.

Les élections de novembre 2026 pourraient marquer un tournant pour la régulation de l'IA. Si le Parti démocrate renforce sa majorité au Sénat et avance vers l'adoption d'une loi fédérale de régulation de l'IA, la position d'Anthropic en sortira politiquement renforcée ; si le Parti républicain prend le dessus, le discours de 'régulation légère' d'OpenAI gagnera un soutien politique. Cet article relève d'une analyse sectorielle et d'un reporting financier ; il ne donne pas de conseil de soutien politique individuel ni d'avis électoral. L'effet des dons de super-PAC sur la décision des électeurs fait l'objet de recherches académiques dans plusieurs universités.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur The Verge. L'image est une photo d'archive de Jimmy Padilla sur Pexels.
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