La Cour pénale internationale suspend son procureur principal après une enquête sur des allégations d'inconduite
La Cour pénale internationale (CPI) a suspendu son procureur en chef Karim Khan à l'issue d'une enquête sur des allégations professionnelles et personnelles d'inconduite remontant à plusieurs années. En son absence, Helal Asgari assurera par intérim le rôle de procureur en chef. La décision pourrait affecter le calendrier des poursuites de la Cour dans les dossiers Israël-Palestine.

Le Conseil de direction de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé, lors d'une session à La Haye et dans un communiqué présentant les conclusions d'une enquête indépendante de plus de deux ans, que le procureur en chef Karim Khan avait été suspendu à titre intérimaire. L'enquête couvrait plusieurs allégations concernant la conduite professionnelle de Khan et ses relations sur le lieu de travail. Khan a rejeté les accusations et indiqué qu'il contesterait la décision devant la justice.
La présidente de la Cour, Tomoko Akane, a annoncé que l'ancienne procureure adjointe philippine Helal Asgari assumerait par intérim le rôle de procureure en chef. Parmi les dossiers maintenus sous Asgari figurent les mandats d'arrêt ouverts contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. La décision pourrait retarder d'au moins six mois le calendrier des poursuites Israël-Palestine.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, a estimé que la décision était « nécessaire pour préserver l'indépendance de la Cour ». Le ministère des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne a demandé que les procédures dans ces dossiers se poursuivent durant le mandat d'Asgari. Le ministre israélien de la Justice, Yariv Levin, a déclaré que la décision « met en évidence les problèmes de légitimité de la Cour ». La Cour devrait lancer en novembre un nouveau processus de sélection du procureur en chef.
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