La NASA désigne l'équipage d'Artemis III et fixe un calendrier de vol ambitieux

La NASA a officiellement annoncé l'équipage de la mission lunaire habitée Artemis III. Selon Ars Technica, le calendrier a glissé en chemin, mais l'objectif déclaré de l'agence reste de poser des humains sur la surface lunaire pour la première fois depuis plus de 50 ans.
L'équipage comprendra quatre astronautes et un remplaçant. Lors de la conférence de presse où les noms ont été dévoilés, la NASA a précisé que les astronautes retenus viennent de disciplines variées et que l'équipage rassemble « les compétences scientifiques, d'ingénierie et opérationnelles qu'exige une mission lunaire moderne ». La liste comprend une femme commandant de mission.
L'architecture de la mission est complexe. La capsule Orion emmènera quatre astronautes en orbite lunaire. En orbite, deux d'entre eux passeront à bord de l'atterrisseur Starship Human Landing System (HLS) développé par SpaceX, tandis que les deux autres resteront dans Orion. Le binôme à la surface passera environ six jours et demi près du pôle sud lunaire.
Le point ouvert le plus critique reste les tests de l'atterrisseur. Ars Technica écrit que les transferts orbitaux d'ergols pour Starship HLS ont été partiellement réussis lors des derniers vols, mais qu'un vol habité complet exige encore « un dernier tour de calibration ». La NASA et SpaceX tiennent un calendrier serré.
L'entraînement de l'équipage démarre avec un programme intensif s'étendant sur plusieurs années. Les astronautes suivront des entraînements en simulateur au Johnson Space Center de Houston, des travaux de géologie analogue à Hawaï et en Arizona, et des essais de combinaisons EVA à Cocoa Beach. La nouvelle combinaison fabriquée par Axiom Space est considérée comme le plus gros investissement EVA depuis sept ans.
Sur les fenêtres de tir, la NASA vise fin 2027 comme date cible, tout en signalant à des observateurs indépendants la possibilité d'un report à mi-2028. Le Space Launch System (SLS), la plus grosse fusée d'emport lourd depuis la Saturn V de l'ère Apollo, en sera à son quatrième vol pour la mission.
Les partenaires internationaux joueront un rôle important. L'Agence spatiale européenne (ESA) fournit le module de service d'Orion ; l'agence spatiale japonaise (JAXA) développe un rover lunaire pressurisé ; l'Agence spatiale canadienne (CSA) construit des éléments de bras robotique pour la station Gateway. Le programme Artemis repose sur une large coalition internationale conduite par les États-Unis.
Sur les coûts, Artemis suit une trajectoire d'investissement de 93 milliards de dollars. Dans les débats du Congrès américain, l'argument scientifique et stratégique reste central ; mais les contraintes budgétaires, les priorités alternatives et les programmes privés concurrents, dont l'effort lunaire chinois, pèsent aussi sur le calendrier.
Les objectifs scientifiques sont étendus. L'équipage collectera des échantillons à proximité de cratères en obscurité permanente, connus pour abriter de la glace d'eau. Ces échantillons ont une valeur stratégique pour l'évaluation des ressources en vue de futures missions habitées vers Mars.
Ars Technica écrit que le programme se concentre « davantage sur la sécurité de l'équipage que sur une date d'atterrissage ». Le succès de la plus grosse mission habitée de la NASA depuis Apollo dépendra à la fois de l'ingénierie et de la continuité politique. Les lancements d'essai des 12 prochains mois diront si le calendrier est réaliste.
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