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Apple veut que l'Europe cligne des yeux sur le Digital Markets Act

The Vergeil y a 2 h
Un immeuble de bureaux dans le quartier européen de Bruxelles au crépuscule
Un immeuble de bureaux dans le quartier européen de Bruxelles au crépusculePhoto: Lexi Lauwers / Pexels

Apple a engagé un nouveau cycle de négociations avec Bruxelles sur le Digital Markets Act (DMA) de l'Union européenne, le règlement applicable aux plateformes de type gatekeeper. Selon The Verge, l'entreprise lie le déploiement de Siri AI, dévoilé lors de la Worldwide Developers Conference, à l'incertitude entourant l'interprétation de la conformité au DMA.

Le discours d'Apple repose sur deux piliers. D'un côté, la conformité au DMA peut imposer de proposer les nouvelles fonctions en Europe via des architectures différentes ; de l'autre, des interprétations « particulièrement restrictives » pourraient retarder ou empêcher la disponibilité de certaines fonctions dans l'UE.

The Verge précise qu'Apple s'inquiète surtout de l'intégration de Siri AI à l'expérience iPhone. Le DMA limite la capacité des gatekeepers à accorder un accès préférentiel à leurs propres produits, mais ce que recouvre « accès préférentiel » dans le contexte de Siri AI reste flou. La question de savoir si un assistant qui accède au texte, à l'image et aux données d'applications doit ouvrir les mêmes API à des tiers fait toujours débat.

Dans une déclaration écrite à The Verge, Apple affirme qu'il est « inacceptable » que les utilisateurs européens se retrouvent les derniers au monde à recevoir les nouvelles fonctions. L'entreprise dit rester en dialogue avec l'UE, mais juge que le cadre du DMA doit devenir plus « praticable ».

La Commission européenne est mal à l'aise avec ce cadrage. Ses responsables rappellent que le DMA vise à renforcer la concurrence et le choix des consommateurs, et que si certaines fonctions ne sortent pas en Europe, la cause se trouve dans les choix stratégiques d'Apple, et non dans la loi. Selon The Verge, la Commission se dit ouverte à des groupes de travail techniques avec Apple.

Apple a déjà utilisé ce levier par le passé, notamment en liant des retards sur le sideloading dans iPadOS au DMA. Cette nouvelle séquence est lue comme une nouvelle tentative d'équilibre entre « conformité précoce » et « assouplissement du DMA ».

L'impact pour les utilisateurs est concret. Selon The Verge, le déploiement de Siri AI dans les grands marchés comme l'Allemagne, la France, l'Espagne et l'Italie pourrait accuser au moins six mois de retard par rapport aux États-Unis et au Royaume-Uni. Pour les utilisateurs européens d'iPhone, cela revient à payer le même prix pour l'expérience iOS dopée à l'IA tout en en recevant moins.

L'impact pour les développeurs est plus complexe. Pour les développeurs d'assistants tiers, si le DMA force Apple à ouvrir les API de Siri AI, l'écosystème pourrait gagner un nouveau terrain de concurrence, c'est-à-dire un accès plus direct aux utilisateurs iPhone pour OpenAI, Anthropic, Google et des fournisseurs locaux spécialisés.

La réaction des marchés est mesurée. L'action Apple a subi une pression de court terme après la nouvelle puis s'est reprise dans la journée. Les investisseurs considèrent le différend européen comme « chronique mais gérable » ; le principal risque tient à un effet en cascade d'un retard européen sur la feuille de route mondiale du produit.

The Verge écrit que la Commission prévoit de boucler son examen de la documentation de conformité d'Apple au DMA d'ici la fin de l'été. Le résultat constituera un précédent à la fois sur la manière dont Siri AI sera lancé en Europe et sur la façon dont l'UE gère les gatekeepers de manière plus large. Ceci ne constitue pas un avis d'investissement.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur The Verge. L'image est une photo d'archive de Lexi Lauwers sur Pexels.

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