La Chine remplace le pétrole du Moyen-Orient par le charbon du Xinjiang — quel impact mondial ?
La Chine accélère des projets de conversion de ses immenses réserves de charbon du Xinjiang en carburants liquides, pour se protéger des perturbations pétrolières liées au détroit d'Ormuz. Une démarche qui renforce l'indépendance énergétique mais ravive le débat climatique.

La Chine a fortement développé les projets de conversion du charbon en liquides (CTL) au Xinjiang, transformant d'immenses réserves de charbon en carburants liquides. Pékin a annoncé un objectif de production équivalant à 1,2 million de barils par jour de carburants synthétiques d'ici fin 2026, près du double du niveau de 2019.
Le moteur de cette stratégie réside dans les perturbations récentes des pétroliers traversant le détroit d'Ormuz. La Chine importe environ 40 % de son pétrole annuel du Golfe, une part désormais perçue comme une vulnérabilité stratégique. Les nouvelles installations comprennent un grand complexe pétrochimique transformant le charbon du bassin d'Ordos en kérosène synthétique.
La production de carburants à partir de charbon émet environ 2,5 fois plus de carbone que le raffinage pétrolier classique. Cela complique l'engagement chinois de neutralité carbone à l'horizon 2060. Les analystes internationaux estiment que Pékin pourrait assouplir ses objectifs climatiques au nom de la sécurité, tandis que la reprise de la demande chinoise de charbon pourrait modifier les équilibres mondiaux du pétrole.
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