Santé

Oxevision : preuves jugées insuffisantes par des experts de l'enquête Lampard

BBC Healthil y a 2 h
Une caméra de surveillance sans contact installée dans un service hospitalier.
Une caméra de surveillance sans contact installée dans un service hospitalier.Photo: Sals / Pexels

Des experts entendus par la Lampard Inquiry, chargée d'examiner les décès et les défaillances dans les soins psychiatriques hospitaliers du NHS, ont déclaré qu'il manquait des preuves solides démontrant qu'Oxevision, une technologie de surveillance sans contact désormais utilisée dans des dizaines de services psychiatriques du NHS, améliore réellement la sécurité des patients. Les témoignages soulignent que, malgré un déploiement massif à travers l'Angleterre depuis plusieurs années, les recherches indépendantes et rigoureuses confirmant son efficacité restent limitées.

Oxevision est un système de surveillance sans contact mis au point par l'entreprise britannique de technologie médicale Oxehealth. Il utilise des caméras infrarouges installées dans les chambres des patients pour permettre au personnel de vérifier à distance, depuis un écran, le pouls, la fréquence respiratoire et les mouvements d'un patient, sans avoir à entrer physiquement dans la pièce. La technologie est présentée comme un moyen de réduire les contrôles physiques nocturnes de routine, susceptibles de perturber le sommeil des patients, tout en aidant le personnel à détecter plus rapidement les signes de détresse.

Le système a été largement adopté par les établissements psychiatriques du NHS au cours de la dernière décennie, avec l'idée qu'il pourrait contribuer à prévenir des incidents tels que les chutes ou les gestes d'automutilation dans les services. L'entreprise et certains cliniciens font valoir qu'Oxevision peut réduire le recours aux pratiques restrictives — contenir physiquement un patient ou le déranger fréquemment pour le surveiller. Mais les experts entendus par l'enquête ont souligné que nombre de ces affirmations reposent en grande partie sur des données produites par l'entreprise elle-même, plutôt que sur des études indépendantes évaluées par des pairs.

Des témoins ont indiqué à l'enquête qu'une large part des recherches existantes est de nature observationnelle et que les essais contrôlés randomisés, seuls capables de démontrer un effet clair sur les résultats cliniques, font défaut. Cet écart, ont-ils expliqué, soulève une question plus large : quel niveau de preuve devrait être exigé d'une nouvelle technologie avant son déploiement à grande échelle dans un environnement clinique aussi sensible que les services psychiatriques accueillant des patients en crise aiguë.

La Lampard Inquiry, présidée par la baronne Kate Lampard, est une enquête indépendante consacrée aux décès et aux manquements dans les soins survenus au sein des unités psychiatriques hospitalières du NHS dans l'Essex sur plusieurs années. Elle a recueilli les témoignages de cliniciens, de familles endeuillées et d'experts en technologie afin de dresser un tableau plus complet des problèmes systémiques dans les soins psychiatriques hospitaliers.

Au cœur du débat se trouve l'équilibre entre surveillance technologique et observation humaine. Certaines associations de défense des patients et organisations de santé mentale ont averti que la surveillance à distance via des écrans risque de se substituer à la relation thérapeutique en face-à-face entre le personnel et les patients, ce qui pourrait affaiblir la qualité des soins. Des inquiétudes relatives à la vie privée ont également été soulevées à plusieurs reprises au sujet des systèmes à base de caméras dans les services psychiatriques.

Les établissements du NHS qui utilisent cette technologie la défendent, estimant qu'elle offre une couche de sécurité supplémentaire pendant les gardes de nuit, lorsque les effectifs sont réduits, et qu'elle limite les dérangements inutiles pour les patients. Certains responsables affirment qu'Oxevision n'est pas utilisé comme une solution autonome, mais comme un outil venant compléter, et non remplacer, l'observation humaine assurée par le personnel soignant.

Oxehealth a par le passé indiqué travailler avec des partenaires cliniques pour étoffer la base de preuves relative à la sécurité et à l'efficacité du système. L'entreprise affirme que la technologie a pour vocation de soutenir, et non de remplacer, l'observation humaine des patients.

Les conclusions de l'enquête pourraient conduire à un examen plus large, portant non seulement sur Oxevision, mais aussi sur la manière dont le NHS achète et déploie les technologies cliniques de façon plus générale. Les experts entendus plaident pour des normes de preuve plus claires concernant les nouvelles technologies déployées dans des environnements cliniques sensibles, avant qu'elles ne s'intègrent à la pratique courante.

Les travaux de la Lampard Inquiry se poursuivent, un rapport final étant attendu dans les prochains mois. En attendant, le débat autour d'Oxevision est devenu emblématique d'une question plus vaste sur la place de la technologie dans les soins psychiatriques hospitaliers — un domaine où, selon les témoignages recueillis jusqu'ici, le rythme de l'adoption a devancé celui de la preuve.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur BBC Health. L'image est une photo d'archive de Sals sur Pexels.

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