Santé

Manque de sommeil et prise de poids : pourquoi 80 minutes comptent

Science Daily Healthil y a 2 h
Un réveil sur une table de chevet dans une lumière tamisée du petit matin
Un réveil sur une table de chevet dans une lumière tamisée du petit matinPhoto: Suhas Hanjar / Pexels

Cela semble anodin : se coucher environ une heure vingt plus tard que d'habitude, ou se réveiller autant plus tôt, nuit après nuit. Mais une nouvelle étude suggère que même ce niveau modeste et quotidien de manque de sommeil suffit à déclencher une prise de poids mesurable et une baisse de l'activité physique en quelques semaines, ajoutant aux preuves croissantes que la privation chronique et légère de sommeil a un véritable coût métabolique.

Les chercheurs ont suivi des participants sur une période de six semaines, réduisant leur sommeil nocturne de 80 minutes en moyenne par rapport à leur routine habituelle, une coupe bien plus modeste que les déficits de sommeil de plusieurs heures étudiés dans des recherches antérieures et plus extrêmes sur la restriction du sommeil. L'objectif, selon les auteurs de l'étude, était précisément de tester un niveau de manque de sommeil suffisamment réaliste pour refléter ce que vivent déjà de nombreux adultes actifs, que ce soit à cause de longs trajets, de tâches de soins, de l'utilisation d'écrans avant le coucher ou simplement d'emplois du temps exigeants.

À la fin des six semaines, les participants ayant perdu ces 80 minutes de sommeil nocturne avaient pris du poids et passé nettement plus de temps inactifs pendant la journée, comparés à ceux ayant conservé leur rythme de sommeil habituel. Selon les chercheurs, ce schéma pointe vers un mécanisme à deux volets : le manque de sommeil semble perturber les hormones régulant l'appétit, poussant les gens à manger davantage, tout en épuisant simultanément l'énergie et la motivation nécessaires pour rester physiquement actif.

L'effet sur l'appétit trouve un certain ancrage dans la recherche existante. Il a déjà été démontré que la privation de sommeil réduit les niveaux de leptine, l'hormone signalant la satiété, tout en augmentant la ghréline, qui stimule la faim, une combinaison susceptible de pousser les gens à manger plus qu'ils ne le feraient autrement, en particulier des aliments riches en sucre et en glucides raffinés. À cela s'ajoute le fait que les corps fatigués ont tendance à économiser leur énergie en bougeant moins, un schéma que les chercheurs ont directement observé dans les données de suivi de l'activité de cette étude.

Ce qui rend ces résultats notables, c'est la modestie de l'intervention. Les recherches antérieures sur le sommeil s'appuyaient souvent sur une restriction extrême, réduisant les participants à quatre ou cinq heures par nuit, des conditions rarement soutenues par des personnes en dehors du travail posté ou d'un stress aigu. Une réduction de 80 minutes, en revanche, se situe bien dans la fourchette que beaucoup de gens connaissent couramment sans nécessairement se reconnaître comme privés de sommeil, ce qui explique précisément pourquoi les chercheurs jugent les effets métaboliques préoccupants.

Les auteurs de l'étude préviennent que six semaines constituent une fenêtre relativement courte, et que les changements de poids observés, bien que statistiquement significatifs, restaient modestes en termes absolus. Ils avancent néanmoins que la trajectoire compte : si un déficit de sommeil léger et chronique produit une prise de poids mesurable en six semaines, l'effet cumulé sur des mois ou des années de sommeil réduit de façon similaire pourrait se traduire par un risque nettement plus élevé d'obésité, de diabète de type 2 et de maladie cardiovasculaire, des affections déjà fortement liées à un sommeil de mauvaise qualité dans des études de population à plus long terme.

Des chercheurs du sommeil non impliqués dans l'étude ont noté que ces résultats s'inscrivent dans un schéma plus large documenté au cours des deux dernières décennies : le sommeil, autrefois considéré comme une activité purement réparatrice déconnectée de la santé métabolique, est désormais compris comme un pilier central de la régulation du poids, aux côtés de l'alimentation et de l'exercice. Les recommandations de santé publique ont été plus lentes à s'adapter, mettant souvent l'accent sur les choix alimentaires et l'activité physique tout en traitant la durée du sommeil comme un facteur de mode de vie secondaire.

Les chercheurs à l'origine de la nouvelle étude affirment que leur prochaine étape consistera à examiner si les changements de poids et d'activité s'inversent une fois la durée de sommeil normale rétablie, et à quelle vitesse. Cette question a une importance pratique, car de nombreuses personnes alternent entre des périodes de sommeil réduit, que ce soit en raison d'exigences professionnelles saisonnières, de circonstances familiales ou de voyages, plutôt que de subir un déficit unique et soutenu.

Pour l'instant, la conclusion pratique que soulignent les chercheurs est simple, même si elle n'est pas toujours facile à appliquer : protéger même une heure de sommeil supplémentaire par nuit pourrait faire plus pour la gestion du poids que ne le pensent beaucoup de gens, et l'absence d'un déficit de sommeil évident et extrême ne signifie pas que le manque de sommeil est sans coût métabolique.

Cette étude vient s'ajouter à un nombre croissant de recherches appelant à réévaluer l'importance d'un manque de sommeil même léger et quotidien, à une époque où l'utilisation d'écrans tard le soir, les longues heures de travail et les horaires irréguliers ont rendu de plus en plus rare une nuit de sommeil complète pour une grande partie de la population adulte.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur Science Daily Health. L'image est une photo d'archive de Suhas Hanjar sur Pexels.

À lire ensuite

Une aire de jeux vide sous un ciel couvert
Plus dans Santé

Santé des enfants au Royaume-Uni : pourquoi les médecins parlent de génération la moins en forme depuis des décennies

Une analyse de 12 indicateurs de santé infantile, dont l'asthme, l'obésité et les taux de vaccination, a révélé que les résultats ont décliné ou stagné dans l'ensemble au Royaume-Uni, poussant les pédiatres à qualifier cette tendance d'« embarras national ». La baisse de la couverture vaccinale et la hausse des hospitalisations pour asthme figurent parmi les principaux facteurs.

Guardian Health