Santé

TDAH et cycle menstruel : ce que révèle une nouvelle étude

BBC Healthil y a 2 h
Une image abstraite évoquant les cycles et le temps, représentant les rythmes hormonaux
Une image abstraite évoquant les cycles et le temps, représentant les rythmes hormonauxPhoto: Mat Brown / Pexels

Depuis des années, les femmes atteintes de trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) rapportent quelque chose que les cliniciens demandent rarement : leurs symptômes ne sont pas constants, mais fluctuent au rythme de leur cycle menstruel. Une étude inédite menée par des chercheurs au Royaume-Uni met désormais cette expérience vécue sous la loupe, en suivant des participantes sur plusieurs cycles pour mesurer précisément comment la concentration, l'impulsivité et la régulation émotionnelle évoluent avec les niveaux hormonaux.

L'étude pose une question largement ignorée par la recherche traditionnelle sur le TDAH : que se passe-t-il quand l'œstrogène et la progestérone montent et descendent chaque mois ? L'œstrogène est connu pour soutenir le système dopaminergique du cerveau, la même voie chimique ciblée par les médicaments contre le TDAH comme le méthylphénidate. Lorsque l'œstrogène chute brutalement dans les jours précédant les règles, selon les chercheurs, la baisse d'activité dopaminergique qui en résulte peut suffire à révéler ou aggraver des symptômes jusque-là relativement gérables.

Les participantes à la recherche ont tenu des journaux quotidiens détaillés sur leur concentration, leur mémoire de travail et leur humeur, croisés avec des mesures hormonales prises à plusieurs moments de leur cycle. Les premiers résultats, selon les chercheurs, montrent une aggravation constante des symptômes du TDAH pendant la phase lutéale, cette fenêtre d'environ deux semaines entre l'ovulation et les règles où la progestérone augmente et l'œstrogène chute.

Ces résultats font écho à un phénomène plus large qui a mis des décennies à être pris au sérieux : le diagnostic du TDAH chez les femmes accuse un retard de plusieurs années par rapport aux hommes, et passe souvent totalement inaperçu jusqu'à l'âge adulte. Les cliniciens s'appuient depuis longtemps sur des critères diagnostiques élaborés en grande partie à partir d'études sur des garçons hyperactifs, une présentation différente des symptômes plus subtils et liés à l'inattention que beaucoup de femmes décrivent. Selon les chercheurs, un cycle hormonal mensuel venant s'ajouter à cet écart diagnostique a rendu encore plus difficile la reconnaissance de l'expérience des femmes comme relevant du TDAH plutôt que d'être écartée comme de simples sautes d'humeur ou du stress.

Plusieurs femmes ayant participé aux premières étapes de la recherche ont décrit des années de confusion avant de faire elles-mêmes le lien. Certaines ont expliqué avoir suivi leurs propres symptômes par rapport à leur cycle bien avant qu'un clinicien ne suggère un lien, pour voir ensuite ces observations balayées d'un revers de main en consultation. C'est précisément ce décalage entre l'expérience des patientes et la pratique clinique que l'étude vise à combler, en produisant des données liées aux hormones suffisamment solides pour changer la façon dont les médecins interrogent leurs patientes sur leurs symptômes.

Les implications dépassent le seul diagnostic. Si les symptômes s'intensifient réellement lors de fenêtres hormonales prévisibles, cela soulève la question de savoir si le dosage des médicaments, actuellement prescrit à un taux quotidien fixe indépendamment de la phase du cycle, devrait lui aussi varier. Certains spécialistes ont commencé à discuter, au cas par cas, d'une prescription adaptée au cycle, bien que les chercheurs préviennent qu'il faudra bien davantage de preuves avant que cela ne devienne une pratique standard.

Les chercheurs impliqués dans le projet soulignent que les travaux en sont encore à un stade précoce, et que la taille de l'échantillon, bien que significative, n'est pas encore suffisante pour établir des recommandations cliniques. Ils appellent à des études plus vastes et de plus longue durée, suivant les femmes de l'adolescence jusqu'à la périménopause, période où les variations hormonales sont les plus marquées, afin de mieux comprendre l'interaction entre le TDAH et la biologie reproductive au fil d'une vie.

Le manque que cette étude tente de combler s'inscrit dans un problème plus large, bien documenté dans la recherche médicale : les maladies et les traitements ont historiquement été étudiés en majorité chez les hommes, laissant des lacunes dans la compréhension de la façon dont la biologie féminine, y compris les cycles hormonaux, modifie la présentation et la prise en charge des maladies. Le TDAH, les maladies cardiovasculaires et même la réponse à la douleur se sont tous révélés se manifester différemment selon le sexe, mais les populations des essais cliniques ont tardé à en tenir compte.

Pour les femmes qui se sont longtemps demandé pourquoi certaines semaines semblent gérables et d'autres impossibles, la recherche offre une explication qui valide leur vécu, même à ce stade préliminaire. Les cliniciens impliqués dans l'étude affirment que le simple fait de reconnaître une composante hormonale en consultation, plutôt que d'exiger qu'un questionnaire soit rempli séparément des données de suivi du cycle, pourrait raccourcir le chemin vers un diagnostic correct.

L'équipe prévoit de publier ses résultats complets une fois la période de suivi actuelle terminée, dans l'optique d'éclairer les futures recommandations destinées aux généralistes et aux psychiatres sur le moment où interroger les antécédents menstruels dans le cadre d'une évaluation du TDAH. D'ici là, selon les chercheurs, les données précoces suffisent déjà à justifier de traiter le cycle menstruel comme une variable qui mérite d'être mesurée, et non comme une complication gênante à ignorer.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur BBC Health. L'image est une photo d'archive de Mat Brown sur Pexels.

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