Un placebo peut-il agir même si on le sait factice ? Comment fonctionne l'effet placebo en ouvert

Une nouvelle étude a produit un résultat qui remet en question les hypothèses habituelles sur l'effet placebo. Selon Science Daily, des adultes âgés en bonne santé ont connu des améliorations des mesures de mémoire, de performance physique et de stress après avoir pris des placebos pendant seulement trois semaines — alors même qu'ils savaient que les comprimés ne contenaient aucun principe actif.
Un placebo est une substance qui ressemble à un vrai médicament par son apparence mais ne contient aucun principe actif thérapeutique. En médecine, les placebos sont traditionnellement utilisés pour mesurer l'efficacité de nouveaux médicaments : un groupe prend le vrai médicament, un autre le placebo, et les résultats sont comparés.
L'« effet placebo » décrit le phénomène par lequel des personnes prenant une substance sans principe actif connaissent malgré tout certaines améliorations. Cet effet a longtemps été attribué à la croyance de la personne qu'elle recevait un vrai traitement — autrement dit, on pensait qu'il résultait de l'attente et de la suggestion.
C'est précisément là que réside l'aspect frappant de cette étude. Les participants savaient que les comprimés qu'ils prenaient étaient des placebos. Que des améliorations mesurables aient tout de même été observées suggère que l'effet placebo ne repose pas uniquement sur la « tromperie ». Cette approche est désignée dans la littérature sous le nom de « placebo en ouvert ».
Les chercheurs ont enregistré des améliorations dans les tests de mémoire, les mesures de performance physique et les niveaux de stress des participants au terme des trois semaines. Cela montre que même une intervention de courte durée ne contenant aucun principe actif peut être associée à des changements mesurables.
Comment cela serait-il possible ? Les experts indiquent que plusieurs mécanismes pourraient se trouver derrière le placebo en ouvert. Parmi eux : la structure qu'apporte le fait de s'engager dans une routine, le sentiment de s'occuper activement de sa propre santé et l'attente créée par le rituel quotidien de la prise d'un comprimé. L'interaction cerveau-corps jouerait un rôle dans ce processus.
Cela dit, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. L'étude a été menée dans un groupe précis d'adultes âgés en bonne santé et sur une courte période. Savoir si les résultats peuvent être généralisés à d'autres tranches d'âge, à d'autres états de santé ou à des durées plus longues reste donc une question ouverte.
Un point important est le suivant : l'existence du placebo en ouvert ne signifie pas qu'il peut remplacer de vrais traitements. Bien que l'effet placebo soit associé à des améliorations sur certaines mesures, il ne traite pas une maladie sous-jacente. Pour cette raison, les experts soulignent qu'un placebo doit être considéré non comme une alternative au traitement médical, mais tout au plus comme un sujet de recherche complémentaire.
Néanmoins, des études de ce type sont précieuses pour comprendre la relation entre l'esprit et le corps. Examiner les effets possibles de l'attente, de la routine et de l'état psychologique sur des mesures physiques peut aussi contribuer à la conception des futures approches thérapeutiques.
Au final, cette recherche illustre que l'effet placebo pourrait être plus complexe qu'on ne le suppose. Si même le fait de savoir qu'un comprimé est factice ne supprime pas entièrement son effet, c'est un rappel que la santé et la guérison ont non seulement des dimensions chimiques, mais aussi psychologiques et comportementales.
À lire ensuite

Comment la chaleur extrême met le NHS sous tension : incidents critiques et équipements en panne dans les hôpitaux anglais
Lors d'une chaleur extrême en Angleterre, certains hôpitaux ont déclaré des incidents critiques alors que des IRM et des unités de refroidissement tombaient en panne et que la charge de travail du personnel augmentait. Selon le Guardian, l'épisode montre la vulnérabilité des systèmes de santé face aux conditions météo extrêmes.

Édition de bases CRISPR dans les embryons : pourquoi la précision progresse et pourquoi les questions éthiques persistent
Les outils CRISPR de nouvelle génération améliorent la précision de l'édition du génome dans les embryons humains, mais ces travaux ravivent aussi le débat éthique. Selon STAT News, la recherche met en lumière un gène clé qui orchestre les premières étapes du développement humain.

Qu'est-ce que la carence en vitamine B12, et pourquoi peut-elle imiter le vieillissement ?
La vitamine B12 n'est nécessaire qu'en quantités infimes, mais une carence peut avoir des effets majeurs sur l'énergie, la mémoire et la santé nerveuse. Comme ses symptômes sont souvent pris pour un vieillissement normal, la carence peut passer inaperçue.

Vaccin contre le HPV et cancer du col de l'utérus : pourquoi le risque de décès chez les jeunes femmes est désormais « proche de zéro »
Une nouvelle étude révèle que le vaccin contre le HPV, proposé aux écolières depuis 2008, a quasiment éliminé les décès par cancer du col de l'utérus chez les jeunes femmes. Voici comment agit le vaccin et ce que signifie ce résultat.

Diabète de type 1 : comment agit le premier médicament retardant son apparition
Le NHS anglais propose désormais la première immunothérapie retardant l'apparition du diabète de type 1, un traitement pouvant offrir aux patients environ trois années supplémentaires avant l'insuline. Voici comment le médicament cible le système immunitaire et qui peut en bénéficier.