Ce jour-là : le World Wide Web devient accessible au public (1991)

Le 6 août 1991, l'informaticien britannique Tim Berners-Lee, alors employé au laboratoire de physique des particules du CERN en Suisse, publiait un court message sur le forum de discussion internet alt.hypertext. Ce message résumait un projet qu'il appelait le « World Wide Web » et invitait quiconque intéressé à essayer le code. Les historiens citent généralement ce moment comme la date à laquelle le Web est devenu accessible au public.
Berners-Lee avait en réalité proposé le projet deux ans plus tôt, en 1989, pour faciliter le partage d'informations entre collègues du CERN. Le problème était simple : les physiciens venus du monde entier utilisaient des systèmes informatiques différents et peinaient à accéder aux documents de recherche les uns des autres.
Sa solution reposait sur trois technologies fondamentales : le HTML (HyperText Markup Language), un langage de formatage permettant de relier des documents entre eux ; le HTTP (HyperText Transfer Protocol), le protocole de communication utilisé pour transférer ces documents ; et le système d'URL (Uniform Resource Locator), qui attribuait à chaque document une adresse unique. Ensemble, ces trois technologies constituent encore aujourd'hui l'ossature d'internet.
Avant cette annonce de 1991, Berners-Lee faisait déjà fonctionner le tout premier serveur et navigateur web sur son propre ordinateur au CERN. Le message d'août fut l'étape décisive qui ouvrit ce travail aux chercheurs et passionnés hors des murs du CERN.
L'adoption précoce du Web fut lente ; durant ses premières années, sa base d'utilisateurs resta largement confinée aux cercles académiques et scientifiques. La véritable percée survint en 1993, lorsque le CERN déclara la technologie du Web bien public utilisable gratuitement par tous, année qui vit également l'émergence de navigateurs graphiques comme Mosaic.
La décision du CERN — rendre le Web librement utilisable plutôt que de le breveter — est citée par les historiens comme l'une des principales raisons de la propagation aussi rapide de cette technologie à l'échelle mondiale. Dans un scénario alternatif, des systèmes hypertextes concurrents sous licence auraient pu considérablement ralentir la croissance du Web.
Berners-Lee a souligné à maintes reprises dans les années suivantes avoir fait le choix délibéré de ne pas commercialiser son invention. Cette décision est largement créditée d'avoir posé les fondations de la structure ouverte et décentralisée du Web actuel.
Aujourd'hui, le World Wide Web héberge des milliards de sites web et constitue l'expérience quotidienne de la grande majorité des internautes, bien qu'il reste techniquement une couche distincte d'internet lui-même — internet étant l'infrastructure réseau mondiale qui transporte les données, tandis que le Web est une application de documents reliés fonctionnant au-dessus de cette infrastructure.
Berners-Lee fut anobli par la monarchie britannique en 2004 pour cette contribution et remporta le prix Turing en 2017, la plus prestigieuse récompense de l'informatique, souvent décrite comme l'équivalent du prix Nobel dans ce domaine.
Aujourd'hui, à l'occasion du 34e anniversaire de ce bref message sur un forum, l'idée originelle simple du Web — du texte et des liens — continue de soutenir un vaste écosystème numérique allant du streaming vidéo aux applications d'intelligence artificielle.
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