Ce jour-là : la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie déclenche la Première Guerre mondiale

Le 28 juillet 1914, l'Empire austro-hongrois déclare officiellement la guerre au Royaume de Serbie. Cette décision intervient exactement un mois après l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, et de son épouse Sophie à Sarajevo, par un nationaliste serbe de Bosnie.
À la suite de l'assassinat, le gouvernement de Vienne adresse à la Serbie un ultimatum contenant une série d'exigences sévères, notamment la répression des activités nationalistes et l'autorisation pour des fonctionnaires austro-hongrois de participer à l'enquête. La Serbie accepte la plupart des exigences mais rejette certaines conditions qu'elle juge contraires à sa souveraineté.
Ce rejet partiel donne à l'Autriche-Hongrie, selon elle, des motifs suffisants pour entrer en guerre. Mais la véritable catastrophe réside dans la rapidité avec laquelle ce conflit bilatéral se transforme en guerre continentale. Les grandes puissances européennes sont liées par un réseau complexe d'alliances tissé au fil des décennies précédentes, et ce réseau transforme rapidement une crise régionale en guerre générale.
La Russie mobilise ses forces pour soutenir la Serbie, qu'elle considère comme une nation slave sœur. Ce geste met l'Allemagne en mouvement, celle-ci s'étant engagée à soutenir son alliée l'Autriche-Hongrie. Lorsque l'Allemagne déclare la guerre à la Russie puis à la France, le conflit s'élargit rapidement.
La décision de l'Allemagne de traverser le territoire belge neutre pour atteindre la France entraîne également la Grande-Bretagne dans la guerre. Honorant les traités garantissant la neutralité de la Belgique, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne. En l'espace de quelques semaines, un simple assassinat s'est transformé en une guerre engloutissant presque toutes les grandes puissances du continent.
Les historiens notent que la propagation rapide de la guerre s'explique non seulement par les alliances, mais aussi par la culture de planification militaire de l'époque. Les états-majors de nombreux pays avaient élaboré des plans reposant sur des calendriers de mobilisation rigides qui, une fois enclenchés, ne pouvaient être annulés — laissant peu de temps pour une solution diplomatique.
Au déclenchement de la guerre, de nombreux dirigeants politiques et militaires de l'époque prédisaient un conflit bref, s'attendant à ce que les troupes soient « de retour pour Noël ». Cette prévision s'est révélée totalement erronée : la guerre a duré quatre ans et a donné naissance à une forme de conflit inédite, marquée par la guerre des tranchées, les armes chimiques et une destruction à l'échelle industrielle.
La Première Guerre mondiale a fait entre 9 et 10 millions de morts parmi les soldats, ainsi que des millions de victimes civiles. La guerre a entraîné l'effondrement de quatre grands empires — austro-hongrois, ottoman, russe et allemand — et redessiné en profondeur la carte politique de l'Europe.
Les historiens soulignent que les causes de la guerre sont trop complexes pour être réduites à un seul événement ; la montée du nationalisme, les rivalités coloniales, la course aux armements et le système des alliances ont tous constitué des facteurs de long terme ayant contribué au processus. Mais la déclaration de guerre du 28 juillet reste, dans l'histoire, le moment précis où ces tensions se sont transformées en conflit réel.
Aujourd'hui, le 28 juillet est retenu par les historiens comme par le grand public comme le point de départ de l'un des événements les plus dévastateurs du XXe siècle — et des transformations politiques et sociales qui allaient façonner le monde moderne.
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