Arsenal champion après 22 ans : les moments clés qui ont fait la différence

Le moment qu'attendaient les supporters d'Arsenal depuis 22 ans est arrivé, paradoxalement, non pas dans le nord de Londres mais au Vitality Stadium de Bournemouth. Le match nul 1-1 de Manchester City sur la côte sud a sacré mathématiquement les hommes de Mikel Arteta champions de Premier League. Les Gunners avaient pris l'avantage ces dernières semaines, mais l'analyse de la saison par BBC Sport montre que le titre s'est joué bien plus tôt.
Le premier tournant a eu lieu en octobre à l'Etihad, où Arsenal a arraché un nul 2-2 face à Manchester City. Les saisons précédentes, les Gunners s'écroulaient à l'Etihad. Cette fois, même après l'égalisation de tête de John Stones à la 80e minute, ils sont restés concentrés. Le message d'Arteta à ses joueurs durant le match — qu'ils étaient là pour gagner, pas pour survivre — résume l'état d'esprit de la saison.
Pendant l'hiver, alors que plusieurs titulaires se battaient contre des blessures, ce qui a maintenu les Gunners debout, c'est la solidité de la défense à quatre. William Saliba et Gabriel ont formé le rempart de la meilleure défense du championnat, tandis que le gardien David Raya a contribué directement à au moins cinq points supplémentaires par ses arrêts décisifs. Arsenal n'a encaissé que 28 buts en 38 matchs, l'une des meilleures performances défensives des vingt dernières années.
Les coups de pied arrêtés étaient l'arme signature des Gunners. L'entraîneur spécialisé Nicolas Jover dirigeait des séances vidéo individuelles ; Arsenal a inscrit 24 buts sur corner et coup franc, un total nettement supérieur au reste de la ligue. Le but de la tête de Saliba à la 92e minute à Tottenham a été décisif, offrant à la fois trois points et un avantage psychologique dans le derby du nord de Londres.
Le mercato d'hiver a également pesé. Arteta et le directeur sportif Andrea Berta ont fait venir deux joueurs d'expérience dont l'impact s'est mesuré moins dans les gros titres que dans la gestion des doubles journées. La profondeur que ces recrutements ont apportée a permis une série de sept victoires consécutives en février-mars.
Les difficultés de Manchester City se sont accumulées au fil de la saison. Des blessures chroniques en défense centrale ont contraint Pep Guardiola à improviser des charnières, et la franchise du manager sur un possible départ en fin de saison a entamé la concentration de l'effectif. City a concédé le premier but lors de cinq de ses huit dernières rencontres, schéma inenvisageable en août.
Le déplacement d'avril à Anfield a constitué un autre pivot. La performance individuelle de Bukayo Saka, auteur du but de la victoire 2-1 à Liverpool, a démontré qu'Arsenal avait pris l'avantage tant psychologique que comptable. Pendant des années les Gunners avaient laissé des points à Anfield ; cette fois, face à l'équipe d'Arne Slot, ils ont tenu jusqu'au coup de sifflet final.
L'évolution de Martin Odegaard en tant que capitaine est un autre facteur déterminant. Le milieu norvégien a terminé la saison avec 12 buts et 11 passes décisives, et a personnellement tiré 22 des 38 coups francs dangereux obtenus par Arsenal. Arteta a qualifié son capitaine, après le match, de "métronome de l'équipe".
Le nul 1-1 au Vitality Stadium a plongé les supporters d'Arsenal venus en masse sur la côte sud dans le délire, mettant fin à la plus longue disette du club dans son histoire. Les anciens joueurs Patrick Vieira et Thierry Henry, consultants pour la BBC, ont observé que la valeur d'un trophée se mesure à la longueur de l'attente.
Le calendrier d'Arsenal s'annonce maintenant à la fois exigeant et exaltant : huitième de finale retour de la Ligue des champions, finale de la FA Cup et tirage au sort européen pour la saison prochaine. Mais pour Arteta, ce soir, un seul rendez-vous comptait — et les Gunners ont enfin mis fin à 22 ans d'attente au sommet de la Premier League.