Santé

La capitale mondiale de la biotech est-elle en train de quitter Boston pour San Francisco ?

STAT Newsil y a 1 h
Chercheurs travaillant dans un campus de laboratoire biotechnologique
Chercheurs travaillant dans un campus de laboratoire biotechnologiquePhoto: Polina Tankilevitch / Pexels

Kendall Square, à Cambridge dans le Massachusetts, concentre la plus forte densité mondiale d'entreprises de biotechnologie sur environ un demi-kilomètre carré. Moderna, Biogen, Sanofi et d'innombrables start-up s'y sont installées depuis des décennies, attirées par la proximité du MIT et de Harvard. Le secteur considère depuis longtemps ce quartier comme le cœur battant de la biotech.

Mais l'équilibre a commencé à évoluer ces dernières années. La baie de San Francisco s'est imposée comme un pôle en pleine croissance, notamment pour la découverte de médicaments assistée par intelligence artificielle. La concentration de grandes entreprises technologiques dans la région facilite la collaboration directe entre start-up biotech et ingénieurs en IA.

Des start-up basées à San Francisco adaptent de grands modèles de langage à des processus comme la prédiction du repliement des protéines ou le criblage de candidats-médicaments, dans le but de raccourcir le calendrier traditionnel de découverte thérapeutique. Cette approche suscite un intérêt marqué des investisseurs en capital-risque.

Selon les données du secteur, une part significative des start-up biotech axées sur l'IA récemment fondées sont désormais basées dans la baie. Cela a détourné vers l'ouest une partie du capital-risque qui affluait traditionnellement vers Boston.

Les défenseurs de Boston estiment que les avantages de Kendall Square ne se reproduisent pas facilement ailleurs. L'infrastructure de recherche clinique de la région, son expertise réglementaire et des décennies de relations avec les groupes pharmaceutiques constituent un socle qu'un nouveau pôle ne peut rattraper rapidement.

Les experts soulignent aussi que la concurrence n'est pas nécessairement à somme nulle. De nombreuses entreprises maintiennent désormais des bureaux dans les deux régions, combinant l'expertise clinique et réglementaire de Boston avec le vivier de talents en IA de la baie.

Certains investisseurs estiment néanmoins que les capitaux graviteront à long terme vers là où se concentre la puissance de calcul en IA. À mesure que la découverte de médicaments devient de plus en plus computationnelle, l'importance de l'infrastructure de laboratoire physique pourrait s'amenuiser face au poids du calcul et des talents en apprentissage automatique.

À l'inverse, les étapes ultérieures du développement pharmaceutique — essais cliniques, fabrication, homologation réglementaire — exigent toujours une infrastructure physique et institutionnelle bâtie en plusieurs décennies. Peu d'observateurs s'attendent donc à un recul spectaculaire de la position de Boston à court terme.

Les analystes estiment que cette rivalité entre les deux régions reflète une transformation plus large à l'œuvre dans la biotech : l'intégration de l'intelligence artificielle dans la découverte de médicaments redessine la structure géographique et institutionnelle du secteur.

Au final, le débat sur la véritable capitale de la biotech ne devrait pas être tranché de sitôt. Mais le simple fait qu'il soit posé sérieusement illustre l'ampleur de l'influence désormais acquise par l'IA sur le développement pharmaceutique.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur STAT News. L'image est une photo d'archive de Polina Tankilevitch sur Pexels.

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