Vaccin expérimental contre Ebola : à quoi ressemble un premier essai humain

Ed Hunt, un volontaire britannique de 37 ans, est devenu la première personne à recevoir un vaccin expérimental contre Ebola qui entre désormais dans les premiers essais chez l'humain. Hunt a expliqué avoir décidé de participer après avoir vu à plusieurs reprises des reportages sur l'épidémie meurtrière d'Ebola en République démocratique du Congo, qui continue de faire des victimes ces derniers mois. Sa décision de se porter volontaire en premier le place au tout début d'un processus de test que les chercheurs espèrent voir se prolonger bien plus longtemps.
Son choix illustre un schéma familier dans la recherche vaccinale : les volontaires des tout premiers essais chez l'humain sont souvent motivés par l'actualité d'une épidémie en cours plutôt que par un besoin médical personnel. Les responsables de l'essai indiquent que le recrutement d'un petit groupe d'adultes en bonne santé, étroitement surveillé, constitue la première étape, la plus prudente, avant qu'un nouveau vaccin puisse même être envisagé pour un usage plus large. Sans des volontaires comme Hunt, disent les chercheurs, aucun candidat vaccin ne pourrait accéder aux essais chez l'humain, aussi prometteur soit-il en laboratoire.
La maladie à virus Ebola est l'un des agents pathogènes les plus mortels connus chez l'humain : lors des épidémies passées, les taux de létalité ont varié d'environ 25 % à 90 % selon la souche en cause et la rapidité de la prise en charge des patients. Le virus se transmet par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d'autres fluides corporels de personnes infectées, ou d'animaux infectés tels que les chauves-souris frugivores et les primates, et des épidémies sont réapparues à plusieurs reprises en Afrique centrale au cours des cinquante dernières années, débutant souvent dans des régions forestières reculées avant d'atteindre villes et villages.
La République démocratique du Congo a connu des épidémies d'Ebola plus souvent que presque tout autre pays, notamment une épidémie majeure dans ses provinces de l'est entre 2018 et 2020, qui a fait plus de 2 000 morts et est devenue la deuxième plus importante épidémie d'Ebola jamais recensée. Les autorités sanitaires locales s'appuient sur la détection rapide des cas, le suivi des contacts, des pratiques d'inhumation sécurisées et des campagnes de vaccination ciblées pour contenir chaque nouvelle flambée, travaillant souvent dans des zones rendues plus difficiles par les conflits, des infrastructures fragiles et la méfiance envers les agents de santé extérieurs.
Un vaccin contre Ebola déjà homologué, mis au point dans les années qui ont suivi la dévastatrice épidémie ouest-africaine de 2014-2016, laquelle a fait plus de 11 000 morts, est utilisé dans des campagnes de « vaccination en anneau » ciblant les contacts immédiats des cas confirmés puis leurs propres contacts, formant ainsi une barrière protectrice autour de chaque nouvelle infection. Les chercheurs testent désormais des vaccins expérimentaux supplémentaires, comme celui que Hunt a reçu, afin d'élargir la palette d'outils disponibles et d'offrir potentiellement une protection plus large, une immunité plus durable, ou un déploiement plus simple dans des zones d'épidémie reculées.
Ce à quoi Hunt a participé est ce que les scientifiques appellent un essai de phase précoce, parfois désigné comme la phase 1. À ce stade, la priorité n'est pas de prouver que le vaccin fonctionne, mais de confirmer sa sécurité chez l'humain et de déterminer le type de réponse immunitaire qu'il déclenche. Les volontaires reçoivent généralement des doses soigneusement contrôlées sous étroite surveillance médicale et sont suivis pour détecter toute réaction indésirable dans les jours et les semaines qui suivent, des prélèvements sanguins réguliers permettant de suivre la réaction de leur système immunitaire.
Si les premiers résultats confirment que le vaccin est sûr et produit une réponse immunitaire prometteuse, les équipes passeraient à des études plus larges impliquant des centaines, voire des milliers de volontaires, avant de tester finalement son efficacité au sein de populations réellement exposées au risque, souvent pendant ou juste après une épidémie active. Chaque étape ajoute généralement des mois, voire des années, avant que des régulateurs au Royaume-Uni, aux États-Unis ou ailleurs commencent seulement à envisager une autorisation, et de nombreux candidats n'atteignent jamais ce stade.
Les experts avertissent qu'un seul essai de phase précoce ne dit que très peu de choses sur l'efficacité finale d'un vaccin. De nombreux candidats vaccins prometteurs lors des premiers essais chez l'humain ne finissent jamais par être approuvés, soit en raison de problèmes de sécurité qui apparaissent plus tard, soit parce que des essais plus vastes ne parviennent pas à démontrer une protection suffisante contre la maladie qu'ils étaient censés prévenir.
Les chercheurs en santé estiment néanmoins qu'élargir le nombre de candidats vaccins contre Ebola est important, tant les épidémies de ce virus peuvent être imprévisibles et se propager rapidement une fois installées dans une zone densément peuplée. Un éventail d'outils plus large, incluant des vaccins plus faciles à conserver à des températures plus élevées, à transporter sur de longues distances ou à administrer en moins de doses dans des zones reculées, pourrait renforcer la réponse mondiale la prochaine fois que le virus réapparaîtra ailleurs.
Pour l'instant, l'attention reste centrée sur l'épidémie en cours en République démocratique du Congo, où les agents de santé poursuivent leurs efforts pour contenir la transmission à l'aide des vaccins et traitements déjà disponibles, tandis que des essais comme celui rejoint par Hunt construisent peu à peu la base de données qui orientera les prochaines étapes. Selon les chercheurs, il pourrait encore falloir des années avant qu'un vaccin issu de cet essai n'atteigne les populations qui en ont le plus besoin, mais chaque volontaire de la première heure rapproche un peu plus cette échéance.
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