Un nouveau traitement du cancer de l'ovaire offre du temps et une meilleure qualité de vie

Un essai clinique international piloté par des chercheurs britanniques a montré qu'une nouvelle combinaison médicamenteuse offre aux patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire récidivant plus de neuf mois supplémentaires sans progression. L'investigateur principal, interrogé par la BBC, a qualifié l'ampleur de l'effet de "pas en avant comme on n'en avait pas vu depuis des années dans ce domaine".
L'essai de phase 3, baptisé EAGLE, a randomisé 743 patientes pour recevoir soit rucaparib (un inhibiteur de PARP) associé à bevacizumab (un anticorps anti-VEGF), soit la prise en charge standard. Les données publiées en parallèle d'une présentation aux investisseurs ont montré une survie sans progression de 22 mois dans le bras combinaison contre 13 mois dans le bras témoin.
La population ciblée est celle des femmes sans mutation du gène BRCA, dont la maladie a répondu à une chimiothérapie à base de platine puis a récidivé. Les patientes porteuses de mutations BRCA tiraient jusqu'ici le bénéfice principal des inhibiteurs de PARP ; les nouvelles données suggèrent que l'effet peut s'étendre à un public plus large.
Le professeur Jonathan Ledermann, de l'Imperial College de Londres, premier auteur, a confié à la BBC : "Pour ces patientes, dans la vraie vie, cela représente des mois loin des consultations de chimiothérapie, des mois retrouvés en famille. Ce n'est pas qu'un chiffre de survie, c'est de la qualité de vie."
Sur les critères secondaires, les hospitalisations ont chuté d'environ un tiers par rapport au groupe contrôle, et le nombre moyen de cycles de chimiothérapie supplémentaires est passé de six à deux. Les questionnaires de qualité de vie ont enregistré des progrès sur les scores de fatigue et de fonctionnement social.
Côté tolérance, le bras combinaison a montré davantage d'anémies et d'hypertensions, mais les taux d'arrêt de traitement étaient similaires à ceux du groupe contrôle. Les cliniciens décrivent ces toxicités comme gérables.
La Dre Susana Banerjee, oncologue au Royal Marsden Hospital, a déclaré à la BBC : "Pour le cancer de l'ovaire qui récidive, nous n'avions pas d'option qui fonctionne longtemps. Cet essai vient combler ce vide." La Dre Banerjee est l'une des investigatrices principales d'EAGLE.
Le NHS England a demandé à l'organisme national d'évaluation NICE d'accélérer son examen. Si elle est approuvée, la combinaison pourrait s'ajouter aux options de prise en charge d'environ 7 500 patientes par an souffrant d'un cancer de l'ovaire récidivant.
Le coût des médicaments reste le point sensible. Aux prix actuels du fabricant, le coût annuel par patiente est estimé à plus de 60 000 livres sterling ; le NICE travaille en général sur des seuils autour de 30 000 livres. Des négociations sur une remise confidentielle seraient en cours.
Cet article ne constitue pas un avis médical. Les patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire ou à risque doivent discuter des options thérapeutiques avec leur oncologue et contacter directement les centres de recherche pour s'informer sur les essais cliniques.
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