Santé

Le vaccin contre le zona peut-il réduire le risque de démence ? Ce que dit une nouvelle vaste étude

STAT Newsil y a 1 j
Plan rapproché de flacons de vaccin sur un comptoir de pharmacie
Plan rapproché de flacons de vaccin sur un comptoir de pharmaciePhoto: Maksim Goncharenok / Pexels

Le vaccin contre le zona est depuis longtemps inscrit dans les schémas vaccinaux destinés aux personnes âgées. Plusieurs études récentes ont laissé entendre qu'il pourrait aussi exercer un effet indirect sur la santé cérébrale. La nouvelle étude relayée par STAT News apporte sur cette question l'un des plus larges corpus de données à ce jour.

L'analyse rapproche les dossiers du Department of Veterans Affairs américain, de la base nationale de santé britannique et d'un assureur régional australien. L'échantillon combiné atteint environ 1,7 million de personnes ; les 60 ans et plus ont été suivis pendant trois ans afin de repérer de nouveaux diagnostics de démence.

Les auteurs constatent que les adultes âgés ayant reçu un vaccin contre le zona — en particulier le Shingrix recombinant — présentent un taux de nouveaux diagnostics d'Alzheimer et d'autres démences inférieur d'environ 18 %. L'effet reste significatif après ajustement sur l'âge, le sexe, le tabagisme, le niveau d'études et les maladies chroniques antérieures.

Un trait notable est un effet plus marqué chez les femmes que chez les hommes. « Cette différence liée au sexe contient peut-être des indices importants sur le rôle du virus varicelle-zona dans le système nerveux », a déclaré à STAT News l'une des auteures, Maria Glymour.

Le mécanisme reste flou. Une hypothèse veut que l'inflammation chronique de bas grade déclenchée par la réactivation virale accélère l'accumulation de bêta-amyloïde liée à Alzheimer ; la vaccination interromprait cette chaîne en empêchant la réactivation. Une autre piste évoque un effet régulateur direct du vaccin sur l'immunité chez la personne âgée.

L'étude comporte des limites importantes. Premièrement, les personnes vaccinées et non vaccinées peuvent différer par des variables difficilement mesurables — comme la « propension à se faire vacciner » — qui biaisent systématiquement les résultats observationnels.

Deuxièmement, la fenêtre d'observation est de trois ans. La démence se développe sur de nombreuses années, et cette fenêtre peut ne pas saisir l'ensemble de la courbe d'effet. Les auteurs reconnaissent ce caractère préliminaire.

La question clé reste celle des implications cliniques. Aux États-Unis, le CDC recommande déjà le Shingrix dès 50 ans, mais le taux d'adhésion patient plafonne autour de 35 %. Plusieurs médecins de famille interrogés par STAT News expliquent que cette seule étude ne modifie pas en soi la pratique, mais ajoute un argument supplémentaire dans la conversation vaccinale habituelle.

Sans énoncer de relation causale unique, les résultats justifient des essais plus contrôlés. Plusieurs équipes préparent de grands essais randomisés pour évaluer les vaccins existants au regard de résultats cognitifs ; les premiers chiffres ne sont attendus qu'après 2028.

À court terme, les auteurs insistent sur trois points pratiques. Premièrement, la recommandation actuelle se justifie indépendamment par ses indications principales — réduction de la douleur du zona et de la névralgie post-zostérienne. Deuxièmement, l'évidence d'un bénéfice cognitif est utile, mais loin d'être concluante. Troisièmement, il est raisonnable que les assureurs privés ou les systèmes nationaux réexaminent leurs décisions de financement à la lumière des nouveaux éléments.

Cet article est un résumé éditorial assisté par IA basé sur STAT News. L'image est une photo d'archive de Maksim Goncharenok sur Pexels.

À lire ensuite