De Jack l'Éventreur aux Princes dans la Tour : les 8 plus grands mystères de l'histoire

Certaines questions issues de l'histoire refusent obstinément d'être tranchées, quel que soit le nombre d'historiens, d'archivistes et d'enquêteurs amateurs qui s'y attellent. Malgré de nouvelles découvertes d'archives, des techniques médico-légales et une abondance de théories, les huit affaires suivantes restent véritablement ouvertes — des énigmes que les archives historiques n'ont jamais définitivement closes.
L'identité de Jack l'Éventreur, le pseudonyme donné à celui qui a assassiné au moins cinq femmes dans le quartier londonien de Whitechapel à l'automne 1888, demeure l'affaire non résolue la plus célèbre de l'histoire criminelle. Les enquêteurs de police de l'époque ont dressé une longue liste de suspects, et plus d'un siècle de recherches amateurs et professionnelles — la « ripperologie » — a produit des dizaines de théories concurrentes, mais aucun suspect n'a jamais été établi coupable au-delà de tout doute raisonnable, et les dossiers policiers d'origine laissent l'affaire officiellement non résolue.
En 1483, les deux jeunes fils du roi d'Angleterre Édouard IV — Édouard V, 12 ans, et son jeune frère Richard — furent logés à la Tour de Londres par leur oncle, qui monta ensuite sur le trône sous le nom de Richard III. Les garçons furent vus en train de jouer dans l'enceinte de la Tour cet été-là, puis plus jamais revus. La question de savoir s'ils furent assassinés, et sur ordre de qui le cas échéant, est débattue par les historiens depuis plus de 500 ans, Richard III lui-même figurant comme principal suspect dans la plupart des récits traditionnels, bien que les preuves demeurent circonstancielles et contestées.
En 1587, des colons anglais fondèrent un établissement sur l'île de Roanoke, au large de l'actuelle Caroline du Nord. Lorsqu'un navire de ravitaillement revint enfin, trois ans plus tard, en 1590, les quelque 115 colons de la colonie avaient disparu, ne laissant derrière eux que le mot « CROATOAN » gravé sur un poteau. Les historiens ont avancé des théories allant de l'assimilation à des communautés autochtones voisines à la maladie, la famine ou le conflit, mais aucune preuve archéologique concluante n'a jamais confirmé le sort final des colons.
Pendant 34 ans, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, un prisonnier dont le visage était en permanence dissimulé par un masque fut détenu dans diverses forteresses françaises sur ordre personnel du roi Louis XIV, son identité restant secrète même pour ses geôliers. Des écrivains des Lumières, dont Voltaire, contribuèrent à populariser la légende de « l'Homme au masque de fer », et les historiens ont proposé des candidats allant d'un noble disgracié à un parent royal illégitime, mais la véritable identité du prisonnier ne fut jamais officiellement consignée et demeure non confirmée.
Conservé aujourd'hui à l'université de Yale, le manuscrit de Voynich est un ouvrage d'environ 240 pages rédigé dans une écriture inconnue et illustré de plantes non identifiables, de diagrammes astronomiques et de figures humaines peu claires. La datation au radiocarbone situe son parchemin au début du XVe siècle, et des générations de cryptographes, de linguistes et de décrypteurs — dont certains ayant percé des chiffres militaires pendant les guerres mondiales — n'ont pas réussi à traduire son texte ni à s'accorder sur le fait qu'il encode une langue réelle, une langue inventée, ou un canular élaboré.
Construit par étapes sur environ 1 500 ans à partir d'environ 3000 avant notre ère dans la plaine de Salisbury, dans le sud de l'Angleterre, l'immense cercle de pierres de Stonehenge continue de soulever plus de questions que l'archéologie n'en a résolu. Les chercheurs s'accordent globalement à dire que le site avait une signification cérémonielle et astronomique, aligné sur les solstices, et des recherches récentes ont retracé l'origine de ses pierres bleues jusqu'à des carrières au Pays de Galles — mais l'objectif exact du monument, et la manière précise dont les bâtisseurs néolithiques ont transporté et érigé des pierres pesant plusieurs tonnes sans machines modernes, demeurent débattus parmi les archéologues.
En décembre 1872, le navire marchand Mary Celeste fut retrouvé à la dérive et abandonné dans l'océan Atlantique, sa cargaison largement intacte, une réserve de nourriture et d'eau pour six mois encore à bord, et pas un seul membre d'équipage — dix personnes au total — jamais retrouvé ni jamais revu. Les enquêteurs de l'époque et les chercheurs depuis ont proposé des théories incluant une panique déclenchée par des émanations, une mutinerie, la piraterie et des dégâts causés par une vague scélérate, mais le sort réel de l'équipage n'a jamais été établi, ce qui en fait l'une des énigmes les plus durables de l'histoire maritime.
Ce qui unit ces huit affaires n'est pas un manque d'enquête — bien au contraire. Chacune a fait l'objet d'une attention soutenue de la part d'historiens, de spécialistes de médecine légale et d'amateurs passionnés pendant des décennies, voire des siècles, et chacune a, à divers moments, été déclarée « résolue » par telle ou telle théorie, avant que des chercheurs ultérieurs ne rouvrent la question. Cette persistance fait partie de ce qui rend ces sujets si durables : les archives historiques, aussi minutieusement examinées soient-elles, ne contiennent parfois tout simplement pas assez de preuves survivantes pour trancher une question au-delà d'un doute véritable.
De nouveaux outils continuent de grignoter certains de ces mystères — l'analyse ADN, l'imagerie multispectrale de vieux documents et une datation archéologique de plus en plus sophistiquée ont tous rouvert des questions autrefois jugées définitivement closes. Mais pour l'heure, ces huit affaires demeurent des dossiers ouverts, un rappel que l'histoire n'est pas seulement ce qui a été consigné et tranché, mais aussi ce dont on continue à débattre, des générations après les faits.
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